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Luxembourg Institute of Health: Le Luxembourg à la pointe de l'allergologie moléculaire
Culture 4 min. 24.11.2017 Cet article est archivé

Luxembourg Institute of Health: Le Luxembourg à la pointe de l'allergologie moléculaire

A la différence des proches pays voisins, le Luxembourg a une forte proportion d'allergiques au poisson.

Luxembourg Institute of Health: Le Luxembourg à la pointe de l'allergologie moléculaire

A la différence des proches pays voisins, le Luxembourg a une forte proportion d'allergiques au poisson.
Photo: Shutterstock
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Luxembourg Institute of Health: Le Luxembourg à la pointe de l'allergologie moléculaire

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
300 scientifiques et experts médicaux sont venus du monde entier au Luxembourg pour participer ce mois-ci à un symposium international sur l'allergologie moléculaire, co-organisé par le département d'allergologie et immunologie du «Luxembourg Institute of Health» (LIH), à la pointe de la recherche.

300 scientifiques et experts médicaux sont venus du monde entier au Luxembourg pour participer ce mois-ci à un symposium international sur l'allergologie moléculaire, co-organisé par le département d'allergologie et immunologie du «Luxembourg Institute of Health» (LIH), à la pointe de la recherche. 

Ce rendez-vous a lieu chaque année dans une grande ville européenne. Son organisation cette année au Grand-Duché est l'occasion de faire le point avec le professeur Markus Ollert, chercheur et directeur du département allergologie et immunologie au LIH, sur les avancées dans ce domaine. 

«Jusqu'à 40% de la population peut souffrir d'allergies» dans nos pays industrialisés, rappelle le professeur Markus Ollert au cours de notre entretien. 

L'allergie a des conséquences qui peuvent aller de l'inconfort à la mort. La méthode de diagnostic a évolué pour permettre un diagnostic plus précis et par conséquent un traitement mieux ciblé.

Quelles sont les recherches menées au Luxembourg dans le domaine de l'allergologie moléculaire ? Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit?

Au «Luxembourg Institute of Health», nous concentrons beaucoup nos recherches sur les diagnostics des allergies. Pour effectuer un premier diagnostic, le médecin procède souvent à un test épidermique ou cutané en mettant la peau du patient en contact avec un extrait de la substance contenant les allergènes, afin de vérifier si une réaction apparaît ou non. 

L'allergie moléculaire a permis de faire un grand pas en avant. Dans un extrait de pollen par exemple, il y a des centaines de molécules, mais seulement certaines d'entre elles vont provoquer une réaction allergique. 

La connaissance de ces molécules permet d'améliorer le diagnostic et le traitement du patient. Il faut savoir qu'aujourd'hui dans les pays industrialisés, jusqu'à 40% de la population peut souffrir d'allergies. Les jeunes sont davantage concernés. C'est en raison de cette augmentation que nous avons besoin de diagnostics plus fiables et de meilleures thérapies. 

Le professeur Markus Ollert, directeur du département de recherche en allergologie et immunologie au Luxembourg Institute of Health.
Le professeur Markus Ollert, directeur du département de recherche en allergologie et immunologie au Luxembourg Institute of Health.
Photo: LIH

L'allergie moléculaire a fait son apparition il y a une dizaine d'années. Elle est aujourd'hui une approche systématique dans de nombreux pays, mais pas partout. Certes, son coût est élevé. 

Mais elle permet aussi à plus long terme d'économiser de l'argent puisque la substance déclencheur de l'allergie est identifiée et traitée de manière adéquate.

Avons-nous au Luxembourg des allergies différentes de celles de nos voisins européens?

La situation ici est à peu près identique à celle des autres pays d'Europe, nous ne constatons pas de pathologies différentes. Les listes d'attente pour les consultations sont aussi longues. Par contre, ce qui nous manque c'est le suivi de patients sur le long terme. 

Les différences que l'on peut constater sont d'origine culturelle. De nombreux habitants du Luxembourg viennent du pourtour méditerranéen (Portugal, Italie) et développent souvent une allergie au poisson. C'est une différence que l'on constate par rapport à l'Allemagne, par exemple. 

On consomme davantage de poisson au Luxembourg car ces habitudes alimentaires ont été conservées. Cependant nous ne disposons malheureusement pas au Grand-Duché de données épidémiologiques en matière d’allergies.

Quels sont les changements majeurs ces dernières années?

En cinq ans, nous constatons une augmentation d'environ 20% des réactions anaphylactiques sévères dans le domaine alimentaire dans les pays industrialisés. Les réactions allergiques à la nourriture peuvent conduire à un choc anaphylactique, qui peut être mortel. Et ce n'est à mon avis que la partie émergée de l'iceberg. 

L'un des aliments les plus dangereux est la cacahuète. Ses allergènes sont très résistants. Pourtant, des études ont montré que si vous donnez des cacahuètes à un enfant dès son plus jeune âge, dans des sauces ou du beurre de cacahuète par exemple, il aura peu de risque d'être allergique. Si vous avez été exposé très jeune à des allergènes, votre organisme sera bien mieux immunisé.

Comment voyez-vous l'évolution de votre spécialité?

Nous aurons de bien meilleures connaissances qui nous permettront de prévenir les allergies. Nous serons à même aussi de fournir des conseils aux jeunes parents pour l'éducation alimentaire de leurs enfants, notamment sur l’introduction précoce des cacahuètes ou autres allergènes alimentaires pour éviter le développement d'une allergie alimentaire. L'immunothérapie tiendra une place beaucoup plus importante dans le traitement de l'allergie. 

Je pense qu'il y aura aussi de gros progrès grâce à la connaissance du microbiome, dont la découverte de son importance est assez récente. Notre microbiome a un rôle très important dans l'allergie. La vaccination pour prévenir certaines allergies serait une possibilité. Mais il faut davantage de travaux de recherche pour le savoir.  

Propos recueillis par Anne Fourney

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