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Premier concert du «Chœur Philharmonique de Luxembourg»
Culture 2 min. 12.12.2017 Cet article est archivé
Musique

Premier concert du «Chœur Philharmonique de Luxembourg»

Le Chœur Philharmonique de Luxembourg épaulé par l'Académie pour Jeunes Voix, l'Ensemble à cordes de l’Orchestre de Chambre du Luxembourg ainsi que par la Musique Militaire Grand-Ducale.
Musique

Premier concert du «Chœur Philharmonique de Luxembourg»

Le Chœur Philharmonique de Luxembourg épaulé par l'Académie pour Jeunes Voix, l'Ensemble à cordes de l’Orchestre de Chambre du Luxembourg ainsi que par la Musique Militaire Grand-Ducale.
RALPH HERMES/IMAGIFY
Culture 2 min. 12.12.2017 Cet article est archivé
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Premier concert du «Chœur Philharmonique de Luxembourg»

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Le Chœur de Chambre de Luxembourg a fait peau neuve, et pour son premier concert sous l'appellation Chœur Philharmonique de Luxembourg il a tablé sur des valeurs sûres: la «Carmina Burana» de Carl Orff et l'Ouverture 1812 de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Des interprétations rafraîchissantes.

Par Isabelle Trüb

Devant une salle comble dans le Grand Auditorium de la Philharmonie, le Choeur Philharmonique de Luxembourg dirigé par son chef titulaire, Antonio Grosu, a choisi d’interpréter deux des œuvres à grand effectif les plus populaires qui existent, puisque le programme a réuni en une même soirée «Carmina Burana», de Carl Orff, ainsi que «l’Ouverture 1812» de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

La Musique Militaire Grand-Ducale et l’Ensemble à Cordes de l’Orchestre de Chambre du Luxembourg ont joint leurs forces pour assurer la partie instrumentale de tout le programme, alors que la soprano Valda Wilson, le ténor lituanien, Algirdas Drevinskas, et le baryton allemand, Karsten Mewes, ont tenu la partie soliste dans Carmina Burana.

Nouveaux venus sur la scène luxembourgeoise, les membres du chœur «L’Académie Pour Jeunes Voix», qui compte une vingtaine d’enfants, ont participé avec enthousiasme à ce projet, faisant montre d’une excellente discipline et d’une maturité prometteuse.

Bien que les poèmes qui figurent dans l’œuvre datent de l’époque médiévale, c’est en 1936 que Carl Orff met la dernière main à son «Carmina Burana». Cela justifie en partie l’emploi d’une orchestration aussi riche, à commencer par une panoplie impressionnante d’instruments de percussion, où se glissent, entre autres, des cloches tubulaires, deux pianos et un célesta.

A cela s’ajoute une puissante phalange de cuivres, auxquels s’ajoutent des flûtes et piccolos, hautbois et cor anglais, clarinettes et clarinette basse, bassons et contrebasson, ce qui exige un effort particulièrement soutenu dans la section des cordes et une attention de tous les instants de la part du chef d’orchestre.

Solos émouvants et intimes

Pris à un tempo allant et dirigé avec une gestique minimaliste, «Carmina Burana» a égrené ses multiples mouvements sans heurts déplaisants, les choristes se donnant beaucoup de peine pour articuler les textes avec précision et suivre attentivement les nuances ainsi que les indications de leur chef, les instrumentistes faisant de leur mieux pour marquer le caractère contrasté des différents passages et maintenir un dialogue enjoué entre toutes les sections, avec plusieurs interventions particulièrement heureuses de la flûte et de ses partenaires. 

Karsten Mewes a donné un «Omnia Sol Temperat» expressif et à la diction assurée, avant de se mesurer à un effectif instrumental un peu trop dense dans la seconde partie, «In Taberna», puis de briller, plus à son aise, dans le troisième volet, Cours d’amours. Algirdas Drevinskas a chanté un «Olim lacus colueram» hautement dramatique, pleinement convaincant, alors que Wilson, dominant la masse orchestrale sans effort apparent, a offert des solos émouvants souvent intimes.

Le public ravi a apprécié le dialogue enjoué entre choristes et orchestre.
Le public ravi a apprécié le dialogue enjoué entre choristes et orchestre.
RALPH HERMES/IMAGIFY

Après le final éclatant de «Carmina Burana», et sans vraiment prendre de pause, Antonio Grosu a dirigé la retentissante «Ouverture 1812» de Tchaïkovski. Si cette partition complaisante offre ici et là de belles éclaircies poétiques qui rappellent sa musique de ballet et permettent aux cordes de faire valoir leurs qualités expressives sous leur meilleur jour, force est de reconnaître que le compositeur russe se plaît ici à brosser une fresque triomphale dont le caractère rutilant et emphatique à l’extrême a semblé une surenchère de décibels, surtout après les éclats de «Carmina Burana».

Ravi, le fidèle public a longuement applaudi les solistes, les chœurs, la Musique Militaire Grand-ducale, l’Ensemble à Cordes de l’OCL, ainsi que le chef.