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Dans l’air du temps: Son royaume pour un cheval
Culture 3 min. 28.10.2017

Dans l’air du temps: Son royaume pour un cheval

Stéphane Bern nous livre sa chronique de la semaine.

Dans l’air du temps: Son royaume pour un cheval

Stéphane Bern nous livre sa chronique de la semaine.
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Culture 3 min. 28.10.2017

Dans l’air du temps: Son royaume pour un cheval

Plus noble conquête de l’homme, le cheval est aussi une passion toute royale. Depuis son enfance, la reine d’Angleterre Elizabeth II voue une passion dévorante pour les courses hippiques.

Plus noble conquête de l’homme, le cheval est aussi une passion toute royale. Depuis son enfance, la reine d’Angleterre Elizabeth II voue une passion dévorante pour les courses hippiques. 

Les turfistes britanniques ont fait leurs comptes... Depuis trente ans, la souveraine aurait gagné près de 7,8 millions d’euros sur les champs de course. 

Selon les calculs du site spécialisé myracing.com, les chevaux d'Elizabeth II ont disputé 2.815 courses et en ont remporté 451, ce qui fait une moyenne de 15 courses gagnées par an et un taux de réussite de 16 %. 

La reine, passionnée par les chevaux depuis toujours, a ainsi empoché plus de 250.000 euros en moyenne chaque année, avec des périodes plus ou moins fastes. En 2016, les gains se sont envolés à près de 626.000 euros et l'année 2017 s'annonce bien avec une vingtaine de victoires à date et 450.000 euros déjà empochés. 

Les sommes sont conséquentes, mais il faut savoir que ces gains ne sont pas entièrement récupérés par la reine, propriétaire de ses champions: elle doit les partager en partie avec les entraîneurs et les jockeys qui portent ses couleurs. 

L'élevage lui coûte également une petite fortune: elle possède 24 chevaux de course, avec un entretien estimé en moyenne à 790.000 euros par an... Ils sont bichonnés dans son domaine de Sandringham, dans le Norfolk, où Elizabeth II se rend très régulièrement pour surveiller leurs progrès. Là-bas, même les sets de table sont à leur effigie ! 

Selon le Daily Mail, elle a récemment investi pas moins de 150.000 euros pour équiper son haras royal du plus grand tapis roulant pour chevaux du Royaume-Uni, soit une piste de 100 mètres de long, permettant d'entraîner plusieurs pur-sang en même temps. 

C'est dans ce même domaine que ses anciens champions coulent une retraite heureuse. Il faut voir la reine s'animer chaque année lors des courses à Ascot, qu'elle n'a jamais manquées depuis 1945, encourageant ses chevaux ou montrant une mine désappointée en cas d’amère défaite. 

Sa passion remonte à son enfance lorsque son père, le roi George VI, lui avait offert son premier poney alors qu’elle avait à peine 4 ans. 

Et à 91 ans, la souveraine monte encore régulièrement pour des balades champêtres à Windsor son poney fell noir Carltonlima Emma, en compagnie de Terry Pendry, le palefrenier en chef des écuries royales... 

Chaque matin, elle se précipite sur le Racing Post, la bible des turfistes, et regarde les courses à la télévision en début d'après-midi. «Elle aurait dû naître entraîneur», disait son père. 

Le jour de son sacre, en juin 1953, avant de rejoindre Westminster, elle demandait encore des nouvelles de ses chevaux avant le Derby d'Epsom. Et parmi les rares personnes qui ont son numéro de téléphone portable, on compte son entraîneur, qui peut la joindre à tout moment... 

Cette semaine, visitant la garde royale à cheval pour nommer major le plus ancien cheval porteur de tambour, Persée, la reine s’est montrée souriante et détendue, plaisantant même sur le squelette de l’animal peint sur sa robe pour enseigner l’anatomie chevaline aux régiments de la Garde montée. 

Pour Julian Muscat, éditeur du «Racing Post» et auteur d’un livre «Her Majesty’s Pleasure», cela ne fait aucun doute, «la reine préférera toujours la compagnie des chevaux à celle des politiciens dont elle peut craindre les ruades». 

Ses chevaux, comme ses chiens, n’ont que gratitude envers la reine. Et eux, au moins, n’écriront pas d’indiscrets Mémoires !

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