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De la rue à la scène
Culture 1 4 min. 10.01.2016 Cet article est archivé
Orchestre en résidence à la Philharmonie du 10 au 12 janvier

De la rue à la scène

L'engagement du chef d'orchestre Gustavo Dudamel fait découvrir à la jeunesse défavorisée du Venezuela les plus grandes salles.
Orchestre en résidence à la Philharmonie du 10 au 12 janvier

De la rue à la scène

L'engagement du chef d'orchestre Gustavo Dudamel fait découvrir à la jeunesse défavorisée du Venezuela les plus grandes salles.
Photo: Philharmonie
Culture 1 4 min. 10.01.2016 Cet article est archivé
Orchestre en résidence à la Philharmonie du 10 au 12 janvier

De la rue à la scène

C'est avec une série de trois concerts exceptionnels que débute la nouvelle année à la Philharmonie. L'emblématique chef d'orchestre Gustavo Dudamel y retrouvera quelque 200 musiciens du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela qui ont, grâce à la musique, tourné le dos à la précarité et retrouvé goût à la vie.

par Thierry Hick 

C'est avec une série de trois concerts exceptionnels que débute la nouvelle année à la Philharmonie. L'emblématique chef d'orchestre Gustavo Dudamel y retrouvera quelque 200 musiciens du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela qui ont, grâce à la musique, tourné le dos à la précarité et retrouvé goût à la vie.

«C'est le merveilleux engagement de ces jeunes que je voulais dès mon arrivée à Luxembourg faire découvrir à notre public», souligne Stephan Gehmacher, le directeur de la Philharmonie de Luxembourg, qui accueille les quelque 200 musiciens et leurs accompagnateurs – en tout près de 300 personnes – pour trois concerts. «J'ai de par le passé déjà eu l'occasion de collaborer avec Gustavo Dudamel. Un travail de persuasion a été nécessaire pour faire aboutir ce projet».

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Les débuts dans un garage à Caracas

La création du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela remonte à 1975, lorsque l'économiste et homme politique mais aussi musicien José Antonio Abreu réunit dans un garage souterrain de Caracas quelques jeunes musiciens autour d'un nouveau projet: faire découvrir à une jeunesse démunie et défavorisée le plaisir de la musique. En plus de cette idée de partage se cache une volonté de réinsertion sociale, face à une pauvreté, une criminalité et un manque de perspectives de toute une génération vivant dans les «barrios», les bidonvilles du Venezuela. Le Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela devient rapidement le projet phare de la Fondation «El Sistema», qui regroupe aujourd'hui de très nombreux orchestres.

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L'orchestre joue dans les plus grandes salles de concert.
L'orchestre joue dans les plus grandes salles de concert.
Photo: Philharmonie

Cette fondation permet aux jeunes d'apprendre dans un premier temps à jouer d'un instrument de musique avant de les initier au jeu d'ensemble. Les meilleurs élèves trouvent finalement le chemin du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela. «El Sistema» gère près de 180 centres et accueille pas moins de 350 000 jeunes.

Une idée reprise dans près de cinquante pays

Depuis sa création en 1975, l'idée de José Antonio Abreu – nommé ministre de la Culture du Venezuela en 1983 – a été reprise dans une cinquantaine de pays. Au Kenya, par exemple, le projet «Ghetto Classis» a été fondé il y a quatre ans, une quarantaine de jeunes âgés de 13 à 17 ans y découvrent et jouent des partitions de Mozart et Haendel.

Le Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela a pour sa part réussi un pari un peu fou: redonner goût à la vie à une jeunesse désemparée tout en recherchant l'excellence. A force de travail et de discipline, les jeunes musiciens ont réussi à attirer l'attention de très grands chefs d'orchestres. Claudio Abbado, Sir Simon Rattle et Zubin Mehta ont régulièrement dirigé l'orchestre. Tout comme un certain Gustavo Dudamel. Après avoir fait ses classes dans l'ensemble, le violoniste, né en 1981 à Barquisimeto, reprend en 1999, à seulement 18 ans, la direction du Simón Bolivar Orchestra en 1999. C'est sous son impulsion que la phalange connaîtra un rayonnement mondial. Des invitations au «Bonner Beethovenfest» et aux «BBC Proms» en 1997 ne sont que deux étapes d'une riche activité. Des succès corroborés par de nombreux enregistrements discographiques, entre autres pour le célèbre label «Deutsche Grammophon».


Gustavo Dudamel, un chef reconnu.
Gustavo Dudamel, un chef reconnu.
Photo: Philharmonie

Gustavo Dudamel fait aujourd'hui partie du cercle très fermé des grands chefs d'orchestres sollicités par les plus grandes salles de concerts. Il a été de 2007 à 2012 à la tête de l'Orchestre symphonique de Göteborg en Suède, depuis la saison 2009-10 il dirige également le Los Angeles Philharmonic. C'est avec cet ensemble qu'il refoulera en mars de cette année le parquet de la Philharmonie de Luxembourg. Malgré un agenda bien rempli, il n' a pas oublié son engagement social tant dans son pays d'origine qu'à Los Angeles.

Contrairement aux résidences d'artistes à la Philharmonie qui s'échelonnent sur l'ensemble d'une saison, l'invitation du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela est limitée à quatre jours. Répétitions, rencontre avec des élèves de l'Ecole européenne et trois concerts, c'est un programme chargé qui attend chef et musiciens. D'autant plus que chaque soir l'orchestre interprétera un programme différent: la symphonie «Turangalîla» de Messiaen le dimanche, des pages de Desenne, Villa-Lobos et Ravel le lundi pour clôturer le mardi avec «L'oiseau de feu» et «Le sacre du printemps» de Stravinsky. «C'est le but d'une telle résidence: présenter un orchestre dans toute sa variété. Chaque partition a ses particularités, surtout celles de Stravinsky, qui requièrent beaucoup de virtuosité. Gustavo Dudamel n'a pas choisi la voie de la simplicité», estime Stephan Gehmacher.

Concerts du Simón Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela les dimanche 10, lundi 11 et mardi 12 janvier à 20 heures à la Philharmonie. Places encore disponibles. Infos et réservation au tél. 26 32 26 32 et sur www.philharmonie.lu


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