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Dans l’air du temps : Portrait sans retouche
Culture 2 min. 09.04.2017

Dans l’air du temps : Portrait sans retouche

Culture 2 min. 09.04.2017

Dans l’air du temps : Portrait sans retouche

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Il est une tradition à laquelle aucune First Lady américaine ne peut échapper : le portrait officiel qui prendra place dans la White House Gallery à Washington.

Par Stéphane Bern

Il est une tradition à laquelle aucune First Lady américaine ne peut échapper : le portrait officiel qui prendra place dans la White House Gallery à Washington. Epouses effacées ou partenaires engagées, les Premières Dames des Etats-Unis, quel que soit le rôle qu’elles jouent, ont droit à cet honneur… qui se révèle aussi un exercice compliqué tant il est symbolique de sa personnalité.

« Je suis honorée de servir comme première dame et je suis impatiente de travailler au nom du peuple américain dans les prochaines années », a assuré Melania Trump dans le communiqué officiel qui accompagne le portrait.
« Je suis honorée de servir comme première dame et je suis impatiente de travailler au nom du peuple américain dans les prochaines années », a assuré Melania Trump dans le communiqué officiel qui accompagne le portrait.
AFP

















Pour preuve, le tout premier portrait officiel de la nouvelle première dame des États-Unis, Melania Trump,  rendu public cette semaine, et immédiatement raillé sur les réseaux sociaux, violemment critiqué dans la presse.

Il est vrai que ce cliché a de quoi surprendre : on découvre l'épouse de Donald Trump en tailleur noir, un foulard autour du cou, les bras croisés. Son maquillage est naturel quoique prononcé et proche du « contouring » cher à Kim Kardashian, french manucure, cheveux lâchés, et deux énormes bagues pour seuls apparats; force est pourtant de constater que le visage de la first lady a perdu son expression et son grain de peau, par la même occasion, disparaît sous les filtres…

Ces retouches ne sont pas sans rappeler les visuels de séries américaines où histoires d'amour, d'argent et de pouvoir sont monnaie courante, à l'instar de "Dynastie", "Santa Barbara", les "Feux de l'amour" et autre "Amour Gloire et Beauté".

Autre sujet de discorde nationale en Amérique, pour ce portrait officiel, Melania Trump pose dans « sa nouvelle résidence », la Maison-Blanche où elle ne vit pas, puisqu’elle veille sur l’éducation de son fils Barron à New-York, et a choisi le salon est, situé au deuxième étage de la Maison Blanche… une pièce entre la chambre de la reine et celle de Lincoln qui a longtemps servi de salle d'attente pour les personnes qui devaient rencontrer le président.

Michelle Obama en 2009 et 2013.
Michelle Obama en 2009 et 2013.
REUTERS

Faut-il y voir un message subliminal, s’interrogent les médias, jamais en reste d’une polémique, fût-elle vaine ?

« Je suis honorée de servir comme première dame et je suis impatiente de travailler au nom du peuple américain dans les prochaines années », a pourtant assuré Melania Trump dans le communiqué officiel qui accompagne le portrait.

Mais, depuis la diffusion du cliché, le teint lissé - voire flouté - de l'ancien mannequin slovène et l'esthétique années 1980 suscitent moqueries et blagues sur la toile entre détournements d’images et commentaires peu amènes sur l’abus des correcteurs d’images.

Pour la consoler, il faut rappeler que cette étape du portrait officiel se passe rarement sans « heurts ». Si traditionnellement, la Maison-Blanche, depuis Martha Washington, immortalise ses premières dames sur des peintures à l’huile, Michelle Obama, pourtant très populaire, n'avait pas échappé aux critiques sur le premier cliché d'elle signé Chuck Kennedy, en 2009, où, tout sourire, elle apparaissait en robe sans manches en plein mois de mars, une attitude alors jugée trop « détendue » pour une First Lady.

Chacun des 324 millions d’Américains sait à quoi doit ressembler une parfaite Première Dame, cela prouve au moins qu’au-delà de l’image, voire de l’icône, elle a encore une utilité sociale et publique. 


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