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«La magie à ciel ouvert»
«Mary Poppins», le coup de coeur de Claude Bertemes, est au programme le 3 août sur le parvis du Palais.

«La magie à ciel ouvert»

Photo: Visual Press Agency
«Mary Poppins», le coup de coeur de Claude Bertemes, est au programme le 3 août sur le parvis du Palais.
Culture 1 6 min. 27.07.2018

«La magie à ciel ouvert»

Sara GOERRES
«City Open Air Cinéma» propose 27 séances de chefs-d'oeuvre du 27 juillet jusqu'au 23 août.

Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, et Nicole Dahlen, programmatrice, expliquent ce qui fait le charme de ce rendez-vous désormais incontournable.

Nicole Dahlen et Claude Bertemes, comment expliquez-vous le succès populaire, le nombre de visiteurs varie-t-il?

Claude Bertemes (CB): La formule magique d'un «Open Air Cinéma» comprend trois éléments: le film, le cachet du lieu et la météo. Mais, même en cas de pluie, le public répond présent. Je me souviens d'une belle image: les spectateurs, qui restent scotchés sur leurs chaises et oublient la pluie qui leur tombe dessus.

Nicole Dahlen (ND): 500 à 550 chaises sont installées chaque jour et on peut laisser prendre place une cinquantaine de personnes supplémentaires sur les terrasses. Sans oublier les spectateurs qui restent debout. Cela reste compliqué à chiffrer, le site affiche complet avec 600 spectateurs. Le succès est populaire, car le public répond présent par tous les temps.

Face à la forte demande, avez-vous envisagé un espace plus grand?

CB: L'ambiance est vraiment magique, notamment au Marché-aux-Herbes avec l'architecture du lieu qui est mise en valeur par l'illumination. On ressent un effet «cosyness», l'espace n'est pas vaste, le spectateur se sent enveloppé et en communion avec le ciel, les bars et le palais grand-ducal. Nous avons eu beaucoup de retours positifs du public. On ne voit donc pas de nécessité de chercher un lieu plus grand.

Le public devant le Palais lors de la dernière édition du festival en 2017.
Le public devant le Palais lors de la dernière édition du festival en 2017.
Foto: Sven Becker

Quels sont les critères de la programmation ? Comment choisir l'ordre des films?

CB: On ne va pas montrer des films qui se déroulent dans un huis clos, mais pour profiter du ciel ouvert, il faut choisir des films qui contribuent à créer une ambiance estivale, tels «Zorba le Grec», «Easy Rider» – choisi pour le 50e anniversaire de mai 68. On essaie de communiquer cet esprit de grandeur et de liberté.

Palais, Rotondes ou Capucins: comment choisissez–vous les lieux?

CB: Nous sommes conscients des différences et des particularités des trois lieux. ND: Les films que nous projetons au Palais ne peuvent pas l'être dans la cour des Capucins, le contraire est aussi valable. Les Rotondes sont une bulle en soi, un site particulier. On n'oublie jamais la mission de la Cinémathèque: rapprocher le public du patrimoine cinématographique. C'est pourquoi, nous cherchons pour chaque époque un chef-d’œuvre. De Chaplin à Anderson, nous avons la chance d'offrir au public des films qu'ils n'auraient peut-être jamais eu l'occasion de voir.

Pourquoi avez-vous choisi «The Seven Year Itch» en ouverture de festival?

ND: Nous aimons débuter le festival avec une icône incontournable. Dans ce film, Marilyn Monroe est particulièrement sensuelle. Retrouver une telle comédienne, l'observer pendant une heure et demie, cela reste magique. CB: Le pitch, la tonalité du début du film, correspond à la thématique du festival.

L'actrice Marilyn Monroe en 1955 dans le film «The Seven Year Itch» qui donne le coup d'envoi du festival cette année.
L'actrice Marilyn Monroe en 1955 dans le film «The Seven Year Itch» qui donne le coup d'envoi du festival cette année.
Foto: REUTERS

Comment s'est passée la collaboration avec le centre de Bonnevoie?

ND: Nous prenons en charge l'ensemble de la programmation. C'est une «joint-venture» dans le cadre du festival «Congés annulés». Les deux institutions profitent de leurs expériences respectives. Pour nous, c'est aussi la possibilité de programmer différemment: renforcer le côté loufoque, expérimental et décalé. Comme par exemple avec le volet «Freaks and Geeks» , comprenant une sélection de huit films racontant des histoires d'anti-héros. «Je suis plutôt freak ou geek?»: à chaque spectateur de trouver la réponse.

Parlez-nous de la sélection du volet «Sing Along» format?

ND: Toute la programmation est influencée par l'actualité. C'était l'occasion rêvée de choisir « Mamma Mia» – un film rapidement devenu culte et qui fête son dixième anniversaire – à l'heure de la sortie récente du deuxième volet de la série «Mamma Mia – Here we go again». Une soirée «Sing Along», qui fait le plein de spectateurs, est quelque chose d'euphorisant et excitant. Lorsqu'en 2013 nous avons diffusé «Dirty Dancing», le public s'est levé, a applaudi et chanté durant la projection. Rester assis dans son fauteuil: cette règle qui prévaut habituellement au cinéma, s'est transformée ce soir-là en une fête spontanée en plein air.

Chaque année possède-t-elle un caractère unique?

CB: La Cinémathèque est en quelque sorte pionnière dans l'organisation de l'«Open Air Cinéma», la formule existe depuis 1986, d'abord dans la cour des Capucins. Chaque année possède une empreinte individuelle. ND : On ne peut pas interchanger les années, il y a toujours des hommages et anniversaires à fêter, comme l'hommage à Milos Forman ou récemment la nouvelle restauration de « Yellow Submarine » tout comme la sortie d'un nouveau «Mary Poppins» fin 2018.

Quelles sont vos prévisions pour les années à venir?

ND. Cette année, on propose 27 soirées, ce qui demande déjà beaucoup d'efforts et de ressources. On est contents et nous allons essayer de garder ce rythme. CB : Je suis assez fan du développement organique, on a évolué en étapes. Notre participation à l'offre culturelle durant tout un mois d'été reste exceptionnelle.

Quel est votre meilleur souvenir après tant d'années de festival? 

CB: La toute première séance au Palais, j'étais angoissé par cet afflux de monde, mais en même temps émerveillé par l'intérêt du public et l'atmosphère. Cette place habitée par un esprit open-air, des gens, des lumières, des bières : de voir que ce qu'on avait imaginé sur le papier marchait en pratique.

Quel est le film à voir cette année?

CB: « Mary Poppins »: un souvenir personnel, c'est le premier livre que j'ai lu. J'ai hâte de le voir sur grand écran. ND : Pour moi, c'est « Rear Window », mon Hitchcock préféré à cause de la mise en abyme de la fenêtre.

Comment définir en quelques mots le « City Open Air Cinéma » ?

CB: L'«Open Air» c'est «bigger than life» (rires). ND: La différence entre le cinéma et l'open air: c'est l'ambiance, une fête estivale à ciel ouvert.


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