Changer d'édition

Sébastien Grébille, violoniste de métier, photographe de coeur
Culture 3 min. 30.11.2017 Cet article est archivé
Exposition

Sébastien Grébille, violoniste de métier, photographe de coeur

L'exposition «Another World» est visible jusqu'au 17 décembre.
Exposition

Sébastien Grébille, violoniste de métier, photographe de coeur

L'exposition «Another World» est visible jusqu'au 17 décembre.
Carlo NILLES
Culture 3 min. 30.11.2017 Cet article est archivé
Exposition

Sébastien Grébille, violoniste de métier, photographe de coeur

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Lorsqu'il n'est pas sur scène avec l'Orchestre philharmonique du Luxembourg, il parcourt le monde à la recherche de la bonne image. Musicien, Sébastien Grébille est aussi photographe. Actuellement il expose sa série «Another World» au Moulin de Beckerich.

Par Thierry Hick

Sébastien Grébille est deuxième violon à l'OPL, un orchestre qu'il a rejoint en 2001. Ce premier job qui lui a aussi fait découvrir une nouvelle passion: la photo. «Au cours d'une tournée, j'ai pu observer un photographe suivant notre orchestre. Ceci m'a incité à me lancer dans la photo, j'ai ensuite tout appris sur le tas», résume le violoniste Sébastien Grébille.

Au fil du temps, le musicien-photographe a affiné son regard et a attaqué avec «Another World» un projet d'envergure, qui aujourd'hui s'articule autour d'une longue série d'images de paysages naturels. Jusque-là rien de bien inhabituel, si ce n'est une touche toute personnelle du photographe. Sébastien Grébille travaille avec un filtre noir et choisit des temps de pose longs, voire très longs. «Jusqu'à 15 minutes», explique le photographe.

Le but recherché? Jouer avec les éléments naturels et transformer leurs représentations sur le papier. «Le ciel, l'eau peuvent prendre des apparences laiteuses, les bâtiments deviennent étranges, fantastiques. Le sujet central, du fait de la longue exposition choisie, doit être d'une netteté irréprochable».


Sébastien Gebrille a rejoint l'Orchestre philharmonique de Luxembourg (OPL) en 2001.
Sébastien Gebrille a rejoint l'Orchestre philharmonique de Luxembourg (OPL) en 2001.
Photo:Gerry Huberty

A la recherche du spot idéal

Sébastien Grébille profite de ses congés de symphoniste pour parcourir le monde à la recherche du spot idéal pour ses prises de vue. «Comme un visiteur de la planète, je recherche, loin du tourisme de masse, des lieux désertés ou inhabités. Je ne pars jamais à l'improviste, mes recherches sont toujours ciblées.» Récemment il a fait un aller-retour d'une journée à Porto pour «une seule et unique photo». Un séjour de quatre jours aux Etats-Unis s'est soldé par trois ou quatre photos seulement.

«Il faut trouver le bon emplacement, le bon cadrage, la bonne lumière, la bonne position des nuages. De nombreux facteurs entrent en jeu.» D'autant plus qu'aux quinze minutes d'exposition vient s'ajouter le même laps de temps de traitement numérique de l'image.

Son projet «Another World» l'a déjà conduit en Islande, au Japon, aux Etats-Unis et devrait prochainement lui faire rencontrer les aborigènes de Louisiane. Où qu'il soit, le but premier du photographe est de montrer la nature dans toute sa beauté – souvent sous un angle inattendu et poétique. Les propos ne sont jamais militants.

Le regard du musicien

Lorsqu'il n'est pas en voyage d'exploration ou qu'il ne joue pas avec ses collègues de l'OPL, Sébastien Grébille se «cache» régulièrement dans la régie du grand auditorium de la Philharmonie. Appareil de photo au poing, il traque les faits et gestes des chefs et orchestres invités. Ses clichés de concerts sont régulièrement publiés dans la presse ou viennent enrichir l'imposante galerie de portraits accrochés dans la cafétéria de la Philharmonie. «Autant de témoignages de la venue des plus grands chefs et orchestres qui ont partagé une même scène».

«Etant musicien, j'apporte peut-être un autre regard, plus précis. Et je fais sans doute très attention à certains détails – comme par exemple, cadrer les deux mains d'un chef ou d'un musicien.»

La photo de concert requiert-elle autant de patience qu'une photo de paysage? «Certainement, ici aussi il faut attendre le bon moment, la bonne lumière ou le bon geste. Chaque détail peut faire la différence, il faut être capable d'attendre».

«Another World», photos de Sébastien Grébille à la «Miller Galerie», Moulin de Beckerich, jusqu'au 17 décembre, du mercredi au dimanche de 14 à 20 heures. Infos: www.dmillen.lu

Suivre le travail de Sébastien Grébille  sur son site internet: www.sebastiengrebille.com   


Sur le même sujet

«Imperium Romanum» au MNHA
Le photographe autrichien Alfred Seiland nous entraîne sur les traces de notre passé, auprès des vestiges laissés par les Romains lorsqu'ils régnaient sur une partie du monde.
Imperium Romanum