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La chronique de Stéphane Bern: Sous le ciel de Paris
Culture 3 min. 24.03.2018

La chronique de Stéphane Bern: Sous le ciel de Paris

La chronique de Stéphane Bern: Sous le ciel de Paris

Chris Karaba
Culture 3 min. 24.03.2018

La chronique de Stéphane Bern: Sous le ciel de Paris

Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient cette semaine sur la visite du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse à Paris et Toulouse. Une vraie fierté pour l'animateur.

Quarante ans, il aura fallu attendre quarante ans pour qu’enfin les souverains luxembourgeois soient accueillis en visite d’Etat par la France avec tous les honneurs dus à la fois à leur rang, et à l’importance de l’amitié entre les deux pays voisins. 


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

Quatre décennies après le voyage du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte à Paris qui avaient répondu à l’invitation du président Valéry Giscard d’Estaing, tous les bâtiments publics de la capitale et les Champs-Elysées étaient pavoisés aux couleurs de la France et du Luxembourg. Une image pleine d’émotion pour ceux qui, comme moi, ont la double nationalité. 

Et ce sentiment de légitime fierté de voir notre Grand-Duché, petit par l’exiguïté de son territoire mais grand par son Histoire, être traité enfin avec déférence et respect, amitié et chaleur par le puissant voisin. A cela s’ajoute aussi, inconsciemment, la satisfaction de voir un président de la République française prendre davantage le temps de recevoir les Grands-Ducs que ses prédécesseurs n’en avaient consacré à visiter Luxembourg, considérant sans doute que les sommets européens suffisaient à leur peine. 

Le principe d’un tel voyage au plus haut rang protocolaire avait été arrêté en août 2017 lors de la visite de travail du président Emmanuel Macron au Grand-Duché. L’amitié avec le Premier Ministre Xavier Bettel n’y est sans doute pas étrangère et c’est, du reste, ce qui a favorisé l’inscription à l’agenda officiel d’un sommet gouvernemental franco-luxembourgeois face à l’urgence des questions européennes. 

Inutile de chercher une ombre au tableau. En tous points la visite d’Etat en France du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse – la première de cette importance d’un chef d’Etat depuis l’élection du président Macron car même Donald et Melania Trump n’avaient pas eu droit à tant d’égards - a été un franc succès. 

Certes, les magazines illustrés s’attacheront à la manière dont la France sait mettre les petits plats dans les grands pour recevoir un souverain, qui plus est descendant de Louis XIV, en déployant les ors de la République jusque dans les services de la Manufacture royale de Sèvres. 

La chronique des élégances retiendra celle de notre Grande-Duchesse en vert émeraude Elie Saab à l’Elysée ou en tailleur smoking noir Yves Saint-Laurent au Musée Rodin, entourée de ses enfants. Et que dire des gestes symboliques comme l’arrivée par le TGV-Est qui relie Paris et Luxembourg, ou l’invitation lancée par le président français d’assister sous la coupole de l’Académie française à la célébration de la francophonie dans un discours historique qui fera date?

Jusqu’à ce nectar de Pessac-Léognan, Château Haut-Brion, servi en 1963 pour la grande-duchesse Charlotte reçue par le Général de Gaulle, en 1978 et cette semaine, autre symbole franco-luxembourgeois au même titre que l’exposition sur l’amitié entre le photographe Edward Steichen et le sculpteur Rodin… 

Surtout, cette visite d’Etat aura permis de tordre le cou à certains préjugés français sur le Grand-Duché – les clichés font rarement de bons films ! - et montrer du Luxembourg une autre réalité bien vivante au-delà du secteur financier: le Grand-Duc a fait la promotion des télécommunications et des satellites, des composants automobiles, de la logistique, des PME de pointe, tout en rappelant combien le Luxembourg est depuis l’origine le moteur de l’Europe en pleine reconstruction. 

Qui bouderait son plaisir d’entendre prononcer dans la salle des fêtes du palais de l’Elysée les noms de Robert Schumann, de la grande-duchesse Charlotte et du Prix Nobel Jules Hoffmann ? Quelque chose a changé dans le ciel de Paris. 

Par leur charme et leur simplicité, nos Grands-Ducs ont séduit tous leurs interlocuteurs français, du Sénat à l’Assemblée Nationale, de l’Hôtel de Ville de Paris à celui de Toulouse, de l’incubateur de start-up Station F à l’agence spatiale et aux ateliers d’Airbus. Ils m’ont, encore une fois, rendu fier d’être aussi Luxembourgeois.

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