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La Chronique de Stéphane Bern: La démocratie couronnée
Culture 3 min. 08.10.2016

La Chronique de Stéphane Bern: La démocratie couronnée

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.

La Chronique de Stéphane Bern: La démocratie couronnée

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.
Archives/DR/SEP
Culture 3 min. 08.10.2016

La Chronique de Stéphane Bern: La démocratie couronnée

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Stéphane Bern réagit cette semaine à la pétition 703, "réclamant un vote par référendum pour statuer sur la forme du régime, monarchie ou république" au Luxembourg.

Churchill disait que « la démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres » même s’il ajoutait, sans illusion, que « le meilleur argument contre la démocratie c'est une conversation de cinq minutes avec l'électeur moyen ».

On est parfois tenté de se poser la question, notamment quand, contre toute logique, tout pragmatisme, voire simplement tout sens commun, un de nos compatriotes veut remettre en question un système qui fonctionne harmonieusement et qui a fait ses preuves pour lui en substituer un plus mauvais.

C’est ainsi qu’un Luxembourgeois a déposé récemment une pétition n°703 réclamant un vote par référendum pour statuer sur la forme du régime, monarchie ou république, dans le cadre de la révision constitutionnelle en cours, sous le prétexte fallacieux que dans la monarchie constitutionnelle le Grand-Duc est désigné par voie héréditaire sans que les citoyens n'aient un droit de regard.

Pour l’heure, cette pétition aurait recueilli seulement 700 signatures. Soit, mais on est aussi en droit de s’interroger sur l’inutilité et le manque de discernement d’une telle démarche. Ces signataires auraient-ils l’œil rivé sur Paris où le président de la République démocratiquement élu par le peuple est crédité, après moins de cinq ans au pouvoir, de 16% d’opinions favorables, fragilisant ainsi sa légitimité populaire ?

D’ailleurs, un récent sondage BVA rapporte qu’un Français sur quatre préférerait avoir un roi à la tête de l’Etat parce que « cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale et sur la stabilité du gouvernement » et ils sont plus de 30% à estimer que cela donnerait une meilleure image de la France dans le monde.

Si les signataires de la pétition ont la France en modèle, on aimerait les inviter à en suivre la vie politique qui ne brille pas par son éclat ! D’autres, parmi les signataires préféreraient peut-être un président désigné par la Chambre des Députés lui réservant ainsi un rôle plutôt honorifique comme cela se pratique en Allemagne ?

Il rejoindrait alors la cohorte des présidents décoratifs dont tous ignorent le nom et qui font peu rayonner leur pays à l’étranger. Cette pétition est donc une curieuse proposition à contre-courant alors que la monarchie grand-ducale n’offre que des avantages pour tout démocrate qui se respecte, d’autant qu’elle a été plébiscitée en 1919.

Le souverain est au-dessus des partis et des intérêts particuliers, il incarne la légitimité historique et la continuité des institutions démocratiques, il porte haut les couleurs du pays à travers le monde et, enfin, il tient son pouvoir symbolique et rassembleur de l’Histoire et non d’une somme arithmétique de voix collectées à grands coups de dollars comme tente de le faire Donald Trump !

La monarchie a fait ses preuves depuis 125 ans au Luxembourg et elle constitue avec la démocratie parlementaire les deux faces d’une même médaille. Faudrait-il rompre cet équilibre harmonieux et fragiliser notre pays ? Cette semaine, le magazine Point de Vue fait ce même constat sur l’Europe des rois. Dans ce monde tourmenté, ils sont un repère aimé et respecté.

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