Changer d'édition

La chronique de Stéphane Bern: Les cheveux de la discorde
Culture 3 min. 30.05.2019

La chronique de Stéphane Bern: Les cheveux de la discorde

William, le fils aîné du prince de Galles a toujours fait preuve de beaucoup d’autodérision à propos de ses (rares) cheveux.

La chronique de Stéphane Bern: Les cheveux de la discorde

William, le fils aîné du prince de Galles a toujours fait preuve de beaucoup d’autodérision à propos de ses (rares) cheveux.
Photo: AFP
Culture 3 min. 30.05.2019

La chronique de Stéphane Bern: Les cheveux de la discorde

Par Stéphane Bern

À quelques jours de la visite d’État du président américain Donald Trump à la Cour d’Angleterre, les moqueries de l’acteur Rob Lowe pourraient passer pour un faux pas diplomatique, sinon un crime de lèse-majesté. Alors que l’acteur des «Outsiders» de Coppola et de la série «The West Wing» tourne au Royaume-Uni une série criminelle «Wild Bill» dans laquelle il interprète un policier d’élite, Bill Hixon, qui s’est exilé dans le Lincolnshire, il répond à une interview du Daily Telegraph qui lui pose la question de savoir s’il se sent plus vaniteux que les hommes anglais, lui qui, à 55 ans, mise toujours sur sa belle gueule avec ses dents blanches et sa coupe de cheveux impeccable. 

Rob a répondu : «Disons que les Anglais ne mettent pas la barre particulièrement haut… Est-ce qu’on peut parler du cas du prince William ? Honnêtement, l’une des expériences les plus traumatisantes de ma vie a été de voir le Prince William perdre ses cheveux… Bon sang c’est quand même le futur roi de votre pays, et il n’a rien fait contre sa chute de cheveux ! D’autant qu’il y a des pilules pour ça ! Moi, au premier cheveu qui menaçait de tomber, j’ai tout de suite pris les devants et j’ai suivi le traitement pendant les trente ans qui ont suivi». Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment, que la presse tabloïd s’insurge et que la ligue des chauves ne monte sur les barricades. 

Autodérision du prince


TOPSHOT - Britain's Prince Harry, Duke of Sussex (R), and his wife Meghan, Duchess of Sussex, pose for a photo with their newborn baby son, Archie Harrison Mountbatten-Windsor, in St George's Hall at Windsor Castle in Windsor, west of London on May 8, 2019. (Photo by Dominic Lipinski / POOL / AFP)
La chronique de Stéphane Bern: Million dollar baby
Cette semaine, notre chroniqueur revient sur la naissance du dernier bébé royal de l'autre côté de la Manche, Archie Harrison Mountbatten-Windsor, fils du prince Harry et de Meghan Markle.

Sans doute Rob Lowe voulait-il être drôle, mais il a touché involontairement à un double symbole : la personne – ô combien populaire – de l’héritier au trône en second, et d’un élément de la masculinité britannique… Certains n’ont pas hésité à rappeler à Monsieur Lowe des épisodes peu reluisants de sa carrière comme l’affaire de la sex-tape avec des adolescentes ou ses cures de désintoxication après ses problèmes d’addiction à l’alcool. Fidèle au fameux principe du «Never complain, Never explain», ne jamais se plaindre ni commenter, le prince William n'a évidemment pas répondu. 

Pourtant, le fils aîné du prince de Galles a toujours fait preuve de beaucoup d’autodérision à propos de ses (rares) cheveux. On se souvient qu’au lendemain de la naissance de son fils George, alors qu’il le présentait au monde pour la première fois, William plaisantait déjà sur le fait que bébé avait «plus de cheveux que moi, Dieu merci…». S’en sortir par un trait humour, c’est toujours ce qui donnera une longueur d’avance aux Anglais… 

Au-delà de savoir si un homme doit ou peut assumer sa calvitie précoce, Rob Lowe a souligné tout le fossé qui sépare le monde hollywoodien de l’apparence et l’existence naturelle d’un futur souverain qui vit sans fard sous le regard de ses concitoyens. N’est-il pas cocasse que la pique de Rob Lowe, faisant la promotion de la pilule du finastéride, ait rappelé tous les efforts d’un autre chef d’État, en l’occurrence Donald Trump, pour conserver à tout prix sa chevelure blonde au risque d’une mise en pli ridicule?  

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La chronique de Stéphane Bern: Bel esprit de famille!
Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient cette semaine sur la polémique outre-Manche concernant Meghan Markle et son demi-frère qui a adressé une missive au prince Harry pour annuler le mariage royal du 19 mai prochain.