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La chronique de Stéphane Bern: L’autre ballon d’or
Culture 3 min. 27.11.2017

La chronique de Stéphane Bern: L’autre ballon d’or

David Beckham

La chronique de Stéphane Bern: L’autre ballon d’or

David Beckham
Culture 3 min. 27.11.2017

La chronique de Stéphane Bern: L’autre ballon d’or

Chaque week-end, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient cette fois sur la "retraite" du joueur de football David Beckham, qui a monté son propre business après avoir raccroché les crampons.

Par Stéphane Bern

Après 20 ans de carrière et presque autant de grandes victoires et trophées accumulés, le footballeur britannique David Beckham a annoncé en mai 2013 sa retraite. 

Quatre ans plus tard, bien qu'il ne joue plus, l'un des noms et des visages les plus connus à l'intérieur et à l'extérieur des stades reste l'un des footballeurs les mieux payés de la ligue anglaise. La seule différence est qu’il ne tire plus ses revenus d'un club, mais seulement de lui-même. 

S’il a raccroché les crampons et s’est mis sur la touche des pelouses, sa petite entreprise personnelle ne connaît pas la crise, et même n’aura jamais été aussi prospère. Adieu le footballeur, bienvenue à l’homme d’affaires qui, lui, ne revendique aucun droit à la retraite ! 

Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort
Stéphane Bern, chroniqueur pour le Luxemburger Wort
LW

A ce jour, la fortune personnelle de David Beckham est estimée par les médias britanniques – toujours enclins à jouer les comptables - à environ 185 millions d'euros, et au cours des cinq dernières années il a gagné 50 millions. 

Mieux, pour la seule année 2016, il a reçu un salaire de plus de 14 millions, soit environ 39 000 euros par jour. Et quel est l'employeur principal de l'ancien joueur du Real Madrid ? Lui-même… Sur sa déclaration de revenus il est précisé qu’ils sont les fruits de "l'exploitation du nom et des droits de l'image de David Beckham". 

C'est-à-dire que les accords publicitaires qu'il maintient avec le whisky Haig Club, la marque de vêtements H & M et la marque de sport Adidas, ainsi qu'une autre série d'événements spécifiques qu'il peut avoir, lui procurent un revenu qui se chiffre en millions, auquel s'ajoutent les bénéfices comme actionnaire de sociétés dans lesquelles il a habilement investi. 

Là où le bât blesse, c’est qu’en dépit du bon état de son économie personnelle, sa société Footwork Productions Limited, basée à Londres, a déclaré des pertes de ventes de sept millions d'euros. Et sa femme, Victoria Beckham, ne va pas mieux non plus dans son entreprise. 

La société de mode que l'ancienne Spice Girl a créée en 2008 a certes acquis un prestige international et est l'une des marques préférées des autres célébrités, mais elle est économiquement en baisse depuis un an. Si en 2015 elle a réalisé un bénéfice de 40 millions d'euros, en 2016, son mari a dû consentir un prêt de 5,8 millions pour contenir les pertes qui s’élevaient à peu près au même niveau. 

Aussitôt, un représentant financier du couple s’est empressé d’expliquer que ce n'était pas un prêt de mariage, ni un sauvetage personnel du footballeur à l'entreprise de son épouse, mais que leurs entreprises font partie d'une holding que détiennent à parts égales David et Victoria avec XIX Entertainment, l'agence de représentation de Simon Fuller qui s’occupe à la fois des deux, des autres Spice Girls et d'autres designers. 

C'est "ce qui peut impliquer un mélange de dette bancaire, de prêts inter-sociétés ou de placements en actions" dit-il, pour justifier le faible taux d’imposition du couple qui dribble avec les déficits commerciaux. 

Et, précisément, ces activités imbriquées entre entreprises intéressent au plus haut point le gouvernement britannique, non pour les donner en exemple, mais pour les sommer de mettre

leurs comptes en ordre sous peine de les contraindre à fermer leurs entreprises respectives. Qui pourra reprocher au footballeur anglais le plus populaire de tous les temps d’avoir mis à profit sa stratégie offensive sur le terrain pour s’assurer à 42 ans une retraite dorée qui fait rêver ses compatriotes ?