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L'Atelier veut retrouver le public
Culture 3 min. 07.10.2020

L'Atelier veut retrouver le public

Même si la salle de la rue de Hollerich sonne encore le vide, Michel Welter et Laurent Loschetter espèrent rebrancher sono et éclairage rapidement.

L'Atelier veut retrouver le public

Même si la salle de la rue de Hollerich sonne encore le vide, Michel Welter et Laurent Loschetter espèrent rebrancher sono et éclairage rapidement.
Photo: Pierre Matgé
Culture 3 min. 07.10.2020

L'Atelier veut retrouver le public

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Plongée dans le silence depuis mars, la salle de concerts piaffe d'impatience de retrouver musiciens et spectateurs. Ce ne sera pas encore pour ce mois-ci, mais en novembre si tout va bien.

(pj avec Thierry Hick) L'Atelier devait reprendre vie ce 8 octobre avec la venue de la polonaise Hania Rani. Mais quand ça ne veut pas... Cette fois, pas question de covid pour justifier le déplacement à la salle Opderschmelz de Dudelange du concert. La faute à l'incendie qui a touché, il y a quelques jours, la cuisine de la salle de concerts de Luxembourg. Depuis fin septembre, l'équipe s’attelle à nettoyer la scène et tout l'équipement technique mais aussi à vérifier le bon fonctionnement de toute l'installation électrique.

Désormais, le grand soir (celui de la réouverture de la salle après huit mois de silence) est programmé pour le 22 novembre. L'affiche prévoit cette fois les Allemands de Faun. Enfin, si la malédiction cesse... Laurent Loschetter et Michel Welter, directeurs de l'Atelier et de A-Promotions, ont appris à vivre avec cette incertitude depuis mars 2020. «Au total, 86 concerts ont été annulés.» Soit près de 146.000 spectateurs privés de live. Avec les tourneurs, la salle de la capitale a toutefois pu s'arranger : 90% des dates ont ainsi été reportées à des dates ultérieures, et 10% de la programmation seulement se retrouve annulée.

«Nous avons été brutalement contraints de nous arrêter», rappelle Laurent Loschetter. «Mais le plus ennuyeux reste l'incertitude et l'insécurité dans lesquelles nous sommes encore aujourd'hui. Combien de temps cela prendra-t-il pour un retour à la normale? Personne n'a la réponse», regrette Michel Welter en écho. Ainsi, huit employés de L'Atelier ont dû être mis en chômage partiel, en attendant des jours meilleurs.

Bien entendu, toutes sortes d'aides ont été demandées. «La communauté et le ministère de la Culture ont une bonne compréhension de notre situation. Le soutien moral est bon en soi, mais nous espérons maintenant plus de mesures financières», témoignent les deux responsables. Heureusement, le bon exercice financier 2019 aide à surmonter la crise. Mais pas éternellement. Et en l'état actuel, il n'est pas envisageable d'organiser un concert avec une tête d'affiche internationale face à un nombre réduit de spectateurs «sans intérêt financier» pour l'opérateur.


Nuit de la culture -  PARADE SOUS-MARINE - Esch/Alzette -  - 14/09/2019 - photo: claude piscitelli
Le covid pousse les événements à se réinventer
Les règles sanitaires pour contrecarrer la pandémie restent en vigueur jusqu'à la fin de l'année. Elles obligent les organisateurs des grands événements à trouver de nouvelles formules.

À partir de novembre, L'Atelier, va toutefois rebrancher les enceintes, rallumer les spots, faire vibrer les ''foules''. Une offensive déjà annoncée depuis août. Il s'agira d'un démarrage progressif, en petite jauge et dans le strict respect des règles sanitaires. «Les grands groupes ou musiciens connus n'ont pas encore repris leurs tournées européennes ou mondiales, ils ne pourront pas jouer chez nous dans un avenir proche. C'est pourquoi nous avons sélectionné d'autres artistes qui ne viendront eux-mêmes que pour une date unique au Grand-Duché», explique Michel Welter. 

En manque

Et puis, pour Laurent Loschetter, il est également important pour L'Atelier de montrer qu'il existe toujours. Même si ces premiers rendez-vous sont «plus une thérapie occupationnelle qu'une affaire de tous les jours», ironise-t-il. Mais la salle sait pouvoir se délocaliser. La solidarité a joué et les soirées programmées pourront se tenir aussi bien à la Philharmonie qu'au centre culturel de Dudelange.

Si le covid leur en laisse la chance, les directeurs entendent «prendre de nouvelles voies, essayer de nouveaux genres et de nouvelles formes de programmes». Quoi, qui, comment? Pour l'instant, aucun détail ne filtre de la salle muette. Une salle en manque de décibels autant que de contacts humains. 

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