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Un aller simple pour Mars en 2027
Culture 1 3 min. 26.05.2015 Cet article est archivé
Mars One - ICT Spring

Un aller simple pour Mars en 2027

Une représentation virtuelle des modules qui seront installés sur Mars.
Mars One - ICT Spring

Un aller simple pour Mars en 2027

Une représentation virtuelle des modules qui seront installés sur Mars.
Capture d'écran www.mars-one.com
Culture 1 3 min. 26.05.2015 Cet article est archivé
Mars One - ICT Spring

Un aller simple pour Mars en 2027

Avez-vous déjà entendu parler de Mars One? Il s'agit du projet - très sérieux - lancé par un ingénieur néerlandais, Bas Lansdorp, pour envoyer une colonie humaine sur la planète Mars. Un voyage sans retour.

Avez-vous déjà entendu parler de Mars One? Il s'agit du projet - très sérieux - lancé par un ingénieur néerlandais, Bas Lansdorp, pour envoyer une colonie humaine sur la planète Mars. Cet ingénieur de 38 ans a monté une entreprise spécifiquement pour ce projet.

C'est pour lui une évidence: notre siècle est celui de la conquête spatiale. Mais il s'agit d'une mission sans retour. Un gigantesque casting a permis de sélectionner 100 candidats. 24 seront retenus pour une mission qui se fera en plusieurs étapes.

La sélection devrait se faire sous la forme d'une émission de télé-réalité. Mars One envisage son premier voyage sur Mars en 2027. Voici la bande-annonce de la première sélection.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Wort.lu a rencontré Bas Lansdorp à l'occasion de ICT Spring, qui a eu lieu la semaine dernière au Kirchberg. ICT Spring est un salon consacré aux nouvelles technologies.

Pourquoi avoir choisi Mars?

Parce que je rêve moi-même d'y aller. C'est à mon sens l'un des enjeux majeurs de notre siècle: quitter notre planète pour aller sur d'autres planètes. J'ai monté ce projet parce que... J'espère bien y aller aussi, sur Mars! Je ne suis pas qualifié pour accompagner la première mission, mais j'envisage d'y aller ensuite, avec ma famille.

Vous avez pour le moment sélectionné une centaine de personnes pour participer à cette mission. Quelles sont les qualités que vous recherchez?

Être en pleine forme et intelligent bien sûr, car il va falloir assimiler plein de choses! Cela dit, ce qui est capital c'est d'être sociable, capable de travailler en équipe et dans n'importe quelle situation. La mission a besoin de compétences comme l'ingéniérie, la médecine, l'agriculture... Mais ce sont des compétences que n'importe quelle personne intelligente peut assimiler.
Nous allons entraîner l'équipe pendant dix ans ce qui est suffisant pour obtenir un diplôme de médecin ou d'ingénieur.

Pourquoi ne pas recruter directement des ingénieurs, des médecins ou des ingénieurs agronomes?

Nous cherchons avant tout des gens qui soient réactifs, avec une bonne capacité d'analyse d'une situation donnée, capables de trouver une solution à un problème rapidement. Quelqu'un qui aura travaillé cinq ans comme plombier correspondrait davantage à notre recrutement qu'un docteur en physique, si c'est par exemple un passionné d'électrotechnique.

Pourquoi les agences spatiales ne mettent pas au point ce projet?

Les agences spatiales parlent d'aller sur Mars depuis 45 ans. Je pense que ce qui leur pose problème, c'est le voyage de retour, qui est en effet très complexe à envisager. Il faudrait pouvoir installer une rampe de lancement comme sur Terre.
Or quand on sait que chez nous, 5 à 10% des navettes rencontrent un problème au lancement... Imaginez sur Mars!

Comment pensez-vous transporter suffisamment de nourriture pour les 4 membre de l'équipage, pour un voyage qui va durer 6 à 7 mois?

Un être humain a besoin d'une ration quotidienne d'environ 60g de nourriture déshydratée. Faisons le calcul: 4 personnes fois 200 jours, soit 800 jours au total, fois 60g ce qui nous fait, en gros, 500kg de nourriture à transporter. Ce n'est pas un problème.

Pour moi, le plus gros challenge sera les combinaisons que les voyageurs porteront pour leurs sorties sur Mars. Pour le reste, nous pouvons tout tester ici. Mais pas les combinaisons.

Quand envisagez-vous de diffuser l'émission de télé-réalité?

La première chose que nous voulons faire est de diffuser une série de documentaires sur «Comment sélectionner la bonne équipe» pour cette mission sur Mars. Cela devrait commencer au printemps de l'année prochaine, mais nous n'avons pas encore trouvé de canal de diffusion.

Croyez-vous aux Martiens?

[Rires] C'est une question très complexe. Concernant les petits hommes verts à bord d'une soucoupe volante, non bien entendu. Mais je crois qu'il est possible de trouver certaines formes de vie sur Mars, comme des bactéries, dans certaines zones. Si nous réussissons à trouver de la vie sur Mars, ce sera une découverte fantastique.
Mais cela est difficile à estimer car nous ne disposons d'aucune donnée sur les formes de vie présente dans l'Univers. Il serait très prétentieux d'affirmer que nous sommes seuls, en tout cas!

Propos recueillis par José Luis Correia (Contacto), trad. A.F.


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