Changer d'édition

Clint Eastwood à pleurer dans «Cry macho»
Culture 1 3 min. 13.11.2021
Cinéma

Clint Eastwood à pleurer dans «Cry macho»

 Clint Eastwood paraphrasant Clint Eastwood: le résultat est bien en deçà des attentes.
Cinéma

Clint Eastwood à pleurer dans «Cry macho»

Clint Eastwood paraphrasant Clint Eastwood: le résultat est bien en deçà des attentes.
Photo: Warner Bros
Culture 1 3 min. 13.11.2021
Cinéma

Clint Eastwood à pleurer dans «Cry macho»

Thierry HICK
Thierry HICK
L’histoire est banale, sa mise en images reste bancale. Clint Eastwood (40 films réalisés) met en scène Clint Eastwood (90 rôles joués) sauf que le résultat est décevant.

Mike, une ancienne gloire du rodéo, est chargé par son ancien patron d’aller récupérer son fils Rafa au Mexique. Le senior se met en route et part à la recherche du jeune homme. Les deux se retrouvent et, après quelques détours, finissent leur périple à la frontière entre les States et le Mexique. Rafa retrouve son père et Mike file auprès de Marta, une Mexicaine rencontrée un peu par hasard. Happy end.

Clint Eastwood, âgé de 91 ans, n'a pas l’intention de se mettre au repos. Bien au contraire, boulimique de travail, il poursuit son job. Sa filmographie se lit comme une véritable encyclopédie du cinéma. D'Un Frisson dans la nuit en 1971 au Cas Richard Jewell en 2020, il aura aussi laissé sa trace avec des oeuvres  aussi fameuses que L'Inspecteur Harry, American Sniper, Invictus, Mystic River, Mémoires de nos pères et la liste pourrait encore s'allonger...

Un rôle taillé sur mesure

Le personnage de Mike est taillé sur mesure pour un Clint Eastwood –acteur principal et réalisateur de ce Cry Macho– qui ici se raconte et se livre. Sans le crier haut et fort, ce drame aux allures de western est un exercice plus que périlleux pour le cinéaste. La question de l’âge ne se pose absolument pas. Ce n’est pas le sujet. Plus problématique est ici la part autobiographique du film, emballée dans une trame narrative trop caricaturale.

 Clint Eastwood en se paraphrasant durant plus de 100 minutes n’arrive pas à se défaire d’images rassasiées. Le vécu lui colle à la peau. Pas si simple de se défaire d’un étroit costume.

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.

Les vastes plaines du Nouveau-Mexique –où le tournage a eu lieu– sont mises en images avec beaucoup d'attention. Les couleurs sont chatoyantes, les couleurs chaudes. La photographie de Ben Davis est extrêmement soignée et aux petits soins. Les cow-boys avec leurs chevaux et leurs chapeaux, les vieilles voitures déglinguées, les ranchs, les pistes de sable sont autant d’éléments qui contribuent à créer une ambiance bien particulière.

Plus stéréotypé est le regard porté sur le pays voisin, le Mexique. Les clichés ou images convenues sont malheureusement légion. L’impression de déjà-vu étrangle l’histoire, refuse toute ouverture, et finalement colle une fois de plus à la peau de celui qui s’attelle à étaler sa vie, son histoire.

Bien sûr, on ne s’attendait pas à de mouvementées scènes d’action, de volte-faces périlleuses. Clint Eastwood évite le piège, choisit une voie plus posée et réfléchie. A force de vouloir brider la monture, le cow-boy à la caméra sombre dans une pesante léthargie.

Un scénario déchiré

La fuite de Mike et Rafa (les deux sont poursuivis par les Federales mexicains et les gros bras de la mère du garçon) s'enlise régulièrement. L’histoire se construit par des bribes d’histoires qui semblent sortir de nulle part. A ce scénario déchiré, viennent se greffer des réflexions sur quelques grands thèmes – la confiance, la trahison, le mensonge, les parents –, qui auraient mérité d’être approfondis... Hormis quelques moments de tendresse et répliques assez cocasses, les personnages restent d’une platitude étonnante. Heureusement que le coq Macho, qui devient peu à peu un personnage central du film, vient apporter un peu de lumière. Et un regard quelque peu inattendu et décalé.

L’histoire de ce Cry Macho avait le potentiel nécessaire pour donner à Clint Eastwood l’occasion une fois encore de percer l’écran. Malgré quelques bonnes pistes, le vieux routier du septième art laisse filer une belle occasion qui lui était donnée. 


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.