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La Chronique de Stéphane Bern: Cannes fait son cinéma
Culture 2 min. 22.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: Cannes fait son cinéma

Stéphane Bern

La Chronique de Stéphane Bern: Cannes fait son cinéma

Stéphane Bern
Archives/DR/SEP
Culture 2 min. 22.05.2016

La Chronique de Stéphane Bern: Cannes fait son cinéma

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
La chronique de Stéphane Bern s'attarde cette semaine sur le festival de Cannes, devenu à ses yeux un défilé commercial où la culture a de moins en moins sa place. "Deux-trois nanas avec des robes à la con et l'on ne parle que de ça", rapporte-t-il de la bouche de l'acteur Gérard Depardieu.

Le Festival de Cannes fait-il encore rêver ? Si les professionnels du septième art se doivent de se retrouver sur la Croisette pour défendre la création cinématographique, force est de constater que l’on parle davantage du défilé des stars sur le tapis rouge que des projections des films dans la salle obscure du palais des festivals.

A défaut de pouvoir citer les films en compétition ou les œuvres des cinéastes, les médias du monde entier se focalisent sur l’incessant défilé du glamour et le seul générique qui passionne vraiment est celui où l’on cite les grands couturiers, les marques de cosmétiques, sans oublier le joaillier Chopard qui réalise les palmes.

Que retenir de cette 69ème édition ? L’étincelante présence de Lily-Rose Depp (en Chanel), fille de Vanessa Paradis (en Elie Saab), aux côtés de Marion Cotillard (en lamé or Dior), mais aussi Julia Roberts à l’âme de rebelle qui, pour sa première apparition sur la Croisette en 25 ans de carrière, est apparue en longue robe noire Giorgio Armani (clin d’œil à Pretty Woman ?) avec une énorme émeraude du joaillier Chopard autour de son cou, s’est avancée pieds sur le tapis rouge, en écho à la polémique de l’an passé contre les actrices sans talons, mais non sans talent.

Autre vedette du festival, l’actrice Blake Lively, venue présenter le dernier opus du maestro américain Woody Allen, « Café Society », montant à quatre reprises les célèbres marches du palais des festivals en éblouissant les photographes à chacune de ses apparitions.

Enceinte de son deuxième enfant avec l’acteur canadien Ryan, l’égérie de L’Oréal n’a visiblement pas boudé son plaisir de se faire photographier dans de très jolies robes griffées Atelier Versace, Vivienne Westwood, Juan Carlos Obando, Chanel, Valentino, Giambattista Valli, avec ses souliers Louboutin aux pieds.

C’est pourtant cette effervescence sur la Croisette qui a visiblement agacé Gérard Depardieu venu à Cannes présenter Tour de France, le nouveau film du jeune réalisateur français Rachid Djaïdani, dans la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs.

Dans une interview Gérard Depardieu se confie sur son désamour pour un festival dont il a présidé le jury en 1992. Selon Gégé, cet événement est un moment « d'hystérie collective complètement infertile (...) Aujourd'hui, le fric prend toute sa place, on est loin du cinéma. Cannes ne mérite pas ça ».

Et d’ajouter avec le franc-parler qui le caractérise, « il y a de beaux films, mais avant de les voir, il y a tant de merde à passer (sic)... Rocco Siffredi monte les marches, deux-trois nanas avec des robes à la con et l'on ne parle que de ça. Les images abreuvent toutes les télés (...) C'est complètement porno. Monter les marches, non merci! » conclut-il.

Peut-on vraiment lui donner tort face à ce qu’est devenu ce festival des égos et ce bal des faux-semblants ? Cannes n’est plus qu’une vitrine commerciale où l’art passe au second plan se lamente Gérard Depardieu qui, dans l’urgence de tourner, déshabille sa pensée et se moque des prudes qui le jugent. Lui joue dans des films sans faire son cinéma.

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