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Cruelle, rebelle et fidèle
Culture 1 3 min. 12.06.2021
Critique ciné

Cruelle, rebelle et fidèle

Cruella (Emma Stone) est aussi imprévisible que son personnage.
Critique ciné

Cruelle, rebelle et fidèle

Cruella (Emma Stone) est aussi imprévisible que son personnage.
Photo: Disney
Culture 1 3 min. 12.06.2021
Critique ciné

Cruelle, rebelle et fidèle

Thierry HICK
Thierry HICK
«Cruella» de Craig Gillespie ou l’histoire d'une vengeance mise à rude épreuve.

Celui qui avec ce nouveau film Disney s’attend à une belle histoire de princesse à découvrir en famille, risquera d’être désorienté. Car, même si pour «Cruella», les studios usent à volonté de tous leurs ingrédients qui ont fait leur renommée, cette fois-ci la machinerie s’emballe et atteint de nouveaux horizons inattendus.

Estella n’a depuis sa plus tendre enfance qu’une seule idée en tête: devenir créatrice de mode. Contre vents et marées, la gamine au début, la jeune femme par la suite tentera d’assouvir sa passion. Son côté rebelle ne lui fera pas toujours de cadeaux... 

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 Orpheline dès son plus jeune âge, Estella fera la connaissance de deux jeunes, Horace et Jasper tout aussi paumés qu’elle et qui l’entraîneront dans de rocambolesques et pas toujours très légales aventures. Tout au long de ses péripéties futures, Estella restera fidèle à ses compagnons de fortune, elle aura besoin d’eux.

Toujours aussi déterminée, celle qui rêve de se faire un nom dans la mode, rencontrera ensuite la Baronne, qui à la tête d’un empire, lui en fera voir de toutes les couleurs. La sage Estella se transformera peu à peu en une Cruella, cruelle bien évidemment, et rebelle. A l’image de sa transformation physique.

Cruelle (Emma Stone) est aussi imprévisible que son personnage.
Cruelle (Emma Stone) est aussi imprévisible que son personnage.
Photo: Disney

«Cruella» de Craig Gillespie s’amuse avec malice de cette dualité ou plutôt cette dichotomie entre deux personnages, deux mondes. La fille soumise mais décidée, face à l’incontrôlable et indétrônable reine de la mode, qui bec et ongles entend se défendre. 

Peu à peu, l’imbroglio de ces deux narrations se construit et s’intensifie. L’histoire est bien ficelée, le scénario percutant et malgré la longueur – le film dure 134 minutes – l’on ne s’y ennuie pas. Quelques rares moments de détente, de repos existent, et pourtant les scènes haletantes s’enchaînent à grande vitesse. Et pour ce faire, le réalisateur Craig Gillespie n’hésite pas à sortir les grands moyens pour frapper de très grands coups. Surtout lors des scènes où Cruella viendra affronter la Baronne sur ses terres.

Lorsqu'Estella se transforme en Cruella...
Lorsqu'Estella se transforme en Cruella...
Photo: Disney

 L’action se passe dans le Londres des années 70-80, une époque aussi marquée par une musique rock et punk tout aussi rebelle que l’héroïne. Pas étonnant de voir débarquer les Queen, The Clash et Nina Simone, venus animer les débats autour d’une libération des mœurs galopante, envoyant ainsi voler en éclats une société britannique en pleine déchirure. 

Les images sont parlantes, les arrières-pensées aussi, les décors sont baroques, déglingués et décadents à souhait. Le kitsch est voulu. Comme pour mieux illustrer la guerre à couteaux tranchants entre Cruella et la Baronne. 

Emma Thompson incarne une Baronne ignoble, repoussante et sans concession
Emma Thompson incarne une Baronne ignoble, repoussante et sans concession
Photo: Disney

Finalement, le souci d’Estella et de Cruella ne sera plus tellement de percer dans la mode mais de se venger et de laver l’honneur de la famille. L’une échouera, l’autre réussira... Disney, avec les moyens mis en œuvre, quitte ses sentiers battus depuis des lustres. Sans révolutionner le genre – l’ensemble reste bien gentil – cette comédie brasse les canons du genre, y ajoute une poudrée de rêve et de féerie bienvenues. 

«Cruella», avec un humour grinçant à chaque instant, est très british dans son allure, les gags bien pensés ne sont à certains moments non sans rappeler un certain James Bond ou Arsène Lupin... Un autre point fort: la réunion de deux grandes dames du cinéma, Emma Stone et Emma Thompson. La première, tout aussi furieuse que son personnage qui peu à peu voit s’éclaircir les mystères de sa vie, va s’affronter la seconde, qui avec délectation campe une femme d’affaires ignoble, repoussante et sans concession. 

Et pour une fois, les rôles secondaires, nombreux et variés, sans oublier les chiens – les Dalmatiens ne font pas défaut dans ce prequel – tiennent eux aussi en partie le haut de l’affiche. «Cruella» est finalement une belle aventure, à ne pas toujours lire au premier degré...

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