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La chronique de Stéphane Bern: Recherche femme idéale
Culture 3 min. 29.09.2018

La chronique de Stéphane Bern: Recherche femme idéale

La chronique de Stéphane Bern: Recherche femme idéale

Photo: Facebook/maunselhouseweddingsandevents
Culture 3 min. 29.09.2018

La chronique de Stéphane Bern: Recherche femme idéale

Un châtelain anglais cherche une femme qui puisse lui donner un héritier. Stéphane Bern revient sur cette affaire insolite au romantisme discutable.

Molière le faisait dire à son Don Juan: «La naissance n’est rien où la vertu n’est pas». Il aurait pu ajouter que l’argent n’apportait pas plus le savoir-vivre ni le bon goût. 

N’est-il pas dommage que le mauvais exemple du sexisme le plus éculé et ordinaire nous soit offert par un aristocrate anglais qui prétend descendre du roi Charles II mais ne remonte guère dans l’estime de ses semblables? Ancien magnat de la marine marchande, Sir Benjamin Slade, 7ème baronet régnant sur Maunsel House dans le Somerset et sur Woodlands Castle près de Taunton, multiplie les annonces sur les réseaux sociaux et dans la presse pour trouver sa Cendrillon. 

En guise de prince charmant, on repassera. Loin de se mettre en quête de l’Amour, sir Ben cherche désespérément et publiquement la femme « fertile » parfaite pour lui donner un héritier. Depuis six ans, il lance des appels médiatiques demandant aux femmes du monde entier de postuler pour «l'emploi» qu'il propose, offrant en prime à la candidate idéale la gestion de sa succession, soit vingt millions de livres sterling. Ce qui paraît outre-Manche le comble de l’excentricité, nous semble un comportement pour le moins inconvenant et grossier. 

Lors d’une interview, Sir Benjamin Slade s’explique: «J’ai certes été submergé par les demandes, mais les candidates doivent respecter les exigences. Je peux être très exigeant dans mes demandes. Pas à moitié». Parmi ses revendications, sir Benjamin Slade exige de la future mère de ses héritiers d’être âgée d'environ 35 ans – « en âge de procréer » - mesurer plus de 1,70 m, être un bon fusil pour chasser, savoir conduire une voiture et piloter un hélicoptère. «J'ai besoin de quelqu'un pour m'emmener déjeuner dans le Devon et en Cornouailles et je ne peux pas être tributaire du trafic». 

Il ne veut pas non plus d'une femme née sous le signe zodiacal du scorpion (entre le 23 octobre et le 22 novembre): «Les femmes scorpion sont un cauchemar» assure-t-il d’un ton péremptoire. En six ans de petites annonces qui l’ont conduit à faire passer des castings à toutes sortes de jeunes femmes, il a dû assouplir ses exigences, car, au début, il avait proscrit de sa liste: «les lesbiennes, les lecteurs du journal britannique "The Guardian", les communistes et les Ecossais». 

Désormais Sir Ben permet l'entrée de bisexuels dans sa maison: «Pourvu qu’elle puisse me donner un fils, elle peut s'amuser avec qui elle veut». On ne saurait être plus romantique… Le baronnet s’étonne que si peu de femmes obéissent aux règles qu’il a édictées alors que pour lui, vivre dans un manoir de 14 chambres situé dans le comté de Somerset est le comble du bonheur, même s’il confesse que «les membres de ma famille ont refusé l’héritage; ils sont si riches qu’ils ne veulent pas d’un lieu comme celui-ci dont l’entretien est très coûteux». 

Son rêve? «Je voudrais avoir deux enfants pour quitter tout cela et mon château». Derrière son air bravache, le châtelain de Maunsel cache mal le drame de sa solitude. Il est vrai que sa vie sentimentale et conjugale ne plaide guère en sa faveur. Après douze ans de mariage, sir Benjamin Slade, aujourd’hui âgé de 72 ans, divorça de sa première épouse Pauline Myburgh, ne supportant plus ses dix-sept chats. 

Il défraya aussi la chronique avec Fiona Aitken, la seconde épouse du comte de Carnarvon, la châtelaine de Highclere - château rendu célèbre par la série "Downton Abbey" -  et ils se disputèrent devant les tribunaux la garde du chien. Il vécut avec Kirsten Hughes qui le quitta, partant une nuit avec l’homme à tout faire du domaine. «Et j’étais surtout furieux de l’avoir perdu lui, c’est très difficile de trouver un bon bricoleur». Il eut enfin une relation amoureuse avec la femme d’affaires Bridget Convey, mais comme elle avait 50 ans, il la trouvait «trop vieille pour faire des enfants». Depuis lors, il erre, l’âme en peine, à la recherche d’une «génitrice pour des héritiers à venir». 

Ne devrait-on pas plutôt lui suggérer de se lancer dans l’élevage de chevaux? Il en parle si bien…