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Les visages de l'ombre du Festival du film italien

  • Gama, 30 ans de festival au compteur
  • La première séance de Laurence
  • Sébastien, la cheville ouvrière
  • Chiara, Emma et Clara, l'esprit famille
  • Irène, experte en bénévolat
  • Gama, 30 ans de festival au compteur 1/5
  • La première séance de Laurence 2/5
  • Sébastien, la cheville ouvrière 3/5
  • Chiara, Emma et Clara, l'esprit famille 4/5
  • Irène, experte en bénévolat 5/5

Les visages de l'ombre du Festival du film italien

Les visages de l'ombre du Festival du film italien
A Villerupt en ce moment

Les visages de l'ombre du Festival du film italien


par Pascal MITTELBERGER/ 03.11.2022

L'hôtel de ville de Villerupt est le centre névralgique du Festival du film italien.Photo: Chris Karaba

Le Festival du film italien de Villerupt, qui se déroule actuellement, n'existerait pas sans les dizaines de bénévoles qui œuvrent en coulisse, du matin au soir, pendant plus de quinze jours.

La 45e édition du Festival du film italien de Villerupt bat son plein. Depuis le vendredi 28 octobre et jusqu'au dimanche 13 novembre, le cinéma transalpin est comme chez lui dans la commune du Pays Haut, marquée par une forte immigration au temps des mines de fer et de la sidérurgie.


Esch , ITV Pim Knaff , Kulturschöffe , Kulturentwicklungsplan , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
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Aujourd'hui, «l'italianité» est encore très présente dans l'ancienne cité industrielle et le festival participe, chaque automne, à l'entretenir. Mais s'il a lieu, c'est aussi grâce aux bénévoles qui s'y investissent sans compter. Ils sont une centaine cette année. Coup de projecteur sur certains membres de cette grande famille.


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Gama, 30 ans de festival au compteur
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Gama a grandi à Audun-le-Tiche, commune voisine de Villerupt. C'est là-bas, à la Maison des jeunes et de la culture (MJC), qu'il a démarré l'aventure avec le Festival du film italien, lui le Cap-Verdien d'origine. «C'était il y a 30 ans. J'avais 16 ans et des films étaient projetés à la MJC. J'ai commencé à donner un coup de main.»

Comme beaucoup d'autres, Gama est un bénévole multi-casquettes. «J'ai d'abord été formé comme projectionniste. J'ai fait ça pendant quatre ou cinq ans à la MJC. Puis j'ai fait le service pendant les repas, j'ai tenu la caisse, j'ai accueilli les spectateurs à l'entrée des salles...», énumère-t-il.

Gama, bénévole du Festival du film italien de Villerupt depuis 30 ans.
Gama, bénévole du Festival du film italien de Villerupt depuis 30 ans.
Photo: Chris Karaba

Aujourd'hui, c'est au volant d'un véhicule qu'il se rend utile. «Je suis le chauffeur des VIP. Je vais récupérer les invités du festival en gares de Metz ou de Thionville, ou bien à l'aéroport du Findel. C'est toujours très intéressant de rencontrer des actrices, des acteurs, des réalisateurs.»

Mais ce qui convainc Gama de rempiler comme bénévole depuis 30 ans, «c'est l'ambiance. On est comme une famille. Et même si on ne se voit qu'une fois par an, on a l'impression qu'on ne s'est jamais quittés.»

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La première séance de Laurence
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Laurence participe au festival en tant que bénévole pour la première fois.
Laurence participe au festival en tant que bénévole pour la première fois.
Photo: Chris Karaba

Laurence habite Villerupt et son mari est d'origine italienne. «Et je suis une débutante au festival!», lance-t-elle dans un grand sourire. L'origine de sa présence est à chercher à quelques kilomètres de Villerupt, de l'autre côté de la frontière. «Avec Esch2022, j'ai décidé de faire ce que j'appelle mon année d'artiste.» Elle profite de la multitude d'événements culturels, et s'investit aussi bénévolement. 

A l'occasion du festival villeruptien, «j'essaie d'apporter ce que je sais faire: je suis à la caisse, je fais un peu de comptabilité». Elle voit aussi des films et baigne dans la culture italienne. «Cela me permet aussi de mieux connaître les origines de mon mari.»

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Sébastien, la cheville ouvrière
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Sébastien Ortoleva, 27 ans, est un enfant de Villerupt. D'origine italienne, il enseigne la langue de ses aïeux dans un établissement scolaire de Briey. Et depuis bientôt dix ans, il œuvre dans les coulisses du festival «avec des copains d'enfance». Ensemble, ils forment l'équipe de coordination de l'événement.

