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La chronique de Stéphane Bern: Bel esprit de famille!
Culture 3 min. 05.05.2018

La chronique de Stéphane Bern: Bel esprit de famille!

La chronique de Stéphane Bern: Bel esprit de famille!

AFP
Culture 3 min. 05.05.2018

La chronique de Stéphane Bern: Bel esprit de famille!

Chaque samedi, Stéphane Bern nous livre sa vision de l'actualité dans sa chronique intitulée "L'air du temps". Il revient cette semaine sur la polémique outre-Manche concernant Meghan Markle et son demi-frère qui a adressé une missive au prince Harry pour annuler le mariage royal du 19 mai prochain.

Si l’on en croit un adage populaire, «on n’est jamais trahi que par les siens». A deux semaines du mariage princier anglais qui agite toute la planète, celui du prince Harry de Galles avec Meghan Markle, l’actrice américaine de la série «Suits : avocats sur mesure» fait l’amère expérience d’une famille encombrante qui, furieuse de ne pas être conviée à la noce royale du château de Windsor le 19 mai, règle ses comptes par voie de presse. 


La chronique de Stéphane Bern
Chaque week-end, le célèbre animateur Stéphane Bern nous livre son point de vue sur l'actualité, dans une chronique intitulée "L'air du temps". Retrouvez ici l'ensemble de ses contributions.

Après la demi-sœur Samantha Markle Grant, issue d’un premier mariage de leur père Thomas W. Markle avec Roselyn Grant, qui l’avait décrite comme «intéressée et arriviste», Meghan est désormais célébrée de la pire manière par son demi-frère, Thomas Markle Jr. Le procédé est, avouons-le, des plus indélicats. Il a envoyé au prince Harry une lettre ouverte qui sonne comme un réquisitoire à charge pour l’empêcher d’épouser la jolie brune de 36 ans avant qu’il ne soit trop tard. 

L'homme de 51 ans, né lui aussi du premier mariage de son père et ayant passé le plus clair de son existence dans l’ombre d’une petite sœur plus douée, brillante et intelligente, a publié une lettre ouverte dans InTouch Weekly adressée au prince Harry: «Plus le temps passe, plus il est plus que clair que votre mariage sera la plus grande erreur dans l'histoire des mariages royaux. Meghan Markle n'est de toute évidence pas la bonne personne pour vous. Je ne comprends pas pourquoi vous ne voyez pas la vraie Meghan, celle que le monde entier commence à découvrir». 

Déjà dans de précédentes interviews, Thomas affirmait que Meghan jouait la comédie pour pouvoir entrer dans la famille royale. Il en a remis une couche dans sa lettre: «La tentative de Meghan de jouer le rôle d'une princesse comme le ferait une actrice hollywoodienne de troisième classe commence à être un peu dépassée». Il accuse encore l'actrice de 36 ans d'être «une femme blasée, sans profondeur, vaniteuse» et estime qu'elle se moque du prince de 33 ans et de la famille royale. 

Selon lui, sa demi-sœur a tourné le dos à sa famille pour accéder à ce nouveau statut. Un reproche qu'avait déjà formulé la sœur de Thomas et demi-sœur de Meghan, Samantha Grant, 53 ans. Elle aussi s'était offusquée de ne pas être invitée aux noces alors que 1200 anonymes y ont été conviés. Cette mère de trois enfants, atteinte de sclérose en plaques, a promis de publier un livre sur la «vraie» Meghan Markle, au titre évocateur «Journal de la sœur d’une princesse arriviste», le genre de littérature de caniveau qui se vend en Angleterre et en Amérique et nourrit la presse à scandale. 

Par-delà le sordide de l’affaire, il est utile de s’interroger sur les motivations profondes de Thomas Markle Jr ou de sa sœur aînée. Les jalousies de l’enfance remontent avec le sentiment de frustration de voir la cadette accéder à la gloire cinématographique puis entrer dans l’Histoire en contractant un mariage royal. Il y a derrière les méchancetés énoncées sur la future mariée comme un appel au secours désespéré, le secret espoir d'une impossible réconciliation: «Meghan est toujours ma sœur, elle est de la famille. Quoi qu'il arrive maintenant entre nous, c'est son choix». 

S’il est loin le temps où les épouses princières étaient issues d’un même sérail ou élevées pour ceindre un diadème, le parcours d’une jeune femme comme Meghan, que son biographe Andrew Morton intitule dans un livre «De Hollywood à Buckingham» s’avère bien plus périlleux. Mais si elle triomphe des épreuves et des embûches placées sur son chemin, elle sera assurément la plus heureuse des princesses de la nouvelle génération. 

Car après tout, dans cette Angleterre multiculturelle et multiraciale, la belle métisse a résolument choisi d’abandonner son pays, sa religion, son métier, ses amis, ses activités caritatives, et sa famille pour épouser son prince charmant.

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