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«Notre collection constitue la clef de voûte du musée»
Culture 3 min. 09.12.2020 Cet article est archivé

«Notre collection constitue la clef de voûte du musée»

Suzanne Cotter, directrice du Mudam

«Notre collection constitue la clef de voûte du musée»

Suzanne Cotter, directrice du Mudam
Photo: Lex Kleren/archive
Culture 3 min. 09.12.2020 Cet article est archivé

«Notre collection constitue la clef de voûte du musée»

Thierry HICK
Thierry HICK
Suzanne Cotter, la directrice du Mudam, poursuit un travail entamé de très longue date – avant même avant l’ouverture officielle du Musée Grand-Duc Jean: la constitution d’une propre collection maison et la présentation au public des pièces de ce trésor maison. Interview.

Quel est le rôle d’une telle collection? Pour un musée, posséder sa propre collection d’art, est-ce d’abord une question de prestige ou plutôt une nécessité absolue?  

Suzanne Cotter - «Une collection est une nécessité absolue, dans le sens qu’elle définit un musée en tant que tel, sinon on serait un centre d’art. Le but d’une telle collection d’art est aussi d’être accessible au public, la question de savoir qui en est propriétaire n’est finalement qu’un détail. Notre collection constitue la clef de voûte du musée sur laquelle repose une grande partie de la programmation, entre autres nos expositions temporaires. 


Kultur,Expo Mudam, 25 ans de la Collection.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Un condensé d’histoire de l’art au Mudam
La collection du Musée d'Art moderne fête ses 25 ans. L'occasion de revenir sur certaines œuvres emblématiques et d'évoquer les ambitions futures de l'établissement.

Elle est aussi le témoin du dynamisme d’un musée. Quant à la question de prestige, je préférerai parler de réputation, comme un moteur pour continuer de développer la collection et d’accueillir des artistes représentatifs. Une collection doit se distinguer par son originalité et sa singularité. 

Votre prédécesseur Enrico Lunghi s’est régulièrement plaint du manque de budget pour de nouvelles acquisitions. La situation s’est-elle améliorée? De quel montant montant disposez-vous pour acquérir de nouvelles pièces? Est-ce suffisant?

«Aujourd’hui nous disposons d’un budget annuel de 620.000 euros réservé pour les acquisitions. Ce n’est pas une mauvaise somme. J’ai été en contact récemment avec un collègue belge avec lequel on a échangé sur nos budgets d’acquisitions respectifs, et je dois dire qu’au Luxembourg on est quand même privilégié, même si on reste en dessous des budgets des grandes institutions des grandes capitales. Ce montant a été fixé au tout début du musée. 

Il est vrai qu’il y a 20 ans, l’équivalent en francs luxembourgeois de l’époque représentait plus que la somme actuelle, puisque le marché de l’art a fortement évolué. Il est tout aussi vrai qu’à une certaine époque le budget global alloué par l’Etat ne suffisait pas toujours à payer l’ensemble des coûts fixes et frais d’entretien. D’où le recours au budget alloué aux acquisitions pour entretenir le bâtiment. Aujourd’hui, je peux me réjouir que la ministre de la Culture, Sam Tanson (Déi Gréng), nous a garanti une augmentation du budget annuel. Ce qui va nous permettre de consolider notre politique d’acquisition.

La collection Mudam a aujourd’hui 25 ans. Constituer et gérer une telle collection ne se limite pas à faire son shopping sur le marché de l’art. Quel regard portez-vous sur son histoire mais aussi sur son avenir? 

«En effet, accumuler des œuvres sans les mettre en perspective n’est pas une fin en soi. Comprendre le passé permet de construire le présent et le futur. Après 25 ans, je peux dire que le musée possède désormais de belles, emblématiques et singulières pièces d’artistes qui pour nous résonnent et sont importantes. Aujourd’hui est aussi venu le moment d’ajouter un peu de liant à l’ensemble, pour voir ce qu’il est possible de réaliser autour de ces œuvres et de voir quelles nouvelles voies peuvent être empruntées. 


www.christian-aschman.com
Suzanne Cotter assume son choix
La décision fait jaser: «La Chapelle» du Mudam va être démontée. A trois jours de son audition par la commission Culture de la Chambre des députés, Suzanne Cotter justifie son choix et assume sa décision.

L’exposition que nous présentons actuellement est aussi une tentative – ce n’est pas la première – pour comprendre les récits qui peuvent se dégager de la collection. Plus que jamais, les pièces doivent pouvoir raconter des histoires. C’est sur ce point que j’aimerais consacrer nos efforts à l’avenir. Je crois que dans le passé cette question n’a peut-être pas assez été soulignée. Après de longues années de questionnements autour de la forme et du vocabulaire, l’art contemporain aujourd’hui, sans négliger ces considérations, met de plus en plus en avant ces divers récits qui parlent du monde dans lequel il a été fait. Notre collection doit suivre ce mouvement.»

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