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La chronique de Stéphane Bern: L'aigle et le lys
Culture 3 min. 28.04.2018

La chronique de Stéphane Bern: L'aigle et le lys

La chronique de Stéphane Bern: L'aigle et le lys

AFP
Culture 3 min. 28.04.2018

La chronique de Stéphane Bern: L'aigle et le lys

Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient cette semaine sur la rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump aux Etats-Unis.

Depuis que Donald Trump s’est trouvé un nouvel ami le 14 juillet dernier, non seulement il rêve de son défilé militaire programmé le 11 novembre, mais il ne veut plus parler qu’à Emmanuel Macron en Europe. 

Pris d’affection pour le président de la République Française, il ne cesse de lui marquer des signes d’affection, quitte à troquer l’accolade pour des embrassades effusives, des mains dans la main ou même l’époussetage d’hypothétiques pellicules pour mieux clamer combien «il est parfait !». 


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

Cette romance diplomatique des présidents français et américain – qui n’empêche pas les discussions franches sur le nucléaire iranien ou le protectionnisme commercial – a connu son point d’orgue mardi soir, lors d’un fastueux dîner d’Etat en l’honneur des Macron et qui a réuni 130 invités à la Maison-Blanche, décorée de branches de cerisiers en fleurs. 

Unis dans l’amitié de George Washington et du général de La Fayette, les deux couples présidentiels ont célébré les retrouvailles franco-américaines, Brigitte Macron en robe Vuitton couleur crème et Melania Trump en longue robe lamée griffée Chanel. Protocole américain oblige, les deux hommes sont en smoking, comme quoi même le chef de l’Etat français peut porter un nœud noir sans accentuer la colère sociale! 

Pour sa première visite d’Etat depuis le début de l’ère Trump organisée à la Maison-Blanche, Melania avait mis les petits plats dans les grands: elle avait choisi pour code couleur les tons «crème et or» pour cette soirée dans la salle de dîner d'État, située au rez-de-chaussée de la Maison-Blanche. La vaisselle est en porcelaine et les couverts, des maisons Tiffany et S. Kirk and Sons, viennent de la collection de la Maison-Blanche. 

Plus de 2.500 pois de senteur et un millier de lilas sont disposés dans la salle. L'orchestre de l'Opéra national de Washington chargé de l'animation musicale joue «un Américain à Paris» de Gerschwin ou «la vie en rose». Le chef de la Maison-Blanche, Cristeta Comerford présente une «vitrine des meilleures cuisines et traditions américaines, avec des nuances d'influence française». 

En entrée, tarte au fromage de chèvre accompagnée de confiture de tomate, crumble de biscuit au lait de beurre et de jeune laitue colorée. Les légumes viennent du potager de la Maison-Blanche. Le plat propose des côtelettes d'agneau pascal accompagné d'un jambalaya de riz doré de Caroline, cuisiné dans la tradition de la Nouvelle Orléans avec des spécialités cajuns - céleri, piments et oignons - et des petits oignons braisés. Une tarte aux nectarines infusée de miel de la Maison-Blanche et accompagnée d'une glace à la crème fraîche est servie en dessert. 

La sélection des vins «symbolise l'amitié historique» entre les deux pays remontant à la Révolution américaine. En blanc, un Domaine Serene Chardonnay «Evenstad Réserve» 2015, un cépage originaire de Bourgogne et cultivé dans l'Oregon. Le rouge est un Domaine Drouhin Pinot Noir «Laurène» 2014, également de l'Oregon. 

Le plus surprenant pour les quelque 27 personnalités françaises invitées, c’est le carton du menu frappé de la pygargue à tête blanche du sceau présidentiel américain et… d’une fleur de lys or pour représenter la France ! Au total, 130 invités dans la Blue Room triés sur le volet. «Je vais faire payer les tickets, tout le monde veut venir», avait plaisanté M. Trump au téléphone avec M. Macron, juste avant de le recevoir. 

A la table présidentielle, avaient été conviés les hommes d’affaires Bernard Arnault (LVMH) et Tim Cook (Apple). Parmi les autres invités: Ivanka Trump, fille du président, et son époux, Jared Kushner, la directrice du FMI, Christine Lagarde, le chef français trois étoiles Guy Savoy, le couturier français de Melania Trump, Hervé Pierre, le romancier Philippe Besson, le diplomate Henry Kissinger, ou encore l’astronaute Thomas Pesquet… «Des deux côtés de l’océan, il y a deux ans de cela, peu auraient prédit que vous et moi allions nous retrouver à cet endroit», a déclaré Emmanuel Macron dans son toast, sous le portrait d’Abraham Lincoln. 

Reste à savoir, dans ce couple inédit, qui, à l’avenir, mènera la danse.

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