«Je suis toujours venu en tant que spectateur, raconte-t-il. Mon père était bénévole, il faisait la cuisine.» En 2016, Sébastien suit les traces paternelles et s'investit également. «J'étais à la fac, j'ai d'abord dit que je n'avais pas trop le temps. Et finalement j'étais là tous les jours, de 9h jusqu'à 1h ou 2h du matin.»

Sébastien fait partie de l'équipe de coordination du festival. Il est aussi membre du conseil d'administration du Pôle de l'image de Villerupt.
Sébastien fait partie de l'équipe de coordination du festival. Il est aussi membre du conseil d'administration du Pôle de l'image de Villerupt.
Photo: Chris Karaba

En 2017, il intègre l'équipe de coordination. Avec ses amis, ils assurent une relève bienvenue. Aujourd'hui, il est même membre du conseil d'administration du Pôle de l'image de Villerupt, qui organise le festival.

Sébastien s'occupe notamment du recrutement et de la gestion des bénévoles. «Cette année, nous n'avons pas rencontré de difficultés pour en trouver. Ils sont une centaine au total: 50% sont des habitués, l'autre moitié sont des nouveaux», détaille-t-il. Les tâches à accomplir sont diverses et variées: caisse, boutique, accueil des spectateurs et des invités, traduction des conférences et débats, comptabilité...

«Il faut que tous les bénévoles prennent du plaisir dans ces différentes tâches, mais aussi et surtout en rencontrant des gens et en passant de bons moments», souligne Sébastien, soucieux de faire perdurer le festival.

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Chiara, Emma et Clara, l'esprit famille
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Clara et Emma sont sœurs jumelles et avec Chiara, elles sont cousines. Toutes trois ont 19 ans, et en sont à leur quatrième édition du festival en tant que bénévoles. «On y vient depuis toutes petites. Quand tu grandis à Villerupt, c'est le passage obligé chaque année avec l'école», résume Clara. Passage obligé, et souvent apprécié. «De toute façon, ici, tu baignes dans la culture italienne à longueur d'année», enchaîne Chiara. «Même plus que dans notre propre culture», ajoute Emma. Avec sa soeur Clara, elles sont en effet d'origine espagnole.

Clara, Chiara et Emma sont cousines, elles sont bénévoles depuis quatre ans.
Clara, Chiara et Emma sont cousines, elles sont bénévoles depuis quatre ans.
Photo: Chris Karaba

Les trois étudiantes s'investissent dans le festival depuis qu'elles ont 15 ans. Ce jeudi matin, c'est à l'entrée de la salle de l'hôtel de ville qu'elles sont affectées, chargées d'accueillir le public et de scanner les tickets d'entrée pour la projection du film «Settembre». Et pour elles, inconcevable de faire faux bond, quelle que soit la raison. «L'an passé, on révisait pour nos partiels entre deux séances», se remémore Clara.

Le festival s'affiche évidemment dans les rues de Villerupt.
Le festival s'affiche évidemment dans les rues de Villerupt.
Photo: Chris Karaba

Ce que les trois jeunes femmes apprécient par-dessus tout, c'est l'esprit familial et convivial du festival, et les nombreux échanges avec les spectateurs ou entre bénévoles. «Certains sont là depuis le début, il y a 45 ans!», relève Chiara. «Et dans le public, il y a tous les profils. C'est très intéressant!», ajoute Emma. 

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Irène, experte en bénévolat
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Derrière son ordinateur «qui mouline un peu», Irène est chargée de délivrer les accréditations, aux journalistes par exemple. Elle réside au Luxembourg, à Strassen, et participe au festival en tant que bénévole «depuis cinq ou six ans».

Irène, de Strassen, est et a été bénévole au cours de différents événements.
Irène, de Strassen, est et a été bénévole au cours de différents événements.
Photo: Chris Karaba

«Je m'investis aussi au Lux Film Fest en début d'année», souligne-t-elle. Et ce n'est pas tout: son «envie d'aider» l'a conduite aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. «Tu contribues au succès d'un événement. Beaucoup n'auraient pas lieu sans les bénévoles», affirme-t-elle. 

A Villerupt, elle apprécie la convivialité de la manifestation, et aussi les mines réjouies non feintes des spectateurs. «Il y a une grosse communauté italienne ici, et ça leur fait tout simplement plaisir de voir des films dans leur langue d'origine», conclut-elle.

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