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En vue de la Luxembourg Art Week 2017: Recadrage pour le Cercle Artistique de Luxembourg
Culture 5 min. 24.03.2017

En vue de la Luxembourg Art Week 2017: Recadrage pour le Cercle Artistique de Luxembourg

En vue de la Luxembourg Art Week 2017: Recadrage pour le Cercle Artistique de Luxembourg

Photo: Chris Karaba
Culture 5 min. 24.03.2017

En vue de la Luxembourg Art Week 2017: Recadrage pour le Cercle Artistique de Luxembourg

Marie-Laure ROLLAND
Marie-Laure ROLLAND
Comment assurer la pérennité de la Luxembourg Art Week, qui a attiré l'année passée 11.900 visiteurs mais dont le financement pose problème? Le Salon du Cercle Artistique de Luxembourg est sur la sellette.

Par Marie-Laure Rolland

Comment assurer la pérennité de la Luxembourg Art Week, qui a attiré l'année passée 11.900 visiteurs mais dont le financement pose problème? Telle est la question actuellement en discussion dans les coulisses de la scène culturelle.

«Pour moi, la solution est d'installer le Salon du Cercle artistique de Luxembourg au Tramsschapp. C'est à 150 mètres de la Halle Victor Hugo. Les artistes luxembourgeois pourraient bénéficier de la dynamique de la manifestation sans avoir les contraintes d'un événement qui ne dure qu'un long week-end». Le galeriste Alex Reding, principale cheville ouvrière de la Luxembourg Art Week qui aura lieu cette année du 3 au 5 novembre, sillonne depuis plusieurs semaines le pays en costume de diplomate. Il sait que le message n'est pas évident à faire passer.

Luxembourg Art Week 2016.
Luxembourg Art Week 2016.
Photo: Chris Karaba

Depuis la première édition en 2015, le Salon du Cercle Artistique de Luxembourg (CAL) fait partie intégrante de la Luxembourg Art Week. Il a permis de créer une certaine dynamique en attirant dans la Halle Victor Hugo le tout-Luxembourg qui fréquente chaque année le Salon. Ce public s'est croisé avec la clientèle plus internationale attirée par les galeries luxembourgeoises et étrangères de la foire d'art contemporain.

Cette formule était valorisante pour les artistes luxembourgeois puisqu'elle les faisait jouer dans la même «league» que les galeries à ambition internationale. Le public non averti ne voyait pas nécessairement de différence entre les cimaises du Salon du CAL et celles des galeries.

Un financement qui pose problème

C'est Alex Reding qui assume le risque financier de la manifestation dont le budget se chiffrait l'année passée à plus de 300.000 euros. Et il ne cache pas qu'il y a laissé quelques plumes lors de la première édition en 2015. L'année passée, l'exercice a été équilibré mais ne lui a pas permis de renflouer le déficit de 2015.

Salon "Take off" dans le cadre de la Luxembourg Art Week 2017.
Salon "Take off" dans le cadre de la Luxembourg Art Week 2017.
Photo: Anouk Antony

Il faut dire que pour la première fois était organisé, à l'initiative et avec le soutien financier du ministère de la Culture, le Salon «Take off» pour soutenir la jeune scène culturelle. Des jeunes galeristes ou collectifs d'artistes ont eu la possibilité d'exposer des oeuvres à moindre coût dans une tente sur le parking jouxtant la Halle Victor Hugo. Cette formule n'a pas fait ses preuves, d'après l'organisateur. «Les frais de chauffage ont fait exploser le budget. Par ailleurs, on ne peut pas dire que les conditions d'exposition étaient optimales pour les artistes, au niveau de l'éclairage ou de l'atmosphère générale».

De fait, les échos recueillis auprès de certains artistes lors de la manifestation montraient que si certains ont bien vendu, tous n'ont pas été convaincus par l'expérience qui consistait à assurer une présence personnelle pendant cinq jours au milieu des courants d'air.

Rapatrier le salon "Take off"

L'idée de l'organisateur est de rapatrier le Salon «Take off» dans la Halle Victor Hugo en étant plus sélectif sur les exposants. «Il s'agira soit de jeunes galeries, soit de collectifs qui présentent un vrai projet artistique», dit-il. Ceux-ci devraient payer un ticket de présence moins élevé que les galeries d'envergure internationale, mais cela permettra à l'organisateur d'encaisser davantage que le forfait dont devait s'acquitter le CAL.

Salon "Take off" dans le cadre de la Luxembourg Art Week 2016.
Salon "Take off" dans le cadre de la Luxembourg Art Week 2016.
Photo: Anouk Antony

Le déplacement du Salon va en outre libérer de la place qui devrait permettre de faire venir davantage de galeries internationales.

Tout cela ne serait-il qu'une affaire de gros sous? Alex Reding s'en défend. La Luxembourg Art Week est à ses yeux un outil qui permet de structurer la scène artistique, qui vient combler un manque. «C'est un endroit où peuvent se rencontrer les artistes, les collectionneurs, le public, les associations, les institutions culturelles du pays».

Il souligne aussi la dynamique qui se met en place au niveau de la Grande Région. Un programme touristique «Est-Express» va voir le jour en partenariat avec le Centre Pompidou-Metz pour attirer les touristes intéressés par l'art contemporain.

Réflexions en cours

Le président du CAL, Marc Hostert, ne se dit pas hostile à cette nouvelle option. D'après nos informations, le Tramsschapp serait d'ailleurs d'ores et déjà réservé. Le président observe néanmoins qu' «il y a encore des points à clarifier». Sur le fond, il réaffirme son soutien à la Luxembourg Art Week. «Cette manifestation a du sens car elle met le Luxembourg sur la carte européenne des foires d'art contemporain. Elle est un succès et nous souhaitons y rester associés aussi longtemps qu'elle se tiendra».

Il n'entend pas pour autant lier l'avenir du Salon, qui fêtera en 2018 son 125e anniversaire, à cette seule manifestation. «Je n'ai pas envie de devoir renégocier chaque année l'endroit où se tiendra le Salon du CAL. Je veux une solution pérenne qui nous permette de dédier notre énergie à notre véritable vocation, à savoir la promotion des artistes luxembourgeois». L'option du Tramsschapp lui semble intéressante. «C'est un bel endroit qui présente l'avantage d'être à proximité de la Halle Victor Hugo. Cela nous permettrait aussi d'exposer plus longtemps».

Lydie Polfer: "C'est au CAL de décider"

Interrogée sur l'option Tramsschapp, la bourgmestre de la ville de Luxembourg, Lydie Polfer indique pour sa part que «c'est au CAL de décider. S'il y est favorable, alors nous le soutiendrons comme nous l'avons toujours fait par le passé». Elle dit comprendre la préoccupation de l'association de disposer d'une solution pérenne pour le Salon et se veut ouverte à la discussion. Elle précise enfin que la Ville de Luxembourg prête gratuitement ses locaux pour les expositions du Salon du Cercle artistique.

A en croire Marc Hostert, la question du coût n'est toutefois pas réglée. «On croit que le Salon renfloue nos caisses. Or il nous coûte de l'argent». Il déplore que la subvention du ministère de la Culture ait été «drastiquement revue à la baisse» ces dernières années.

D'après nos informations, le CAL dispose d'une Convention avec l'Etat qui lui alloue actuellement 25.000 euros contre 52.500 euros en 2014, année durant laquelle la ministre de la Culture de l'époque, Maggy Nagel, avait rendu public dans le détail le montant des subsides qui «arrosaient» la scène culturelle.


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