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Festival: Sonic Visions: une jeune scène en ébullition
Culture 58 3 min. 21.11.2017

Festival: Sonic Visions: une jeune scène en ébullition

Culture 58 3 min. 21.11.2017

Festival: Sonic Visions: une jeune scène en ébullition

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Le Sonic Visions à Esch-Belval a réuni durant trois jours de conférences et de concerts 550 professionnels et des amateurs concernés par l’industrie musicale.

Par Arnaud Magrini

Le Sonic Visions à Esch-Belval a réuni durant trois jours de conférences et de concerts 550 professionnels et des amateurs concernés par l’industrie musicale. L’occasion de découvrir les mutations technologiques, réglementaires et professionnelles du secteur.

Le festivalier était accueilli devant les hauts fourneaux par un «Food village» comprenant une demi- douzaine de trucks de différentes tailles. Un lieu convivial qui incitait à l’échange informel entre participants – pour la plupart des trentenaires ou jeunes quadragénaires – avant que les plus jeunes n’arrivent pour les concerts du soir.

On s’engageait ensuite plus profondément dans la structure qui impose par sa hauteur. Cette lourdeur était allégée par le partenariat avec les illuminateurs de la Nuit des lampions à Wiltz.

Au milieu des bassins d’eau étaient installées des structures légères, de différentes tailles, éclairées et qui attiraient le regard, de même que les lampions au-dessus des têtes. De quoi oublier l’imposante masse brute des hauts fourneaux. On pouvait regretter que ce beau travail de décoration se soit limité à l’entrée du festival.

Des lignes qui bougent

Le thème réunissant les conférenciers et les professionnels cette année s’intitulait «Tomorrow’s Music Experience» et abordait des sujets variés qui touchent à tous les secteurs de l’industrie de la musique – de la création à la communication en passant par la production et la distribution.

Un beau panel de personnalités du pays ou de l’étranger était au rendez-vous pour animer les discussions. La valeur ajoutée était la variété des domaines abordés et, pour chaque point, des speakers de différents univers. Ce mélange a permis d’avoir une bonne vue d’ensemble des problématiques et de faire un lien avec les réalités luxembourgeoises.

La mutation contemporaine de l’industrie musicale était mise en évidence par la dichotomie entre certains acteurs traditionnels et d’autres plus avant-gardistes. On connaît l’importance de la protection des droits d’auteurs pour lesquels s’engagent des sociétés de gestion comme la Sacem.

Celles-ci sont aujourd’hui confrontées à une entité grandissante qu’est l’internet et le big data. Ne pouvant se mesurer seules face à ce géant, ces sociétés de gestion tentent de s’associer en Europe en fondant Armonia et en mettant en place des partenariats avec IBM pour répondre technologiquement au défi. A côté de ce conglomérat émergent d’autres acteurs plus visionnaires.

L’un des temps forts du Sonic Visions a été l’intervention de Benji Rogers et Imogen Heap devant plus d’une centaine de personnes. Ils ont su capter l’attention du public par la présentation de «business models» innovateurs comme le «Block Chain».

Ces deux pionniers prennent à contre-pied la problématique des droits d'auteurs liés à la création. Ils prônent la décentralisation au lieu d'une centralisation des informations. Cette approche doit permettre de renforcer la sécurité tout en donnant un large accès aux informations, sans multiplier les intermédiaires.

Showcase à taille humaine

L’avantage du Sonic Visions est sa taille intimiste, comme l’a observé Marcus Rüssel, CEO de Gigmit. Ce trentenaire au look décontracté est venu de Berlin pour expliquer avec le directeur de la Rockhal, Olivier Toth, le projet INES, qui vise à créer un réseau européen des festivals showcases. L’espace dédié aux conférences, débats, tables rondes, workshops et speed meetings était bien agencé.

Quant aux concerts, on peut saluer le travail technique touchant aux sons et lumières ainsi que l’agencement des deux petites salles intimistes qu’étaient la «Massenoire» et la «Furnace Stage». Deux lieux qui ont bien mis en évidence les groupes en devenir comme Atum Nophi, Superorganism, Faon Faon, Them Lights ou Pauli.

La grande scène open air, avec sa voûte de plus de 30 mètres bien éclairée, a impressionné plus d'un festivalier. Faute de headliners, l’espace n’était jamais cependant suffisamment rempli.


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