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La chronique de Stéphane Bern: la valse des prénoms
Culture 2 min. 09.03.2019

La chronique de Stéphane Bern: la valse des prénoms

La chronique de Stéphane Bern: la valse des prénoms

AFP
Culture 2 min. 09.03.2019

La chronique de Stéphane Bern: la valse des prénoms

Quelques jours après la mort de l'acteur Luke Perry, de la série Beverly Hills, notre chroniqueur revient sur la mode des prénoms influencée par les émissions télé.

A l’heure où les bookmakers anglais parient gros sur le sexe et le prénom de l’enfant à naître, dans quelques semaines, chez le prince Harry et son épouse Meghan, duc et la duchesse de Sussex – avec une nette préférence pour Diana, Alexandra, Victoria si c’est une fille, Arthur, Edward ou James si c’est un garçon – pourquoi ne pas s’interroger sur l’influence des stars sur le choix des prénoms de leurs enfants?


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

L’Angleterre a ainsi connu ces dernières années des vagues de William, Harry, puis Georges et Charlotte, directement impactées par les naissances princières. Attribuer le prénom d’un prince ou d’une éminente figure de l’actualité à un enfant lui conférerait-il un talisman de héros pour le guider dans sa vie?

Une étude approfondie tend à prouver que les modes de prénoms datent avec une grande exactitude les phénomènes de société. Pour preuve, les nombreux hommages qui ont été rendus toute cette semaine à Luke Perry, décédé à l’âge de 52 ans des suites d’un AVC, et qui s’était rendu célèbre pour son rôle de Dylan dans la série «Beverly Hills».

L’acteur américain a fait rêver une génération entière de téléspectatrices par son rôle dans la série culte en incarnant l’inoubliable Dylan McKay. Un prénom à deux syllabes qui résonne pour beaucoup comme une douce madeleine de Proust, mais qui a également eu un impact inattendu sur la société. Il a inspiré de nombreux parents, fans de «Beverly Hills».

Comment imaginer que les amours tumultueuses de Dylan, ce lycéen bad-boy solitaire, allaient non seulement faire chavirer le cœur de ses admiratrices, mais aussi bouleverser les services d’état civil en France, Belgique, Suisse…

Comme le montre une étude, l'arrivée en 1993 de la série américaine sur les écrans français coïncide avec un pic d'enfants prénommés Dylan. Donné seulement une centaine de fois au début des années 1990, ce prénom est soudainement utilisé 1.665 fois en 1993.

Grâce au succès de Beverly Hills, diffusé sur TF1, la tendance s'impose en France pour connaître son apogée en 1996 avec 6.900 nourrissons baptisés Dylan. L'effet Beverly Hills s'est aussi fait sentir du côté des Brandon et des Brenda, d'autres héros de la série.

A la fin des années 1990, ces prénoms commencent à tomber en désuétude. Avec 3.927 Dylan en 2000, puis 1.145 en 2010, le prénom est depuis en perte de vitesse. Comme avant lui les Kevin, hommage du public francophone à Kevin Costner.

Désormais c’est la règle, les prénoms américanisés rivalisent avec les saints hexagonaux du calendrier et attestent surtout du choix des programmes télévisés au moment de la conception.

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