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Le Redoutable, pastiche un peu vain, malgré Louis Garrel
Culture 1 3 min. 11.09.2017 Cet article est archivé
Portrait de Godard

Le Redoutable, pastiche un peu vain, malgré Louis Garrel

Louis Garrel transformé en Jean-Luc Godard
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Le Redoutable, pastiche un peu vain, malgré Louis Garrel

Louis Garrel transformé en Jean-Luc Godard
studio Canal
Culture 1 3 min. 11.09.2017 Cet article est archivé
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Le Redoutable, pastiche un peu vain, malgré Louis Garrel

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
«Le Redoutable», dans les salles mercredi, brosse le portrait de Jean-Luc Godard en pleine crise existentielle en mai 68, un pastiche un peu vain, malgré un Louis Garrel très convaincant.

(AFP) - «Le Redoutable», dans les salles mercredi, brosse le portrait de Jean-Luc Godard en pleine crise existentielle en mai 68, un pastiche un peu vain, malgré un Louis Garrel, en cinéaste phare de la Nouvelle Vague, très convaincant.

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C'est un retour peu fracassant qu'avait fait Godard au dernier festival de Cannes, à travers ce film reparti bredouille de la compétition.

L'attente était pourtant forte, car s'attaquer à un personnage aussi complexe, qui symbolise une certaine idée du cinéma défendu depuis 70 ans sur la Croisette, ne pouvait qu'aiguiser la curiosité du festival avec lequel il a d'ailleurs une relation tumultueuse.

Pour raconter JLG, le cinéaste Michel Hazanavicius a choisi de s'inspirer du livre «Un an après» d'Anne Wiazemsky, ex-épouse du cinéaste du «Mépris». L'histoire couvre la période 1967-1970 du couple.

Godard, qui anticipe et participe activement à mai 68, connaît une violente remise en question artistique après l'échec de son film pro-Mao «La chinoise», avec au générique sa femme de 16 ans sa cadette (Stacy Martin).

Au fil de séquences, irrévérencieuses mais pas trop, portées par un humour décalé et une réalisation pop, on découvre une personnalité odieuse, égocentrique, jalouse, qui finit par désespérer sa jeune épouse terriblement éprise.

Dans le rôle du «Redoutable», Louis Garrel incarne totalement JLG, imitant à la perfection le phrasé si typique du cinéaste. Outre son mimétisme bluffant, il brille dans un registre comique qu'on ne lui connaissait pas encore.

Michel Hazanavicius a choisi de s'inspirer du livre «Un an après» d'Anne Wiazemsky, ex-épouse du cinéaste
Michel Hazanavicius a choisi de s'inspirer du livre «Un an après» d'Anne Wiazemsky, ex-épouse du cinéaste
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Certaines de ses répliques font mouche. On se prend à espérer qu'elles soient authentiques. Mais beaucoup d'autres tombent dans un oubli instantané. Michel Hazanavicius, interrogé par l'AFP, admettait lui-même s'y perdre : «Il y a des phrases que JLG a réellement dites et d'autres que j'ai écrites, mais je ne sais plus trop lesquelles appartiennent à qui».

L'art du pastiche, Hazanavicius le maîtrise pourtant depuis ses débuts de réalisateur qui l'ont mené au couronnement aux Oscars avec «The Artist» en 2011.

Tentative de filiation

On retrouve dans «Le Redoutable» certains effets de «La classe américaine: le grand détournement», son téléfilm de 1993 dans lequel il usait du doublage sonore sur des images de films connus.

Ce procédé offre au film sa séquence la plus émouvante: comme dans un jeu de miroir, Hazanavicius recrée une scène de «Vivre sa vie», film de Godard de 1962, où Anna Karina regardait au cinéma «La passion de Jeanne d'Arc» du Danois Carl Theodore Dreyer.

Cette fois, c'est Jean-Luc et Anne qui sont dans la salle et leurs dialogues s'apposent aux images de ce film muet de 1927. Anne, en pleurs comme Jeanne d'Arc, réalise alors qu'elle n'est plus en phase avec JLG.

Avec cette séquence, Hazanavicius tente d'établir une filiation avec Godard. Depuis ses débuts, le réalisateur d'OSS 117 n'a eu de cesse de détourner les images, de piocher dans la banque mondiale du cinéma pour faire le sien. Godard, qui a toujours voulu faire exploser les carcans de la forme, inventer une nouvelle grammaire du 7art, a-t-il été sensible à la démarche?

Nul ne le sait. Pas même Hazanavicius qui a envoyé le film au maître et attendait à Cannes un éventuel signe provenant de Rolle, la ville suisse où réside JLG.

L'artiste de 86 ans, lui, est en tout cas bien occupé. Il met actuellement la touche finale à son prochain film, provisoirement intitulé «Le livre d'images», prévu pour sortir en 2018.

Le festival de Cannes fera tout pour l'avoir pour sa 71e édition. Mais rien ne garantit que le réalisateur, depuis bien longtemps éloigné du monde du cinéma, consente à revenir se montrer en mondovision sur la Croisette. En 2014, il n'était pas venu chercher le Prix du Jury qui récompensa «Adieu au langage».


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