Changer d'édition

Le réalisateur Jean-Luc Godard s'est éteint à 91 ans
Culture 7 1 4 min. 13.09.2022
Carnet noir

Le réalisateur Jean-Luc Godard s'est éteint à 91 ans

Jean-Luc Godard a produit plus de 40 longs métrages au cours de sa carrière.
Carnet noir

Le réalisateur Jean-Luc Godard s'est éteint à 91 ans

Jean-Luc Godard a produit plus de 40 longs métrages au cours de sa carrière.
Photo: Getty Images
Culture 7 1 4 min. 13.09.2022
Carnet noir

Le réalisateur Jean-Luc Godard s'est éteint à 91 ans

Le réalisateur franco-suisse était l'un des principaux représentants de la "Nouvelle Vague" du cinéma français.

(avec AFP) Le cinéaste franco-suisse Jean-Luc Godard, père de la Nouvelle Vague, qui s'est éteint mardi à 91 ans, a eu recours à l'assistance au suicide, a confirmé le conseiller de sa famille à l'AFP. «M. Godard a eu recours à l'assistance légale en Suisse d'un départ volontaire suite à de ''multiples pathologies invalidantes'' selon les termes du rapport médical», a expliqué Patrick Jeanneret, confirmant une information publiée par le journal Libération. Il existe différentes formes d'assistance au décès en Suisse, tels que l'euthanasie passive et l'assistance au suicide.


Jean-François Wolff - Photo : Pierre Matgé
L'acteur Jean-François Wolff est décédé à 59 ans
L'asbl Art Attitudes a annoncé mardi soir le décès du comédien franco-luxembourgeois Jean-François Wolff.

Godard était l'un des réalisateurs les plus influents et l'un des principaux représentants de ce que l'on appelle la «Nouvelle Vague» du cinéma français. 

Jean-Luc Godard a produit plus de 40 longs métrages, de nombreux courts métrages, des documentaires expérimentaux, des essais et des clips musicaux au cours de sa carrière de cinéaste. Ses œuvres étaient des pensées sous forme de montage. Les scénarios étaient remplacés par la force d'improvisation des acteurs et les discussions sur le plateau. Ce faisant, il remettait sans cesse en question les règles dominantes. La réalité des jeunes gens devait être montrée à l'écran : proche de la vie, non conventionnelle et authentique.   

Il a marqué le cinéma des années 1960 avec des films innovants sur le plan formel et critiques sur le plan du contenu social, comme «À bout de souffle», «Le mépris» et «Onze heures du soir». En 2010, il a reçu un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. 

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Jean-Luc Godard est né le 3 décembre 1930 à Paris. Son père était un ophtalmologue suisse. Jean-Luc a grandi avec ses trois frères et sœurs dans le pays d'origine de son père, mais en 1943, la famille est rentrée en France. Il lui faut trois tentatives pour obtenir le baccalauréat. Les études à la Sorbonne ne l'intéressaient pas non plus particulièrement. 

Jean-Luc Godard a fait son apprentissage sur les durs sièges de la Cinémathèque parisienne et a commencé par rédiger des critiques de films. «En fait, j'ai toujours fait les choses différemment des autres», disait-il. «Et ce, par besoin de recherche, en tant que chercheur». 

Des films qui mettaient au défi

Chaque nouveau film surprenait les spectateurs et les critiques, les attirait hors de leur réserve et les mettait au défi d'être pour ou contre Godard. Jusqu'à sa dernière œuvre, «Bildbuch» (2018). Il y montait des extraits de l'histoire du cinéma avec des clips Youtube ou des enregistrements de téléphones portables. Un collage d'images avec des fragments de littérature, d'art et de cinéma. 

Paris - Grenoble - Rolle au bord du lac Léman ; telles sont les étapes de la vie de cinéaste de Jean-Luc Godard. C'est à Paris qu'il créa les chefs-d'œuvre de la Nouvelle Vague : «L'histoire de Nana S.», «La bande des marginaux» avec Anna Karina, «Pierrot le Fou» avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, «Le mépris» avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli. 

En 1960, Godard réalise son œuvre légendaire «À bout de souffle», qui s'inspire des films de gangsters en noir et blanc des réalisateurs hollywoodiens ; tourné avec une caméra à l'épaule plutôt qu'avec des structures de caméra complexes et monté avec une technique de montage rapide et nouvelle. 

La vidéo l'a aidé à repenser le cinéma

En 1967, il fait ses adieux radicaux au cinéma avec «Week-end». Il règle ses comptes avec tout ce qui rend le monde si insupportable : la lutte des classes et l'exploitation, la cruauté de la civilisation et le chaos révolutionnaire. 

En 1973, le réalisateur quitte Paris pour s'installer à Grenoble, où il produit des séries télévisées avec la photographe, réalisatrice et compagne Anne-Marie Mieville. Cela a marqué son travail jusqu'à la fin. «La vidéo m'a aidé à voir le cinéma et à le repenser d'une autre manière». 

Avec «Sauve qui peut (la vie)» (1980) et Isabelle Huppert, Nathalie Baye et Jacques Dutronc, il a cherché à retrouver le chemin du cinéma. Il s'agit pour les trois protagonistes de ce film de changer de vie dans un monde violent et confus. 

Revenu dans le paysage de sa jeunesse, à Rolle, au bord du lac Léman, il a en même temps travaillé de 1988 à 1998 à son «Histoire(s) du cinéma» ; une philosophie du cinéma qui n'explique pas l'histoire du cinéma, mais qui réfléchit à ce que les images nous font. Jean-Luc Godard ne voulait pas se perdre dans la fascination du cinéma. Il n'est qu'une «minuscule filiale de l'industrie du mensonge» et a fait beaucoup de mal. Il a «détourné le regard lors des grandes catastrophes du XXe siècle, d'Auschwitz aux guerres des Balkans». Le réalisateur a souffert. Mais il a dû mener une vie de cinéaste heureux. «Si un homme», murmure-t-il à la fin de ses «Histoire(s) du cinéma», «traversait le paradis en rêve et recevait une fleur comme preuve de son séjour, et qu'au réveil il trouvait cette fleur dans ses mains, que dirait-il ?» - «J'étais cet homme», répond Jean-Luc Godard. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Cérémonie des Césars ce vendredi
Thomas Cailley pour "Les Combattants", Thomas Lilti pour "Hippocrate" ou Céline Sciamma pour "Bande de filles": les réalisateurs trentenaires sont bien représentés cette année aux César illustrant la bonne santé du jeune cinéma français.
Party Girl avec Angélique Litzenburger