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La Chronique de Stéphane Bern: Lire ou ne pas lire Shakespeare
Culture 2 min. 02.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: Lire ou ne pas lire Shakespeare

Stéphane Bern est chroniqueur pour le Luxemburger Wort

La Chronique de Stéphane Bern: Lire ou ne pas lire Shakespeare

Stéphane Bern est chroniqueur pour le Luxemburger Wort
Culture 2 min. 02.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: Lire ou ne pas lire Shakespeare

Marc VANACKER
Marc VANACKER
Dans sa chronique hebdomadaire, Stéphane Bern rend hommage à sa façon au 400e anniversaire de la mort de deux géants de littérature, William Shakespeare et Miguel de Cervantès.

La semaine dernière, deux icônes mondiales de la littérature ont été honorées en Grande-Bretagne et en Espagne. Les deux royaumes ont célébré le 400e anniversaire de la mort de deux géants de leur littérature nationale : William Shakespeare et Miguel de Cervantès.

Remises de prix, défilés, cérémonies religieuses et performances théâtrales dans le cas de l’auteur de Macbeth, Hamlet ou Othello ont marqué le 23 avril dernier l’anniversaire de la disparition du dramaturge britannique et du romancier espagnol, dont on ne sait toujours pas s’ils se sont rencontrés au cours du Siècle d’Or.

A l’image de l’Invincible Armada espagnole mise en déroute par la flotte et la tempête anglaises en 1588, Cervantès n’a pas eu droit en Espagne aux honneurs réservés en Angleterre au Grand William. Faute de moyens, l’auteur de Don Quichotte a dû se contenter d’un hommage vibrant dans sa ville natale d’Alcala de Henares où le roi Felipe VI a remis le Prix Cervantès à l’écrivain mexicain Fernando del Paso.

Dans le même temps, en Grande-Bretagne, Shakespeare a eu droit à un déploiement de festivités sans précédent. On ne badine pas avec le génie des lettres anglaises même si l’on continue de s’interroger sur son identité. À Stratford-upon-Avon, sa ville natale, la Royal Shakespeare Company a organisé un grand spectacle mettant en vedette une brochette d'invités prestigieux, dont Dame Judi Dench, Benedict Cumberbatch et Sir Ian McKellen ou David Tennant qui se sont produits lors d’une performance télévisée à laquelle s’est invité l'héritier du trône britannique.

Le prince Charles ne s'est pas contenté, en effet, de déposer une gerbe sur la tombe du roi de la dramaturgie en l'église de la Sainte Trinité ou de visiter New Place, le lieu où il se retira à la fin de sa vie : il n'a pas hésité à monter sur scène et à jouer Hamlet entouré des comédiens vedettes. Débutant à 67 ans une carrière théâtrale, le fils aîné de la reine Elizabeth II a pris la parole pour déclamer quelques vers dont la plus fameuse question shakespearienne: "Être ou ne pas être...".

Non sans humour, Dame Judi Dench et Helen Mirren ont ainsi commenté les débuts d’acteur du prince de Galles : "Ne jamais jouer avec des enfants, des animaux... ou le prince Charles" ! Ces célébrations suffiront-elles à ranimer les mânes de Shakespeare et Cervantès ? « Connais pas » répondent en chœur les lycéens d’aujourd’hui à qui l’on propose de préférence des textes, certes poétiques, de Cabrel ou Perret, avant d’ajouter dans un élan d’inculture revendiquée « mais je n'étais pas né » pour justifier leur ignorance. Roméo et Juliette ? Au mieux ont-ils vu la comédie musicale !

Pourtant, Shakespeare comme Cervantès, c'est la vie. Des histoires tragiques, des traîtres, des méchants, des archétypes. Pour deux euros seulement en format de poche, chaque œuvre donne accès à l’infini de l’âme humaine…