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Dans l’air du temps : Un doux parfum de nostalgie
Culture 3 min. 15.01.2017

Dans l’air du temps : Un doux parfum de nostalgie

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.

Dans l’air du temps : Un doux parfum de nostalgie

Stéphane Bern livre son avis sur un sujet phare chaque semaine.
Archives/DR/SEP
Culture 3 min. 15.01.2017

Dans l’air du temps : Un doux parfum de nostalgie

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Quoi de neuf en ce mois de janvier ? Les nouveaux succès de Dalida, la chanteuse glamour aux cent vingt millions d’albums vendus qui, trente ans après sa tragique disparition, est plus présente que jamais.

Par Stéphane Bern

Quoi de neuf en ce mois de janvier ? Les nouveaux succès de Dalida, la chanteuse glamour aux cent vingt millions d’albums vendus qui, trente ans après sa tragique disparition, est plus présente que jamais.

Au cinéma avec le biopic de la réalisatrice Lisa Azuelos, sur la scène du Palais des Congrès de Paris dans un spectacle tout en hologrammes qui fait revivre les gloires du hit parade disparues, au musée de la mode où son frère Orlando a prêté quelque cent cinquante tenues de scène comme les témoins muets d’une époque, sans parler de son omniprésence chez les libraires et dans les bacs des disquaires où elle continue de vendre vingt millions d’albums depuis son départ en 1987 !

Ce n'est pas nouveau, l'industrie du spectacle aime puiser sans arrêt dans les répertoires des artistes décédés car la nostalgie des fans est un excellent moteur pour les ventes. L'industrie du disque l'a compris depuis longtemps et considère les catalogues de ses anciens artistes comme une source de revenus très efficace.

Le cinéma exploite lui aussi le filon, avec des ressorts assez convenus et balisés mais très efficaces consistant à dévoiler la part d'ombre, le parcours toujours malheureux d'icônes consacrées : Edith Piaf avec « la Môme », Coluche dans « l’histoire d’un mec », Gainsbourg avec « Vie héroïque », mais aussi Cloclo et même le cultissime « Disco ».

Jamais la nostalgie n’a autant été à la mode. Il est vrai qu’en période d’incertitude, face à l’inconnu, chacun cherche du réconfort dans le passé. Faute de boussole, il est toujours rassurant de regarder dans le rétroviseur. De fait, pour valoriser les artistes d’autrefois, on parle volontiers d’une variété « vintage », comme si la patine du temps l’avait sacralisée, lui avait donné une nouvelle valeur.

Sans doute parce que Claude François, Dalida, Sheila ont traversé sans dommage le miroir du temps. Mieux, le public les associe à un âge d’or que les jeunes générations n’ont pourtant pas connu. Pas un mariage, pas une fête ou une soirée karaoké, dont raffolent les baby-boomers, sans les tubes « Alexandrie, Alexandra » de Cloclo ou « Laissez-moi danser » de Dalida.

Car si la nostalgie reste ce qu'elle est, inoxydable, elle est désormais remixée, revisitée, réinterprétée. Le chanteur Matt Pokora reprend avec succès les succès de Claude François dans l'album My Way - 400000 exemplaires écoulés en deux mois. Le film « Dalida » de Lisa Azuelos, permet de replonger avec délice dans une époque bénie bercée par tous les tubes de la chanteuse.

Sur tous les plateaux de télévision, son frère Orlando, à la manœuvre pour ces retrouvailles avec le public trente ans après, affirme avec force que « Dalida est intemporelle, elle est toujours vivante dans le cœur du public », lui qui se réjouit aussi du spectacle d’hologrammes qui la projette dans le futur. Mais n’est-il pas aussi inquiétant d’être condamnés à consommer le passé dans la nostalgie d'un hier fantasmé, enjolivé et revigorant ?

Le show-biz a compris que le passé ne meurt pas, il est même devenu un spectacle à part entière !

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