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Le «premier Luxembourgeois» a livré plus de secrets que prévu: Le nouveau visage de l'homme de Loschbour
Culture 1 3 min. 17.09.2014

Le «premier Luxembourgeois» a livré plus de secrets que prévu: Le nouveau visage de l'homme de Loschbour

Grâce aux travail passionné de trois chercheurs luxembourgeois, le «premier Luxembourgeois» a enfin un visage. Une découverte capitale qui a débouché sur une découverte encore plus importante dans l'histoire de l'Homme qui vaut à l'homme de Loschbour et à l'équipe luxembourgeoise de figurer dans le fameux magazine scientifique «Nature» qui sort jeudi: l'Européen moderne descend de trois lignées et non plus de deux comme assumé jusqu'à présent.
L'homme de Loschbour aurait été âgé de 34 à 47 ans au moment de sa mort. Ici une représentation du "premier Luxembourgeois" à un âge plus avancé.
L'homme de Loschbour aurait été âgé de 34 à 47 ans au moment de sa mort. Ici une représentation du "premier Luxembourgeois" à un âge plus avancé.
Photo: F. Le Brun et N. Herber, Anubis (c) CNRA, Luxembourg

Grâce aux travail passionné de trois chercheurs luxembourgeois, le «premier Luxembourgeois» a enfin un visage. Une découverte capitale qui a débouché sur une découverte encore plus importante dans l'histoire de l'Homme qui vaut à l'homme de Loschbour et à l'équipe luxembourgeoise de figurer dans le fameux magazine scientifique «Nature» qui sort aujourd'hui: l'Européen moderne descend de trois lignées et non plus de deux comme assumé jusqu'à présent.

Près de 80 ans après son invention près de Reuland par Nicolas Thill, un instituteur, le 7 octobre 1935, l'homme de Loschbour a enfin livré ses secrets. Grâce à de l'ADN parfaitement conservé dans ses molaires et aux techniques scientifiques modernes, on sait désormais à quoi ressemblait le «premier Luxembourgeois» ou «le premier touriste du Müllerthal» comme le squelette a été surnommé.

Les techniques scientifiques modernes ont permis de confirmer les premières hypothèses réalisées dans les années qui ont suivi la découverte du squelette dans un abri sous la roche aux confluents de la 
Loschbour et de l'Ernz noire. Il s'agissait bien d'un homme adulte qui aurait vécu il y a 8.000 ans. Mais ces nouvelles analyses ont permis aux chercheurs d'aller plus loin, jusqu'à reconstituer son apparence et son régime alimentaire.

Un petit brun aux yeux bleus

Une reconstitution du visage de l'homme de Loschbour âgé d'une trentaine d'années.
Une reconstitution du visage de l'homme de Loschbour âgé d'une trentaine d'années.
Photo: F. Le Brun et N. Herber, Anubis (c) CNRA, Luxembourg

Notre homme de Loschbour était un petit homme (1,60 m) robuste (il devait peser entre 58 et 62 kg). Il devait être âgé de 34 à 47 ans au moment de sa mort et avait la peau mate, les cheveux foncés (bruns ou noirs) et les yeux bleus. Le spécimen trouvé était plutôt joli garçon, comme le révèle une reconstitution en trois dimensions réalisée sur base de son crâne et de ses données génétiques.

Jean-Michel Guinet, conservateur des collections zoologiques au Musée national d'histoire naturelle (MNHN), Dominique Delsate, chercheur et collaborateur scientifique du MNHN, et Foni Lebrun, chargé de direction du Centre national de recherche archéologique (CNRA) et conservateur au MNHN, ont réussi grâce à leur passion à percer les génomes d'un des derniers chasseurs mésolithiques, soit de l'âge de pierre. Mais leur découverte ne s'arrête pas là.

L'aventure commence

Alors qu'au début de l'aventure, les trois chercheurs souhaitaient uniquement mettre un visage sur le crâne de l'homme de Loschbour, ils vont découvrir bien plus. Au point que le «premier Luxembourgeois» va apparaître dans l'édition d'aujourd'hui de la célèbre revue scientifique «Nature». L'homme de 
Loschbour et les trois chercheurs ont été associés à une étude sur l'origine ancestrale des Européens contemporains. Et il apparaît que nous ne remonterions pas à deux, mais à trois grandes phases d'anciens peuplements.

Cette découverte révolutionnaire a été réalisée par un consortium de chercheurs en génétique et en paléontologie, parmi lesquels nos trois chercheurs luxembourgeois. Ils ont comparé l'ADN de chasseurs-cueilleurs du mésolithique – dont celui de l'homme de Loschbour – et celui des premiers agriculteurs-éleveurs néolithiques à l'ADN de 2.400 individus actuels. Ces comparaisons ont montré la présence d'un troisième groupe d'ancêtres, jusqu'alors insoupçonné dans notre ADN. Il proviendrait d'Eurasie du Nord et serait également génétiquement lié aux Nord-Américains, les Amérindiens.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Sophie Kieffer