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La Chronique de Stéphane Bern: La gloire en cendres
Culture 3 min. 01.10.2016

La Chronique de Stéphane Bern: La gloire en cendres

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.

La Chronique de Stéphane Bern: La gloire en cendres

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.
Archives/DR/SEP
Culture 3 min. 01.10.2016

La Chronique de Stéphane Bern: La gloire en cendres

Dans sa chronique hebdomadaire, Stéphane Bern revient sur la mise aux enchères des cendres de Truman Capote, une sorte de "victoire posthume" pour cet homme qui ne rêvait que de célébrité, fortune et de vie mondaine.

Il ne rêvait que de célébrité, de fortune et de vie mondaine, et Truman Capote réalisa ces vœux au-delà de ses espérances avec la publication en 1965 « De sang-froid » dans lequel il écrit pourtant « l’éclat héraldique et les pompes de la puissance, et tout ce que la beauté et les richesses ont jamais donné, attendent pareillement l’heure inévitable : les sentiers de la gloire mènent tous au tombeau ». 

Rendu célèbre par son « Breakfast at Tiffany’s » dont l’héroïne sera incarnée inoubliablement à l’écran par Audrey Hepburn, l’écrivain new-yorkais mourra à 59 ans, malade et ravagé par l’alcool, en 1984. Certes, un inédit l’avait tiré de l’oubli en 2004, puis ici ou là des rééditions de son œuvre, mais Truman Capote aurait certainement jugé son absence dans les médias indigne de lui. 

Une vente aux enchères vient pourtant de le remettre en pleine lumière de façon tout à fait surprenante. Les cendres de l’écrivain américain ont été adjugées aux enchères cette semaine à Los Angeles pour la somme de 43 750 dollars (39 000 euros environ).

Conservées dans un coffret de bois japonais, ces cendres appartenaient à Joanne Carson, femme de l’ancien présentateur duTonight Show, l’humoriste Johnny Carson, qui avait été une amie fidèle et chez qui Truman Capote était mort dans sa maison de Bel-Air à Los Angeles. 

L'acheteur reste anonyme

Joanne Carson, morte l’an dernier, expliquait que posséder ces cendres lui «procurait un certain réconfort». Selon la maison d’enchères Julien’s Auctions, spécialisée dans la vente d’objets ayant appartenu à des « icônes et des idoles », Capote, «toujours en mal de gros titre et de mention de son nom dans les journaux», aurait «approuvé à 100 % cette vente».

Il aurait expliqué à Joanne Carsen qu’il ne voulait pas que ses cendres restent inertes sur une étagère. «C’est un moyen particulier d’honorer sa volonté. Les aventures de Truman Capote continuent !» se félicite Julien’s Auctions qui a ainsi dispersé ses cendres plutôt que de les laisser reposer en paix. 

Pour autant, l’acheteur a voulu rester anonyme. «Nous avions des personnes intéressées en Russie, Allemagne, Chine, Amérique du Sud et aux Etats-Unis», précise la maison d’enchères qui s’attendait à voir partir les cendres de l’auteur de Petit Déjeuner chez Tiffany, dont la mise à prix était 2 000 dollars, pour environ 10 000 dollars. 

L’histoire ne dit pas si les restes du plus mondain des chroniqueurs new-yorkais poursuivront leur chemin chez un ami des stars à Hollywood, en Italie, ou sur la côte basque qu’il aimait tant. 

Son ironie légendaire aurait certainement apprécié le fait que parallèlement aux cendres, les vêtements qu’il portait le jour de sa mort ont été adjugés 6 400 dollars (5 700 euros) et deux lots de pilules prescrites par ordonnance ont été cédés à 9 280 dollars (8 270 euros)… Belle victoire posthume, sa gloire est éternelle. 

Et Capote aimait dire : « il m’importe peu que vous écriviez du bien ou du mal sur moi, mais je vous en prie orthographiez correctement mon nom ».

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