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La Chronique de Stéphane Bern: L’étoffe du scandale
Culture 2 min. 08.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: L’étoffe du scandale

Stéphane Bern est chroniqueur pour le Luxemburger Wort

La Chronique de Stéphane Bern: L’étoffe du scandale

Stéphane Bern est chroniqueur pour le Luxemburger Wort
Culture 2 min. 08.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: L’étoffe du scandale

Marc VANACKER
Marc VANACKER
Dans sa chronique hebdomadaire, Stéphane Bern fait repasser en revue à sa manière l’édition 2016 du gala du Met de New York, les fameux "Oscars de la mode."

On les appelle « les Oscars de la mode ». Le tapis rouge du Gala du Metropolitan Museum of Art’s Costume à New-York peut faire et défaire une réputation d’élégance ou faire tomber un verdict sans appel sur une innocente star de cinéma.

Organisé chaque année le premier lundi de mai par la papesse de la mode, la redoutable et crainte Anna Wintour, rédactrice en chef du célèbre magazine Vogue, le gala prend prétexte de l’ouverture de l’exposition annuelle du « Costume Institute » - l’édition 2016 a pour thème « Manus x Machina », la mode à l’âge de la technologie - pour récolter des fonds importants au profit de ce département Mode.

Gare au créateur de mode qui refuserait de faire un don généreux : il ne serait plus invité et Anna Wintour lui trouverait soudain moins de talent ! Le droit d'entrée est de 25 000 dollars mais pour ce prix on a la certitude de croiser les plus grandes stars américaines, toutes plus élégantes les unes que les autres. Il est vrai que le tapis rouge du Met’ est la meilleure vitrine du monde, le rendez-vous incontournable pour les marques assurées d’une publicité planétaire.

Et si Anna Wintour et sa fille Bee Shaffer avaient choisi la carte de la sobriété, l’une en Chanel et la seconde en Alexander McQueen, les autres rivalisaient en extravagance et audace.

En l’absence de Rihanna, c’est Beyoncé Knowles qui a assuré le show dans une robe abricot de Givenchy en latex. Dans le style princesse c’est l’héroïne de la série Homeland, Claire Danes qui s'est fait remarquer grâce à sa robe digne de Sissi Impératrice signée Zac Posen. Look bohème chic pour la fille de la princesse Caroline de Monaco, Charlotte Casiraghi en Gucci, mais parmi toutes les stars en robes argentées et fendues, censées incarner le règne de la technologie futuriste, on se demandait ce que faisait, en robe Valentino, la reine Rania de Jordanie qu’on avait vue récemment avec les migrants à Lesbos…

Mais l’édition 2016 du gala du Met de New York n’a pas failli à sa réputation de faire le buzz comme théâtre de toute l'audace vestimentaire des stars. Lady Gaga est apparue en mini-short et bottines aux talons démesurés de l'Atelier Versace, Taylor Swift en Louis Vuitton argenté et sandales spartiates lacées jusqu'au genou… mais la palme revient

à la création Givenchy tout en dentelles et lanières noires qu'a portée Madonna. Un accoutrement qui a suscité des critiques car il laissait la poitrine et le postérieur de la célèbre chanteuse presque à l'air libre.

« Quand il est question des droits des femmes, on en est encore au Moyen Âge. Ma robe avait un sens artistique mais aussi politique », a répondu Madonna sur Instagram dénonçant « le fait que certains pensent qu'une femme ne peut pas exprimer sa sexualité ou se montrer audacieuse après un certain âge prouve bien que l'on vit dans une société sexiste et âgiste ». On ne parle pas de décence moralisatrice, seulement de bon goût et d’élégance de style…

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