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La chronique de Stéphane Bern: Chef-d’œuvre en péril
Culture 3 min. 16.09.2017

La chronique de Stéphane Bern: Chef-d’œuvre en péril

Le château de La Mothe-Chandeniers

La chronique de Stéphane Bern: Chef-d’œuvre en péril

Le château de La Mothe-Chandeniers
AFP
Culture 3 min. 16.09.2017

La chronique de Stéphane Bern: Chef-d’œuvre en péril

Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient sur les journées du patrimoine en se posant une question: comment apporter sa pierre à l’édifice pour sauver des chefs-d’œuvre en péril ?

En ces Journées Européennes du Patrimoine, il serait peut-être temps de se poser la question: comment apporter sa pierre à l’édifice pour sauver des chefs-d’œuvre en péril que les Etats, pas plus que les propriétaires privés n’ont désormais les moyens d’entretenir ou de sauvegarder.


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

On a ainsi vu le château de Noisy, près de Namur en Belgique, détruit par des pelleteuses, tout comme le château communal de Lagny-le-sec, dans l’Oise. Véritable trésor touristique qui génère une manne de devises, sorte de capital non délocalisable, le patrimoine français est pourtant en danger.

Sur les quelque 30.000 châteaux qui existent en France, quelque 600 sont malheureusement à l'abandon et livrés aux ravages du temps, faute de moyens financiers pour les entretenir.

Un chiffre qui risque d'être multiplié par dix en dix ans si l’on ne fait rien. C’est pourquoi un historien de formation, Julien Marquis, a donc eu l'idée de créer "Adopte un château", une association dédiée à la sauvegarde de ces monuments non seulement pour trouver des fonds, mais aussi pour aider les propriétaires à mettre sur pied des projets viables afin de trouver une solution pérenne pour la survie du château.

"Il faut créer des projets en lien avec la société pour que le patrimoine redevienne vivant", explique Julien Marquis. En quelques semaines, il a réussi à réunir sur une plateforme participative « Dartagnans » quelque 400.000€ pour voler au secours du château Le Paluel situé dans le Périgord noir et qui va être mis aux enchères le 21 septembre prochain.

L’association «Adopte un château» a lancé sur les réseaux sociaux une collecte de fonds pour tenter de racheter le monument. Si assez d’argent est récolté, chaque acheteur de parts à 50€ deviendra copropriétaire. Ce serait alors une première en France. Ils sont déjà près de 5.000 à prétendre au titre de châtelain!

Si elle remporte l’enchère, «Adopte un château» prévoit de fonder une société présidée par un conseil d’administration, dans lequel chaque donateur détiendra une voix. Les copropriétaires deviendront ainsi actionnaires et pourront décider de l’avenir du site.

L’objectif du collectif est en effet d’ouvrir les portes du monument après sa restauration, en le transformant en atelier d’artistes, ou encore en lieu culturel populaire. Si la somme n’est pas réunie d’ici la vente aux enchères, le projet sera abandonné et la totalité des fonds sera remboursée.

Situé sur un coteau dominant la commune de Saint-Vincent-le-Paluel dans le Périgord noir, le château médiéval construit au XIVème siècle est un monument emblématique de la région. Inscrit en 1927 sur la liste du patrimoine historique, le château fut incendié par les troupes allemandes battant en retraite en juin 1944.

Bien qu’en ruines, il servit de décor au film «Le Tatoué», avec Jean Gabin et Louis de Funès, sorti dans les salles en 1968. «C’est une ruine ! » s’écrie Louis de Funès à Jean Gabin qui lui précise «il n’y a ni téléphone, ni eau, ni électricité, il n’y a rien…».

Malgré quelques travaux effectués par son ancien propriétaire en 2010, le château du Tatoué subit toujours l’usure du temps et se trouve ainsi en triste état aujourd’hui. Certaines parties menacent même de s’écrouler.

Pour «Adopte un château», il y a donc urgence à agir afin de mener à bien un chantier de restauration important dans l’espoir de sauver l’édifice. Le message semble avoir été entendu par les Français, attachés à leur patrimoine. Ils savent que laisser tomber en ruines ces pans entiers de l’Histoire, c’est perdre un peu plus de son identité, de sa mémoire, et de sa fierté nationale.

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