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La chronique de Stéphane Bern: Le retour de la panthère noire
Culture 3 min. 02.06.2018

La chronique de Stéphane Bern: Le retour de la panthère noire

La chronique de Stéphane Bern: Le retour de la panthère noire

AFP
Culture 3 min. 02.06.2018

La chronique de Stéphane Bern: Le retour de la panthère noire

Cette semaine, Stéphane Bern revient sur la performance de Serena Williams à Roland-Garros, synonyme de retour gagnant pour la joueuse.

Jamais la terre battue de Roland Garros n’avait autant tremblé. Pour son premier match de tennis dans un tournoi majeur depuis seize mois, la star Serena Williams a, comme souvent dans son incroyable carrière, gagné en deux sets face à la Tchèque Kristyna Pliskova, au premier tour d’un Roland-Garros qui n’avait d’yeux que pour elle.

Et pour cause, la joueuse arborait pour tenue une impressionnante combinaison intégrale noire à ceinture rouge, façon "Black Panther" ou Catwoman. Les tribunes frémissaient d’admiration ou d’indignation et même les officiels du tournoi de Roland Garros ont avoué avoir été pris de court.


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

Tandis qu’ils planchent sur la question de savoir si la combinaison moulante noire de Serena est homologuée par les statuts et autorisée, ça continue de faire débat. Tant au niveau des juges-arbitres que... des marques concurrentes, pas vraiment ravies de l'effet réussi et de l'avantage, présumé, que ce costume pourrait donner à la jeune maman.

Sa première adversaire, Kristyna Pliskova a également concédé qu'elle n'était pas certaine que porter une telle tenue soit autorisé à Roland: « On dirait du néoprène. Elle doit suivre les règles. Sinon, on la fait jouer toute nue » a-t-elle déclarée, mauvaise perdante.

En conférence de presse d’après-match, les journalistes essayant de parler de tennis devaient presque s’excuser, tant les autres sujets liés à l’ancienne numéro 1 mondiale ont pris le dessus. Ont été évoquées les conditions du retour de Serena, sa maternité, à la suite de la naissance il y a neuf mois de sa fille, Olympia, sa présence au mariage du prince Harry et Meghan à Windsor au bras d’Alexis Ohanian, co-fondateur du site Reddit.com… ainsi que cette tenue inhabituelle sur les courts.

Sommée de s’expliquer, la joueuse de tennis a avancé des raisons avant tout médicales. «J’ai beaucoup porté de pantalon en jouant, parce que cela favorise une meilleure circulation sanguine. C’est une combinaison marrante qui me permet de jouer sans aucun problème».

Serena Williams a déjà souffert d’embolies pulmonaires provoquées par la circulation de caillots dans le sang. Elle a ensuite connu des complications médicales après la naissance de sa fille, avec là encore des «problèmes de caillots de sang».

Mais aux raisons médicale et sportive, vient sans doute s’ajouter un geste politique fort. Celle qui a ouvert sa vie aux caméras de HBO depuis sa grossesse pour la série «Being Serena» assume de s’habiller tout en noir, et aussi près du corps, pour «représenter toutes les femmes qui ont dû traverser des épreuves, mentalement et physiquement avec leurs corps, et qui reviennent, confiantes et croyant en elles-mêmes».

Et sans vouloir donner à sa tenue une importance symbolique qu’elle n’a pas forcément, Serena a assuré que «le choix de la couleur et du design est inspiré du Wakanda», pays fictif présenté dans le film Black Panther, emblématique de la lutte pour la représentation des Noirs dans la culture populaire.

«J’ai toujours voulu être une super-héroïne et c’est un peu une manière d’en devenir une. J’ai vraiment l’impression d’être une super-héroïne quand je la porte», a-t-elle dit en rigolant.

La joueuse aux 23 titres du Grand Chelem, la meilleure de sa génération, confie aussi qu’elle aurait voulu être «une princesse guerrière » ou « une reine du Wakanda», des revendications politico-culturelles que Serena Williams n’a jamais cachées.

Pour autant, Serena a manifesté son désir d’être surtout une héroïne pour son mari et sa fille Olympia. «Mais pas tout de suite, je veux atteindre mon objectif, le record de vingt-cinq grands Chelems». Pour l’heure, elle a déjà remporté la victoire de l’image.

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