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Bienvenue au "Paradiso Lussemburgo"
Culture 10 3 min. 07.05.2015 Cet article est archivé
Ouverture de la 56e Biennale internationale d'Art à Venise

Bienvenue au "Paradiso Lussemburgo"

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Ouverture de la 56e Biennale internationale d'Art à Venise

Bienvenue au "Paradiso Lussemburgo"

Ce jeudi 7 mai, sera inauguré à la Ca' del Duca "Paradiso Lussemburgo", participation luxembourgeoise à la 56e édition de la Biennale internationale d'art de Venise. C'est au tour de Filip Markiewicz de s'approprier les locaux qui ont pignon sur le Canal Grande.

(thi) Ce jeudi 7 mai, sera inauguré à la Ca' del Duca "Paradiso Lussemburgo", participation luxembourgeoise à la 56e édition de la Biennale internationale d'art de Venise.  Après Catherine Lorent et son installation «Relegation» en 2013, c'est au tour de Filip Markiewicz de s'approprier les locaux qui ont pignon sur le Canal Grande de la Cité des Doges. Avec son «Paradiso Lussemburgo» l'artiste porte un regard critique et décalé, entre paradis et enfer, sur le Grand-Duché.

Filip Markiewicz est un artiste «multi-task» par excellence: plasticien, vidéaste, dessinateur ou musicien, il manie le crayon à dessin, la caméra, la guitare ou tout autre moyen d'expression avec la même dextérité, la même précision, la même verve. Et à chaque fois, ce même regard pointu et humoristique sur le monde qui nous entoure.

Décalé et critique

En sélectionnant donc l'artiste né en 1980 au Luxembourg, de parents polonais, c'est un portrait délibérément décalé et critique du Grand-Duché qui sera présenté aux visiteurs de la Biennale.

«Mon travail est une représentation mentale du Luxembourg, de sa culture, de sa réalité et de place dans le monde», confirme l'artiste en présentant récemment son projet au Mudam.

Invités de prestige

«C'est un condensé de l'identité luxembourgeoise», renchérit Paul Ardenne, le commissaire du pavillon luxembourgeois à la Biennale, qui est venu récemment aux côtés de Filip Markiewicz présenter la participation luxembourgeoise à la Biennale de Venise.

Le  grand-duc héritier Guillaume et son épouse Stéphanie, la ministre de la culture Maggy Nagel, le directeur du Mudam, Enrico Lunghi, ainsi que Jo Kox, directeur  administratif du Casino-Luxemburg ont annoncé leur présence au vernissage.

Voyage dans «l'inconscient collectif»

Les salles, souvent étriquées, de la CA' del Duca situé sur le Canal Grande, proposeront aux visiteurs un voyage dans «l'inconscient collectif de notre histoire commune», prévient Filip Markiewicz. LuxLeaks, Jean-Claude Juncker, le rôle et le pouvoir de l'argent, la nature, l'Europe, ses règles et ses directives... le Luxembourg sera présenté sous de multiples facettes. Ce condensé fera la part belle entre «le meilleur et le pire», indique le commissaire.

Filip Markiewicz s'approprie la Ca' del Duca.
Filip Markiewicz s'approprie la Ca' del Duca.
(Photo: Thierry Hick)

Entre un pays où il fait bon vivre et un pays souvent épinglé comme paradis fiscal. Paradis ou enfer? «Je suis un observateur, je pose des questions et ne donne pas forcément des réponses», déclare l'artiste qui, constamment oscille, hésite entre le «Paradis» de Dante et le film «Cinema Paradiso» de Tornatore. La mythologie d'une part et l'aspect populaire, d'autre part. Cette bipolarité voulue et recherchée par Filip Markiewicz interpelle le visiteur.

Mélanger les genres

Dans son travail, le créateur aime, une fois encore, mélanger les genres. Des dessins aux installations sonores, en passant par le cinéma, et bien évidemment, le musicien du groupe Raftside le locataire du pavillon luxembourgeois aime brouiller les pistes, aime délivrer un message complexe et à double sens. Le sous-entendu, le non-dit fait partie du jeu.

Son regard critique n'est pourtant jamais acerbe ou violent, mais narquois et souvent espiègle. Comme s'il prenait un malin plaisir à placer le spectateur devant ses réalités.

(Photo: Thierry Hick)

L'artiste, jonglant entre allégories et métaphores plus ou moins explicites, arrivera-t-il à capter l'attention, le regard du public forcément cosmopolite de la Biennale? Réponse dans deux semaines à la Ca' del Duca.

Exposition «Paradiso Lussemburgo», Filip Markiewicz, Pavillon luxembourgeois de la Biennale de Venise, Ca' del Duca, Corte del Duca Sforza, San Marco, I-3052 Venise, du 9 mai au 22 novembre. Vernissage le jeudi 7 mai à 18.30 h.

www.paradisolussemburgo


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