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Manu Katché : «J’ai dit non à Mick Jagger»
Culture 4 min. 08.10.2022
A Mondorf

Manu Katché : «J’ai dit non à Mick Jagger»

De Michel Jonasz à Sting en passant par Peter Gabriel, celui qui fut classé 57e meilleur batteur au monde par le magazine Rolling Stone a roulé sa bosse sur toute la planète musicale.
A Mondorf

Manu Katché : «J’ai dit non à Mick Jagger»

De Michel Jonasz à Sting en passant par Peter Gabriel, celui qui fut classé 57e meilleur batteur au monde par le magazine Rolling Stone a roulé sa bosse sur toute la planète musicale.
Photo: Casino 2000
Culture 4 min. 08.10.2022
A Mondorf

Manu Katché : «J’ai dit non à Mick Jagger»

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Le célèbre batteur français a raconté son parcours à travers des dizaines d’anecdotes jeudi au Purple Lounge de Mondorf.

En invitant Manu Katché, l'équipe chargée de l'événementiel au Casino de Mondorf a tapé dans le mille pour sa soirée Stars & Stories jeudi. Le musicien de 63 ans aurait pu partager ses souvenirs pendant des heures et même plus encore. Il s'est limité à 1h30 d'anecdotes tantôt personnelles, tantôt professionnelles avant de passer cinq minutes derrière ses fûts et de ponctuer la soirée par quelques dédicaces.


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Le Francilien a côtoyé du beau monde. De Michel Jonasz à Sting en passant par Peter Gabriel, celui qui fut classé 57e meilleur batteur au monde par le magazine Rolling Stone a roulé sa bosse sur toute la planète musicale. Avant cela, il s'est découvert une passion pour les percussions dans sa région de Saint-Maur. «Ma mère me voyait danseur, mais ce n'était pas mon truc. Puis je suis passé au piano avant d'obliquer vers les percussions. Il y avait des cours au fond d'un préfabriqué. Le professeur m'a dit d'essayer deux soirs. J'y suis resté autant que je pouvais», raconte Katché devant une petite centaine de personnes.

Son beau-père n'est pas totalement étranger à cette initiation puisqu'il est lui-même musicien. «Quant à mon père, il a quitté le foyer quand j'avais deux ans pour retourner en Côte d'Ivoire. Je l'ai revu une fois lors d'un concert là-bas, mais il n'avait pas grand-chose à me dire.»

Adoubé par Jeff Porcaro

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De fil en aiguille, il noue des connaissances dans le milieu. Sa rencontre avec Jeff Porcaro sera l'un des premiers tournants de sa carrière. Le batteur du groupe Toto l'adoube au point de le faire monter sur scène au Zénith et de l'installer derrière les fûts. La connexion avec le milieu est établie. Manu Katché se lie d'amitié avec le célèbre bassiste Pino Palladino. De là vont naître des projets divers et variés. Au cœur des années 80, il passe avec bonheur de l'album «Unis vers l'uni» de Michel Jonasz à «So», le chef-d'œuvre de Peter Gabriel. «Je ne suis pas un batteur de jazz, mais parfois un batteur de rock qui joue du jazz», s'amuse à dire Manu Katché entre deux anecdotes. «Je n'ai jamais cherché à être le meilleur car vous tombez toujours sur meilleur que vous. Être batteur d'un groupe, c'est comme dans un couple. C'est parfois compliqué mais il faut faire en sorte que ça le devienne moins.»

Le musicien égraine alors quelques perles de son parcours. «J'étais au ski avec des copains. On rentre de notre journée et je vais prendre ma douche. Le téléphone sonne et quelqu'un me parle en anglais. Je raccroche une fois, deux fois puis trois en étant persuadé que c'était un pote qui me faisait une blague depuis la réception. La quatrième fois, j'entends «Je suis Peter Gabriel et j'aimerais qu'on se rencontre pour travailler ensemble».» Alors qu'il tourne avec le musicien anglais pour Amnesty International, il est repéré par Sting qui lui dit: «Je vais te voler à Peter.»

Un Prince énigmatique

Il croise un soir Miles Davis, l'une de ses idoles absolues, puis joue avec Stevie Wonder et se retrouve face à Prince à une soirée anniversaire à Beverly Hills. La star ne lui adresse pas la parole de la soirée, mais au moment de quitter les lieux, il fixe le batteur dans les yeux, mime un mouvement de percussion et lève les deux pouces.

À force de voyager, Manu Katché se retrouve parfois embarqué dans de drôles d'aventures comme lorsqu'à la frontière entre le Cambodge et le Vietnam, on le fait poireauter des heures «parce que mon passeport était constellé de visas et qu'on me prenait pour un espion».

Le batteur racontera encore les sautes d'humeur de Mark Knopfler qui lui demande de refaire les passages à la batterie sur «Heavy Fuel» avant de le prier d'accompagner Dire Straits en tournée. Une invitation que le Français déclinera. Tout comme il dira non à Mick Jagger qui souhaitait ardemment que le batteur se joigne à lui dans l'un de ses projets solo qui ne marchera d'ailleurs pas. «Je ne le sentais pas. Il ne m'en a pas voulu car je l'ai revu un jour et il m'a salué amicalement», conclura le musicien que l'on a aussi aperçu dans le jury de «La Nouvelle Star», le télé-crochet qui a notamment révélé Julien Doré. «Je ne regrette pas cette expérience. J'ai beaucoup aimé échanger avec les jeunes. Puis c'était une période aussi où j'avais besoin d'argent», dit-il sans détour. 

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