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«Hotel Numero 25», le quatrième opus de The Disliked: Entrée libre à l'hôtel
Cedric et Raphael évoquent "Hotel Numero 25".

«Hotel Numero 25», le quatrième opus de The Disliked: Entrée libre à l'hôtel

Photo: Serge Waldbillig
Cedric et Raphael évoquent "Hotel Numero 25".
Culture 5 min. 29.08.2014

«Hotel Numero 25», le quatrième opus de The Disliked: Entrée libre à l'hôtel

Les copains de lycée ont bien grandi et s'ils ont pris des routes différentes, la musique les réunit toujours. En ce moment, les membres du groupe luxembourgeois The Disliked enregistrent en Allemagne leur quatrième album «Hotel Numero 25». «Un album moins punk qui correspond plus à leurs aspirations actuelles», selon Cédric et Raphaël et qui devrait sortir au début de l'année prochaine.

Les copains de lycée ont bien grandi et s'ils ont pris des routes différentes, la musique les réunit toujours. En ce moment, les membres du groupe luxembourgeois The Disliked enregistrent en Allemagne leur quatrième album «Hotel Numero 25». «Un album moins punk qui correspond plus à leurs aspirations actuelles», selon Cédric et Raphaël et qui devrait sortir au début de l'année prochaine.

«Adolescents, nous voulions appartenir à la scène skate punk qui était en train de naître au Luxembourg, alors nous avons chacun pris un instrument et fondé un groupe, puis un label, Ashcan Records», se souvient Cédric, le guitariste de The Disliked. «Nous voulions tout pouvoir décider par nous-mêmes. On trouvait ça plus authentique», enchaîne la voix du groupe, Raphaël.

Trois albums sont nés de cette liberté de créer: «Fresh Trash» en 2005, «My parents went to Eldorado and all I got was this lousy Cadillac» en 2008 et «The Royal Show», un live enregistré à l'Inouï à Redange.

«Nous avons bien changé depuis notre premier album, nous sommes plus posés et nous avons peut-être perdu de notre esprit révolutionnaire», constate Raphaël, «c'est très difficile de reproduire notre colère d'ados.»

D'où un quatrième album plus mesuré, «Hotel Numero 25». «Notre musique est comme un hôtel dans lequel on peut rester un temps indéterminé, sans y être obligé. On peut toujours en sortir. Certaines personnes n'en sont pas sorties depuis douze ans», explique Raphaël. Pourtant ces fans de toujours risquent d'être un peu chamboulés. «Ce quatrième album est plus réfléchi et plus calme.»

En effet, le groupe luxembourgeois le peaufine depuis cinq ans et a su créer une harmonie entre moments très rythmés et passages très doux. «Nous ne voulions plus d'un album ska punk classique, c'est pourquoi nous avons intégré des rythmes reggae et hip hop à la batterie. Le chant est également plus mélodieux, moins punk», note Cédric.

«Il y a des moments plus calmes, cela nous permet d'apprécier la musique que nous jouons, de la laisser évoluer... Le punk ne correspond plus à nos aspirations», ajoute Raphaël.

Dans cet hôtel se croisent des destins, des émotions, des personnages, du vécu et des histoires inventées. «Les hôtels sont pleins de gens porteurs d'histoires qui se croisent par hasard. Nous avons vécu de telles rencontres en voyageant», explique Raphaël. Mais pour Cédric cela reflète également la nature du groupe: «Nous vivons tous dans des univers et des pays différents depuis que nous avons quitté le lycée et nous mettons nos vies différentes en commun dans la salle de répétition.»

Ambiances créatives

The Disliked en concert.
The Disliked en concert.
Photo: Daniel Clarens

«Nous ne nous comprenons pas toujours et devons nous mettre à la place de l'autre pour éviter les conflits, même s'ils donnent parfois lieu à des ambiances créatives. Une idée est toujours liée à une émotion. La musique ne peut que profiter des ambiances qui génèrent des émotions», ajoute Raphaël. C'est cette recherche de l'émotion qui pousse les membres du groupe à continuer, à charger en direction du public comme le rhinocéros qui les suit depuis leurs débuts. L'hôtel est donc le personnage principal de cet album. Il accueille des «shadowy guests», des êtres indéfinis qui peuvent être n'importe qui. «Tout le monde porte en soi une histoire complexe et intéressante.»

Pour découvrir l'album de la maturité de The Disliked, cette sorte de «Decamerone» musical, les fans devront attendre le début de l'année prochaine. Actuellement, le groupe est en plein enregistrement avec Kai Stahlenberg au Kohlekeller Studio à Ober-Beerbach en Allemagne. Le groupe y a déjà enregistré ses précédents albums et s'y sent comme à la maison. «Kai est très calme. Il est celui qu'il nous faut pour apporter une structure à notre musique. Nous fonctionnons de manière émotionnelle et lui garde la tête froide. C'est un ingénieur du son hors pair et nous lui restons fidèles», confie Raphaël. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance d'enregistrer du reggae dans un studio dédié au rock.

L'album comportera 14 titres. «Nous les avons retenus parce qu'ils allaient ensemble», lance Raphaël. «Nous avons aussi voulu mélanger les styles. Nous avons alterné les chansons douces et les titres rapides qui nous représentent», embraie Cédric. La sortie de «Hotel Numero 25» sera accompagnée d'une fête que le groupe veut grandiose. Gilles Scaccia, l'artiste differdangeois qui a dessiné le livret et la couverture de l'album, «va réaliser des décors de scène. Ce ne sera pas un concert normal».

Bien lancé, The Disliked n'a pas l'intention d'en rester là. Il se murmure que le chanteur et le bassiste travailleraient en parallèle sur la suite d'«Hotel Numero 25». Raphaël, promet: «Nous n'attendrons plus cinq ans avant de sortir notre album suivant.»

Sophie Kieffer


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