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Dans l’air du temps: Le diamant est éternel
Culture 3 min. 21.10.2017

Dans l’air du temps: Le diamant est éternel

Stéphane Bern nous livre sa chronique hebdomadaire.

Dans l’air du temps: Le diamant est éternel

Stéphane Bern nous livre sa chronique hebdomadaire.
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Culture 3 min. 21.10.2017

Dans l’air du temps: Le diamant est éternel

«Le Grand Mazarin», un diamant rose de 19,07 carats ayant appartenu à la monarchie française, l’un des dix-sept joyaux avec le célèbre «Sancy» légués par le cardinal Jules Mazarin au roi Louis XIV, sera vendu le 14 novembre par un mystérieux collectionneur qui s’en sépare.

Ce sera le clou de la vente aux enchères de haute joaillerie traditionnellement organisée en novembre à Genève par la maison Christie’s. 

«Le Grand Mazarin», un diamant rose de 19,07 carats ayant appartenu à la monarchie française, l’un des dix-sept joyaux avec le célèbre «Sancy» légués par le cardinal Jules Mazarin au roi Louis XIV, sera vendu le 14 novembre par un mystérieux collectionneur qui s’en sépare. 

"Le Grand Mazarin, légendaire diamant rose de 19 carats, est un témoin unique de l'Histoire de France. Au cours de ses 250 ans au sein du Trésor français, il a illuminé les parures et couronnes de 4 rois, 4 reines, 2 empereurs et 2 impératrices, à commencer par le Roi Soleil, Louis XIV", a expliqué François Curiel, président de Christie's pour l'Europe et l'Asie, François Curiel. 

A sa mort en 1661, le cardinal transmet le diamant au roi Louis XIV avec ses autres célèbres diamants Mazarin. Le diamant rose reste ensuite pendant 225 ans au sein des bijoux de la couronne, passant notamment entre les mains de l'empereur Napoléon, de Louis XVIII, de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie. 

«Le Grand Mazarin», qui provient des mines de Golconde situées dans le sud de l'Inde, est incontestablement le diamant de la Couronne par excellence et c’est un événement considérable de le voir réapparaitre sur le marché de l’art 130 ans après que la IIIème République, a mis aux enchères en 1887 des joyaux appartenant à la Couronne de France. 

Il a ensuite appartenu au célèbre joaillier français Frédéric Boucheron, puis au Baron von Derwies avant d’être racheté par le collectionneur anonyme. Son prix de vente devrait osciller entre 5,1 à 7,7 millions d'euros, selon les prévisions de Christie's. 

Si le monde tournait rond, on serait en droit d’espérer que les Amis du Musée du Louvre se mobilisent pour enchérir afin que ce joyau inestimable retrouve dans la galerie d’Apollon les autres joyaux qui ont appartenu autrefois au trésor royal: le Sancy ou le Régent. 

Les mécènes du musée du Louvre ne regimbent guère à ouvrir largement leur portefeuille et c’est d’ailleurs pour les remercier que, pour la première fois, un dîner d’une centaine de convives a été organisé cette semaine dans la salle Daru parmi les collections de peintures dont Le Sacre de Napoléon de Jacques-Louis David, dont un détail illustrait le menu. 

Tarama d'oursin, foie gras mi-cuit, filet de bar et ravioles de châtaigne, puis agrumes au miel de Paris furent servis par le traiteur Fauchon en respectant des règles de sécurité drastiques. 

Mais les mécènes valent bien ce traitement à part. Leur implication a permis au musée de récolter 20 millions d'euros en 2017, hors acquisitions exceptionnelles, grâce à la générosité de personnalités, comme le japonais Naoya Kinoshita, le collectionneur Lionel Sauvage, Pamela Omidyar, l'épouse du fondateur d'eBay, ainsi que Les American friends of le Louvre dirigé par Christopher Forbes. 

Au regard des 400 millions d’euros que rapportera au Louvre la concession pour trente ans du nom au Louvre d’Abu Dhabi inauguré en grande pompe le 11 novembre, que pèse l’achat d’un joyau historique qui doit impérativement retrouver sa place au cœur de Paris ? 

Trop passéiste diront sans doute les mordus de modernité. Qu’importe, ils passent, et les diamants demeurent.

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