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La chronique de Stéphane Bern: un gentilhomme européen
Culture 2 min. 27.04.2019

La chronique de Stéphane Bern: un gentilhomme européen

Le prince Jean à Dudelange en 1944.

La chronique de Stéphane Bern: un gentilhomme européen

Le prince Jean à Dudelange en 1944.
Photo: Gemeindearchiv Düdelingen
Culture 2 min. 27.04.2019

La chronique de Stéphane Bern: un gentilhomme européen

Cette semaine, notre chroniqueur livre à nouveau un hommage au grand-duc Jean, décédé ce mardi 23 avril à l'âge de 98 ans.

Par Stéphane Bern

Une page de notre Histoire nationale se tourne et, avec elle, un chapitre de l’Europe. Car le grand-duc Jean qui vient de nous quitter à l’âge de 98 ans, unanimement pleuré par tous les Luxembourgeois, incarnait parfaitement la figure tutélaire du chef d’Etat au service de son pays et engagé pour la construction européenne.


«Le Grand-Duc Jean doit être salué comme un héros»
Alors que l'ancien chef de l'État (1964-2000) est décédé ce mardi à l'âge de 98 ans, les hommages se multiplient. Parmi eux, celui de Stéphane Bern, auteur d'un livre dédié au père du Grand-Duc Henri. Interview.

Lorsqu’il faudra expliquer aux jeunes générations qui était le cinquième souverain de notre dynastie nationale depuis 1890, il faudra, pour être juste, employer des mots qui n’ont plus cours: devoir, servir, fidélité, loyauté, simplicité ou modestie.

Mieux, comme l’a rappelé le Premier Ministre, Xavier Bettel en annonçant à la nation le décès de celui qui avait régné sur le pays de 1964 à 2000, «il a été, il est et il restera un symbole pour notre pays. Il a été un modèle pour nous tous. Il s’est battu pour défendre notre liberté et notre indépendance… Le grand-duc Jean fut un grand homme d’Etat et un héros».

Le grand-duc Jean avec son père, le prince Félix, délivrant Luxembourg le 10 septembre 1944.
Le grand-duc Jean avec son père, le prince Félix, délivrant Luxembourg le 10 septembre 1944.
Photo: Cour grand-ducale/RTL

Assurément, Jean de Luxembourg s’est montré digne du comte de Luxembourg et roi de Bohême, Jean l’Aveugle, dont la devise était en allemand (et reprise par le prince de Galles) «ich dien», «je sers».

Servir au péril de sa vie, lorsqu’engagé dans les Irish Guards pendant la Seconde Guerre mondiale il participe au Débarquement en Normandie, en juin 1944, avant de rejoindre son père le prince Félix pour libérer Luxembourg le 10 septembre 1944.

Quel autre chef d’Etat peut s’enorgueillir d’avoir ainsi joué un rôle actif pour libérer son pays du joug nazi tandis que son auguste mère, la grande-duchesse Charlotte animait la Résistance depuis Londres? A la légitimité de l’Histoire reçue par la naissance, il ajoutait celle des services rendus à la nation.


Staatsbegräbnis Großherzog Jean, funérailles Grand-Duc Jean. Kathedrale, Ausgang des Sarges des Sarges vorbei an der Großherzoglichen Familie,Großherzog Henri , Foto: Guy Wolff/ Luxemburger Wort
Le Luxembourg pleure le grand-duc Jean
L'ancien chef de l'État est décédé le 23 avril 2019, à l'âge de 98 ans, des suites d'une infection pulmonaire. En hommage, douze jours de deuil national ont été décrétés.

Et fort de cette expérience éprouvante, il s’est montré, comme Grand-Duc Héritier puis comme Grand-Duc, un européen convaincu pour qui seule l’union entre les peuples du vieux continent serait un bouclier pour défendre la paix. Au nom du peuple luxembourgeois, il reçut en 1986 le Prix Charlemagne.

Mais au-delà de ses qualités de chef d’Etat, il fut un homme d’exception, un gentilhomme. Jovial et chaleureux, modeste et simple, courtois et affable, bon et bienveillant, toujours souriant et maniant l’humour britannique, il était aimé de tous.

Sa figure familière nous semblait éternelle; il va nous manquer. Passionné par le Luxembourg, curieux de tout et de tous, il cultivait les valeurs du sport et du scoutisme et nourrissait un amour profond pour la nature.

Avec son épouse la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, née princesse de Belgique, il avait tressé au Luxembourg la plus noble des couronnes, une famille unie et exemplaire de cinq enfants, vingt-et-un petits-enfants et quinze arrière-petits-enfants.

Cet héritage constitué de dévouement au pays, de service aux autres, et de gentillesse, il l’a confié à sa famille qui continuera de faire vivre son souvenir pour mieux construire notre avenir commun. Il appartient désormais à l’Histoire, et faisons la promesse de ne jamais l’oublier.


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