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Frontaliers, vous l'avez sûrement croisée: Dans l’œil de Vee, photographe #dansmonTER
Culture 5 min. 12.08.2016 Cet article est archivé

Frontaliers, vous l'avez sûrement croisée: Dans l’œil de Vee, photographe #dansmonTER

Véronique est prête à passer devant l'objectif pour les besoins de son projet photo.

Frontaliers, vous l'avez sûrement croisée: Dans l’œil de Vee, photographe #dansmonTER

Véronique est prête à passer devant l'objectif pour les besoins de son projet photo.
Twitter VeeKay_1
Culture 5 min. 12.08.2016 Cet article est archivé

Frontaliers, vous l'avez sûrement croisée: Dans l’œil de Vee, photographe #dansmonTER

Elle arpente les rails reliant la France et le Luxembourg depuis 15 ans. Véronique, "VeeKay" pour la communauté virtuelle, réalise des photos #dansmonTER et connait le succès sur les réseaux. Elle a décidé d'aller plus loin et de réaliser des portraits photo de ces frontaliers, bientôt regroupés sur un blog. Rencontre.

Par Sophie Wiessler

Ils sont chaque jour des milliers à emprunter les transports en commun, et plus particulièrement le TER, pour se rendre au Luxembourg. Ils travaillent dans la finance, la vente, le droit... et ont tous la particularité de venir depuis la France pour travailler au Grand-Duché. On les appelle plus communément des frontaliers. «Frontrainliers» même, en référence aux trains qu'ils empruntent quotidiennement.

Ce sont 19.000 personnes, qui se côtoient tous les jours, sans jamais vraiment se connaître. Parmi eux, une jeune femme, grande passionnée de la photographie. Son nom? Véronique. "Vee" pour la communauté virtuelle du TER. Elle arpente les rails reliant la France et le Luxembourg depuis plus de quinze ans. Et s'est fait connaître de la communauté des usagers TER_Metz-Lux (très active sur les réseaux sociaux) grâce à ses photos prises dans le train.

Une photo publiée par Vee Kay (@vee_kay_vk) le


Des instants de vie, capturés en un cliché, qu'elle diffuse sur son compte Instagram. Des photos que tous les voyageurs connectés à leur smartphone ont déjà vu passer dans leur fil d'actualité. «On me connaît sans vraiment me connaître en fait», explique en souriant Véronique.

Cette grande baroudeuse a fait des études de langues, avant de devenir enseignante au Royaume-Uni. Véronique a beaucoup voyagé avant de poser ses valises près de Metz, où elle vit désormais. Le déclic pour la photographie lui est venu lors d'un voyage (oui encore un) aux Etats-Unis. «J'ai investi dans un appareil photo pour vraiment réaliser un album souvenir de ce beau voyage. J'ai réalisé mes clichés et je me suis rendu compte que j'aimais vraiment beaucoup faire des photos».

Depuis, l'amie qui fait les photos en soirée, c'est elle. «Je suis celle qui fait des photos tout le temps. Je réalise beaucoup de portraits en privé. Je n'aurais jamais imaginé il y a quelques mois de ça, réaliser des photos quotidiennes avec mon smartphone», détaille-t-elle. Ces photos lui permettent pourtant de dévoiler un peu de son quotidien, son monde aux internautes. Et de déstresser.

«Je relâche la pression en faisant des photos. Parce que tu es obligée de te calmer pour en prendre. Et dans le train, ça m'amuse aussi. J'imagine une vie à toutes ces personnes autour de moi. J'ai une imagination débordante! Et on s'ennuie dans le TER. Mais maintenant que je fais ces photos, je ne m'ennuie plus», explique Vee.

Avec le hashtag #dansmonTER, elle commence donc à se faire connaître sur les réseaux sociaux. Et puis un jour, Vee veut aller plus loin.

Connaître les gens du train, en dehors du train

Tout est parti d'un simple tweet. D'une envie de longue date de commencer un projet photo sur les frontaliers. «Tout le monde m'a dit: et bien fais-le, allez vas-y. C'est une super idée, tu devrais te lancer. On m'a presque obligée en fait», explique-t-elle en riant.

«Je veux avant tout connaître les gens. L'idée c'est d'humaniser ce TER, et savoir qui se cache derrière ces personnes qu'on voit chaque jour. Et puis j'ai remarqué qu'au final, les gens sont demandeurs: ils veulent faire des rencontres et ce projet-là le permet.» 

Derrière ces photos, Vee veut avant tout mettre en place un projet «humain». Elle part donc à la rencontre des voyageurs, en les rencontrant dans un cadre privé un par un et les fait poser pour une série de photos visant à les mettre en valeur, à mettre en avant leur personnalité.

La jeune femme occupe ses voyages en train à prendre le monde et les personnes qui l'entourent en photo.
La jeune femme occupe ses voyages en train à prendre le monde et les personnes qui l'entourent en photo.
VeeKay_1

«J'ai déjà quelques séances avec des personnes. On discute, j'apprends à les connaître et ensuite je leur propose une mise en scène, qui doit leur ressembler.» 

Car l'idée est là: à quoi ressemble ce jeune homme en costume que je vois toute la semaine, une fois le week-end arrivé? Est-il un passionné de basket ou au contraire préfère-t-il geeker devant son ordinateur? Grâce à Vee, les usagers en apprendront un peu plus sur leurs congénères.

«Humainement je m'éclate»

«Humainement je m'éclate grâce à ce projet»: Vee ne cache pas son enthousiasme. La jeune femme souhaite réellement «démystifier» les personnes du TER. Et ça marche. «J'ai déjà réalisé quelques photos et je dois dire que j'ai été à chaque fois surprise. Un homme que je voyais très carré, qui, pour moi, n'avait pas l'air drôle du tout, s'est avéré doux comme une crème et très drôle! C'est ça aussi: abattre les clichés, montrer le vrai visage de ces voyageurs», raconte-t-elle.

«Il m'a ouvert les portes comme si on se connaissait depuis toujours. J'ai fait de formidables rencontres grâce à cette «communauté TER». Chaque personne a quelque chose de beau en soi et c'est ce que je veux faire ressortir. Je ne suis pas là pour faire de sales photos, au contraire!»

Pourquoi pas vous?

A l'heure actuelle, une quinzaine de personnes participent déjà au projet de Véronique. Majoritairement des hommes. «J'aimerais avoir davantage de filles, je veux que ce soit équitable», glisse-t-elle en riant. 

L'idée est de publier ces portraits sur un blog, dédié aux frontaliers et aux photos de Vee. «Je pense le lancer mi-août. Il y a eu déjà un milliard de changements depuis mon idée de base, ça n'arrête pas d'évoluer! Mais je veux échanger avec les usagers et me faire plaisir avant tout, aucune pression».

Le premier post de ce tout nouveau blog est déjà prêt: Vee expliquera sa démarche et son parcours, en quelques mots, pour montrer sa motivation par rapport à ce projet. Un projet qu'elle espère perdurer le plus longtemps possible. «L'idéal serait de faire ça sur une année. Avoir chaque semaine, une série de portraits de frontaliers à publier. 

Et puis, c'est rare mais... Je passerai moi aussi devant l'objectif! Et des personnes plutôt connues de la communauté TER sur Twitter ont aussi accepté de se prêter au jeu. Je trouve ça fantastique parce que moi à leur place, j'aurais dit non», souligne-t-elle, sourire aux lèvres.

Seul critère pour pouvoir participer: être frontrainlier bien évidemment.


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