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La chronique de Stéphane Bern: L'avis rêvé des stars
Culture 2 min. 11.11.2016

La chronique de Stéphane Bern: L'avis rêvé des stars

Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort

La chronique de Stéphane Bern: L'avis rêvé des stars

Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort
Photo: archive LW
Culture 2 min. 11.11.2016

La chronique de Stéphane Bern: L'avis rêvé des stars

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Cette semaine, dans sa chronique hebdomadaire Dans l'air du temps, Stéphane Bern nous parle de ces stars américaines qui ont soutenu Hillary Clinton... et ont peut-être précipité sa chute.

Par Stéphane Bern

Loin de vouloir ajouter un commentaire aux nombreuses analyses qui tentent de nous expliquer la victoire de Donald Trump et l’échec d’Hillary Clinton aux élections présidentielles américaines, une question mérite pourtant d’être posée: à quoi sert la mobilisation des stars de cinéma et de la chanson, omniprésentes sur les clips de campagne, assurant les premières parties sur scène dans les meetings, ou multipliant leurs avis éclairés sur les réseaux sociaux à destination de leurs fans? 

C’est le grand barnum médiatique avant chaque élection, partout dans le monde. Chaque artiste est sommé de se définir par rapports aux candidats en lice – certains ne se font pas prier et ont l’âme militante – même si leurs talents reconnus comme chanteurs ou acteurs ne leur donne aucune compétence particulière pour analyser la situation politique, plus que n’importe quel autre citoyen du pays…

Aux Etats-Unis, le monde artistique a la gueule de bois. De Meryl Streep en pasionaria de la cause démocrate à la chanteuse Rihanna arborant fièrement un T-shirt à l’effigie d’Hillary, tout Hollywood s’était mis en ordre de marche pour soutenir Madame Clinton contre Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis. 

On ne comptait plus ses soutiens aussi nombreux que dans l’Annuaire des Spectacles ! De Jennifer Lopez à Eva Longoria, de Ben Affleck à Matt Damon, de Julia Roberts ou George Clooney à Salma Hayek, sans oublier Natalie Portman, Sarah Jessica Parker ou encore Anne Hathaway pour le monde du cinéma et Pharrell Williams, Lady Gaga, Beyoncé, Stevie Wonder ou Cher pour l’univers musical, pas une voix n’a manqué à Hillary et même Bruce Springsteen s’est produit pour son dernier meeting de campagne. La victoire annoncée en chantant!

En face, quelques gros bras soutenaient le milliardaire Donald Trump comme l’ex-boxeur Mike Tyson ou Lou Ferrigno, le célèbre haltérophile qui avait connu le succès grâce à la série Incroyable Hulk… Que s’est-il donc passé ?

Assurément, cet élan généralisé du monde artistique et de l’intelligentsia, tous ces grands esprits new-yorkais et californiens, a encore renforcé l’opinion générale du public qu’Hillary Clinton était la candidate de l’establishment, l’amie des stars déconnectée du monde réel et des inquiétudes de l’Amérique profonde.

Cette cohorte de célébrités glorifiant unanimement la candidate démocrate a signé le rejet du peuple américain. Non qu’il se détourne de ses idoles ou de ses icônes, mais il a voulu envoyer un message fort à ces personnalités privilégiées: «que savez-vous de l’Américain moyen?».

La chanteuse Miley Cyrus, qui avait menacé de quitter le pays en cas de victoire de Trump, a publié une vidéo sur son compte Twitter dans laquelle elle pleure en reconnaissant Donald Trump comme nouveau Président des Etats-Unis. «Nous devons accepter les gens comme ils sont. Alors, Donald Trump, je vous accepte et même si c’est difficile à dire, je vous accepte comme Président des Etats-Unis».

Un aveu qui sonne comme acte de contrition. Les étoiles doivent seulement éclairer le ciel.  


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