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«C'est une période compliquée pour les artistes»
Culture 3 min. 31.03.2020

«C'est une période compliquée pour les artistes»

Maz sera prochainement en concert livestream sur la page de "Live aus der Stuff".

«C'est une période compliquée pour les artistes»

Maz sera prochainement en concert livestream sur la page de "Live aus der Stuff".
Photo: Benjamin Benaïcha
Culture 3 min. 31.03.2020

«C'est une période compliquée pour les artistes»

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Maz devrait passer de scène en scène, mais c'est finalement en rond que le rappeur tourne. Mais le jeune musicien luxembourgeois profite aussi de ce confinement forcé pour créer, jouer et penser à ses prochaines sorties, même virtuelles.

Des plans entre parenthèses, mais pas sa carrière. A seulement 20 ans, Maz, de son vrai nom Thomas Faber, est en pleine ascension. Et ce ne sont sûrement pas les mesures drastiques en place pour contrer la propagation du covid-19 qui vont arrêter le rappeur. Le voilà donc qui profite pleinement du confinement pour laisser libre cours à sa créativité. 

A quoi ressemblent tes journées en période de confinement? 

«Mon quotidien a changé drastiquement. C'est une période bizarre... comme pour tout le monde. Habituellement, je bouge beaucoup. En une journée, je peux me déplacer à trois ou quatre endroits différents, pour aller en studio, à des meetings ou à des workshops dans des lycées. Mais tout ça est mis sur pause pour le moment. 

Je passe mes journées à écrire des chansons, travailler sur les plans d'un futur projet, regarder des films, passer du temps avec ma famille et me promener dans la forêt le soir. J'ai beaucoup de temps pour moi, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Car comme chez beaucoup d'artistes, mes humeurs changent en permanence. Je passe d'un excès de confiance (à la limite du narcissisme, j'avoue) à des doutes complètement autodestructeurs environ dix fois par jour! C'est une période compliquée pour les artistes. 

En tant qu'artiste, comment gères-tu ces bouleversements? 

«Tout dépendra de la durée de la crise mais, financièrement, ça risque d'être compliqué cette année. Beaucoup de concerts et performances ont déjà été annulés. J'étais très excité à l'idée d'annoncer ma participation à des festivals cet été, mais ils risquent aussi de ne pas être maintenus. Je me rends compte à quel point nous, artistes, sommes dépendants de tout cela. 

Malgré tout, il y a un fort soutien entre artistes et pour les artistes. Je vais, par exemple, participer au projet Live aus der Stuff; je ferai donc prochainement un concert en livestream. 

 Est-ce une période qui t'inspire? 

«Créativement, c'est différent. La situation m'a déjà bien inspiré et ça profite à mon art. J'écris beaucoup de chansons et fais des productions. Au niveau musical, mon style va un peu changer. Je suis un grand fan de rock et de metal depuis mon enfance et j'aimerais intégrer ces influences-là dans ma musique. Ça restera du rap, mais avec des touches «cross-overs». 

Pour le moment, je ne peux donc pas me plaindre, mais c'est bien sûr une question de temps. Si on reste encore confiné deux ou trois mois, on risque d'entrer dans une routine et ma créativité le subira sûrement. 

 Quels sont tes projets pour l'après-confinement? 

«Tout dépend de quand ce sera! Je déménage à Bruxelles en août ou septembre. Du moins, c'était le plan. Je vais donc devoir régler ça en priorité. Après, j'irai très sûrement en studio pour plusieurs jours ou même plusieurs semaines. Je voudrais enregistrer toutes les chansons que je suis en train d'écrire, faire une sélection des meilleures. Mais j'aimerais aussi organiser des shoots de vidéos, retravailler mes projets de cette année et ceux de l'année suivante... Tout simplement, recommencer là où on s'était arrêté!»

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