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La chronique de Stéphane Bern: Les clés du déclin américain
Culture 3 min. 26.05.2018

La chronique de Stéphane Bern: Les clés du déclin américain

La chronique de Stéphane Bern: Les clés du déclin américain

Photo: AFP
Culture 3 min. 26.05.2018

La chronique de Stéphane Bern: Les clés du déclin américain

Qu'est devenu le rêve américain ? Cette semaine notre chroniqueur, Stéphane Bern a pris Stephanie Clifford sous sa loupe. Stormy Daniels, c'est cette playmate qui sème depuis quelques mois une tempête médiatique autour du président américain.

Les manières triviales du président Donald Trump semblent avoir donné le ton d’une vie publique qui a depuis longtemps quitté l’Olympe de la Maison-Blanche pour sombrer dans le caniveau. La nouvelle héroïne de l’actualité est une playmate ou pour être plus exact une star du porno qui s’exhibe dans les bars ou les boîtes de nuit de l’Amérique profonde pour signer des autographes à 10 euros et des t-shirts à 25 euros.


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

De son nom de guerre Stormy Daniels, Stephanie Clifford sème depuis quelques mois une tempête médiatique autour du président et de ses aventures extra-conjugales. Comble du bon goût dans cette Amérique à la recherche de son identité profonde et de son âme, la cérémonie qui s’est déroulée ces derniers jours près de la cité des Anges, à West Hollywood, une municipalité qui jouxte Los Angeles.

Stormy Daniels, dont les seuls mérites se résument à ses séances de strip-tease et à la relation sexuelle qu’elle prétend avoir eue avec Donald Trump, vient d’être honorée pour sa «résistance» face au gouvernement du président républicain, et a reçu en grande pompe une clé symbolique de la ville. Lors d'une cérémonie devant la boutique érotique Chi Chi La Rue, le maire de West Hollywood John Duran lui a rendu hommage, affirmant que l'actrice et réalisatrice de films X avait «dû recevoir des flèches non seulement de la part de gens à travers le pays mais de la personne la plus puissante de la planète», en allusion au président américain.

«Elle a gardé la tête haute avec dignité et a contre-attaqué», a-t-il ajouté, assurant que Stormy Daniels et son avocat se battaient «pour nous rendre notre pays». Face à une foule où l'on voyait des pancartes «Stormy présidente», Stormy Daniels, en robe noire moulante, a plaisanté qu'elle n'était pas sûre de «ce que la clé ouvre, j'espère que c'est la cave à vin». Elle a poursuivi son petit discours improvisé en évoquant West Hollywood, connue pour sa vie nocturne, se déclarant «enchantée et honorée».

La municipalité affirmait de son côté qu'en «ces temps politiques tumultueux, Mme Daniels a prouvé qu'elle était une figure courageuse en clamant la vérité face au pouvoir, même sous la pression de menaces sur sa sécurité». Assurément West Hollywood a voulu faire un coup publicitaire autour de ses actions pour s'opposer aux politiques de l'administration Trump et ses appels répétés «à la mise en place d'une procédure de destitution» à l'encontre du locataire de la Maison-Blanche.

Ne boudant pas une telle tribune publique, Stormy Daniels a surtout saisi l’occasion de promouvoir sa ligne de vêtements TeamStormy. On se souvient que Stormy Daniels, affirme avoir eu une relation extra-conjugale avec le magnat de l'immobilier entre 2006 et 2007, ce que Donald Trump nie.

L'avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, avait admis avoir payé 130.000 dollars à l'actrice pour qu'elle garde le silence sur cette relation, mais cette dernière les a poursuivis pour faire annuler cette clause de confidentialité. Elle affirme que Donald Trump n'a pas signé ce contrat et qu'il n'est donc pas valide. L'actrice et strip-teaseuse dit aussi avoir fait l'objet de menaces.

A 39 ans, Stormy Daniels, rêve de décrocher le plus beau rôle de sa vie: tombeuse de président. Sur toutes les chaînes de télévision, elle affirme vouloir rendre la somme et raconter sa vérité sur cette liaison… contre des espèces sonnantes et trébuchantes.

C’est presque plus rentable que le strip-tease sur la musique de Talking Heads "Burning down the house" – allusion au fait de mettre le feu à la Maison Blanche – ou ses visites triomphales dans les clubs de Nashville ou Philadelphie sous le slogan accrocheur et jeu de mots fin : « The porn star that trumps them all ! », la star du porno qui les bat tous. Washington, Roosevelt, Eisenhower revenez vite, ils sont devenus fous !


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