«International Percussion Competition Luxembourg»: Rythmes fous au Geesseknäppchen
Le concours de Luxembourg jouit d'une renommée internationale.

«International Percussion Competition Luxembourg»: Rythmes fous au Geesseknäppchen

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Le concours de Luxembourg jouit d'une renommée internationale.
Culture 3 min.10.02.2018

«International Percussion Competition Luxembourg»: Rythmes fous au Geesseknäppchen

Thierry Hick
Thierry Hick

En 2018, place aux duos de percussionnistes: l'«International Percussion Competition Luxembourg» revient ce dimanche au Conservatoire de Luxembourg sur les hauteurs du Geesseknäppchen. 68 musiciens du monde entier participent à cette dixième édition.

par Thierry Hick

Duos, trios ou quatuors: tous les trois ans la composition des ensembles varie. Cette année, place donc aux duos. Tout comme en 1999, lorsque Gustavo Gimeno remporta avec son ensemble Elements une deuxième place.

Ils viennent de différents pays européens et asiatiques, mais aussi des Etats-Unis, du Mexique ou du Brésil. Pour cette année-anniversaire – l'IPCL fête sa dixième édition – ce ne sont pas moins de 68 musiciens qui sont attendus au Conservatoire de Luxembourg.

Créée en 1989, l'IPCL a rapidement su s'imposer sur la scène internationale et donc attirer des candidats des quatre coins du monde. «Notre concours est le seul au monde à s'adresser à un niveau supérieur à des ensembles de percussions et non à des solistes. Ceci contribue largement à sa notoriété», précise non sans fierté Paul Mootz, professeur de percussion  (depuis peu à la retraite) mais avant tout initiateur et président du concours.

En 1999, Gustavo Gimeno (à g.) remporte avec son ensemble Elements une deuxième place.
En 1999, Gustavo Gimeno (à g.) remporte avec son ensemble Elements une deuxième place.
Photo: IPCL

Un seul duo luxembourgeois est au départ cette année: Grey Motion, composé de Béatrice Picard (18 ans) et Pit Dahm (19 ans). «C'est un défi énorme qui nous attend. On va en profiter pour voir comment travaillent les autres ensembles. On figure parmi les plus jeunes participants, on ne peut donc qu'apprendre», explique Pit Dahm, qui actuellement étudie la percussion à Strasbourg. Béatrice Picard passe son bac. «Nous nous préparons depuis six mois à ce concours, le plus difficile a été de trouver des horaires de répétition.»

Un œuvre imposée exigeante

«Nous ne refusons aucun candidat qui se présente à nous», indique le président d'un concours dont la sélection s'opère par le choix des pièces imposées. Pour son anniversaire, le concours avait lancé en 2017 un appel à compositions. La musicienne chinoise Jiaying Zhou soumettra sa composition «Astral Trip» aux participants. Une œuvre exigeante qui élimine les candidats peu motivés ou n'ayant pas le niveau requis, note Paul Mootz.

«La compositrice transcrit la musique de gamelan indonésienne sur des percussions modernes: le concept est très intéressant, mais techniquement très difficile», note Pit Dahm. «Terra X» est une autre œuvre imposée, commandée cette fois-ci par l'IPCL à Alexander Mullenbach, «un compositeur de référence», glisse le président du concours.

Casse-tête logistique

Organiser un concours de percussion avec autant de participants relève du casse-tête logistique. D'autant plus que le concours veut promouvoir la percussion dans toute sa diversité, un choix nécessitant par conséquent un nombre important et diversifié de marimbas, vibraphones, tambours et autres percussions. Certains duos viennent avec leurs instruments, d'autres préfèrent recourir à ceux fournis par l'organisateur.

Les premières éliminatoires débutent le dimanche 11 février. Jusque-là, les ensembles auront eu le temps de répéter à tour de rôle sur la grande scène ou dans différentes salles du Conservatoire. «Cela demande beaucoup d'organisation». Les demi-finales débutent le jeudi 15, la finale est prévue le dimanche. Avec à la clef plusieurs prix et «awards» et quelque 31.000 euros distribués.

Paul Mootz, initiateur et président du concours.
Paul Mootz, initiateur et président du concours.
Photo: Guy Jallay

Pas d'instruments électroniques

Les membres du jury – présidé par le fondateur du concours – auront à départager les candidats. «Notre regard portera sur l'interprétation du texte original et du jeu d'ensemble», note Paul Mootz qui préside un jury qui pour l'instant encore interdit l'utilisation d'instruments électroniques. «Est-ce un bon choix? Le jury va s'interroger sur certains aspects du festival. Même quand tout va bien, il faut savoir se remettre en question. Et ne pas attendre les gros problèmes pour le faire», précise Paul Mootz.

En près de trente années, le président a noté une évolution des candidats qui se présentent. «Le jeu de percussions est devenu plus athlétique et sportif.» De là à dire que l'esprit de performance dépasse le souci d'une interprétation musicale de qualité est un pas que le président hésite – encore – à franchir.

Des éliminatoires à la grande finale du dimanche, toutes les épreuves sont ouvertes au public. «Je ne peux concevoir un tel concours sans public. Même si un jury est là pour juger des candidats, les épreuves sont avant tout des concerts», note Paul Mootz.

10e édition de l'«International Percussion Competition Luxembourg» du samedi 11 au dimanche 18 février au Conservatoire de Luxembourg. Entrée libre à toutes les épreuves. Informations, horaires, détails sur: www.ipcl.lu

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