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Des tournages de films sous très haute surveillance
Culture 4 min. 07.09.2020

Des tournages de films sous très haute surveillance

Il y a un an, le tournage du film «Les blagues de Toto» s'était tenu à Mamer dans des conditions de travail complètement différentes.

Des tournages de films sous très haute surveillance

Il y a un an, le tournage du film «Les blagues de Toto» s'était tenu à Mamer dans des conditions de travail complètement différentes.
Photo: Pierre Matgé
Culture 4 min. 07.09.2020

Des tournages de films sous très haute surveillance

Avec optimisme, mais aussi avec précaution et surtout sous contrôle très étroit, le secteur de l'audiovisuel a repris prudemment après de longs mois de mise à l’arrêt forcée.

(ER avec thi) -  Samsa Film dans une vieille ferme à Fischbach, Amour Fou Films dans un appartement à Belair et sur les rives de la Moselle, Iris Productions dans les studios de Filmland de Kehlen: les tournages de films refont petit à petit surface. Mais la prudence reste de mise. La moindre imprudence, le moindre cas de covid-19 peuvent entraîner la fermeture d'un set voire l'arrêt de la production.

Face au virus, «les règles sanitaires à respecter sont drastiques», note Jani Thiltges, producteur chez Samsa Film pour «Les intranquilles» de Joachim Lafosse. Cette production fait appel à quelque 70 personnes. «Nous faisons plus qu'appliquer les gestes barrières ou les recommandations du Film Fund Luxembourg. Tous les membres du crew sont testés tous les lundis. Les équipes sont compartimentées. Il nous faut limiter au maximum les risques de contamination.» 

Jani Thiltges
Jani Thiltges
Photo: Guy Jallay

D'autant plus que deux cas de coronavirus ont été détectés sur le set: un cuisinier de la cantine et un membre de l'équipe ont été touchés. Une mise en quarantaine s’en est immédiatement suivie et n'a finalement pas trop perturbé la production.  

Référent covid  

«Le risque est énorme, tout le monde en est bien conscient. La catastrophe peut venir à chaque instant», précise le cameraman Carlo Thiel, président de l’Association luxembourgeoise des techniciens de l’audiovisuel (ALTA). «Si un acteur du film est contaminé, il faut tout stopper, la production est à l'arrêt. Avec toutes les conséquences que cela implique», craint Jani Thiltges. «Nous tournons dans un unique décor avec très peu de figurants. La situation est ainsi plus facile à contrôler.»

Le covid-19, c'est une une épée de Damoclès qui plane au-dessus des acteurs et des techniciens. Le risque est omniprésent et tout le secteur a appris à vivre avec le virus. Les professionnels ont élaboré avec le Film Fund Luxembourg et le ministère de la Santé un catalogue de mesures sanitaires à observer. Ainsi, sur chaque tournage la présence d'un référent covid qualifié est désormais obligatoire. «C'est en quelque sorte un arbitre qui nous donne ses conseils et nous rappelle les gestes et règles à respecter», précise Jani Thiltges.

Carlo Thiel est le président de l’Association luxembourgeoise des techniciens de l’audiovisuel.
Carlo Thiel est le président de l’Association luxembourgeoise des techniciens de l’audiovisuel.
Photo: Claude Piscitelli

C'est donc dans cet état d'esprit que les producteurs ont repris progressivement leur travail. Une nécessité puisque le secteur a souffert. Même si aucune société de production ne risque directement la faillite. «Les surcoûts financiers vont atteindre environ 120.000 euros, soit dix pour cent du budget total», estime Jani Thiltges. «En 2021, si nous ne pouvons pas retravailler normalement, notre situation financière risque de devenir intenable», craint le producteur de Samsa Film.

Les techniciens eux aussi ont souffert. Un sondage en avril auprès des 126 membres de l'ALTA a «montré que 70% d'entre eux avaient de réels problèmes financiers, puisqu'ils se retrouvaient sans tournage, donc sans entrée financière depuis des semaines», note Carlo Thiel. «C'est pourquoi nous recommandons aux techniciens le choix d'un contrat à durée déterminée pour chaque production.» Ainsi, en cas de l’arrêt d’un projet, ces derniers bénéficient d’un soutien financier moins compliqué et plus rapide à obtenir que dans le cas des intermittents du spectacle.


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