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«Bad Banks», le Luxembourg et l'autocritique
Culture 1 4 min. 21.02.2018 Cet article est archivé

«Bad Banks», le Luxembourg et l'autocritique

«Bad Banks», le Luxembourg et l'autocritique

Culture 1 4 min. 21.02.2018 Cet article est archivé

«Bad Banks», le Luxembourg et l'autocritique

Coproduite par le Luxembourg, la série télévisée sur le secteur financier, «Bad Banks», est présentée en avant-première mondiale ce mercredi à la Berlinale. Rencontre avec son producteur, Nicolas Steil.

Le producteur Nicolas Steil sait exactement qu'à travers cette série germano-luxembourgeoise, présentée en première mondiale à la Berlinale, il  contribuera à un traitement critique. «Bad Banks» va plonger dans le monde de la  finance et dans les départements d'investissement des institutions bancaires afin de mettre au jour les manquements qui peuvent survenir à différents niveaux, du petit actionnaire au top management. S'agit-il de se regarder le nombril au Luxembourg? 

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Monsieur Steil, la série «Bad Banks» a-t-elle eu les honneurs de la Berlinale simplement parce que l'un des principaux sponsors du festival, la deuxième chaîne de télévision allemande (ZDF), est également votre coproductrice?

Non, c'est le projet qui a séduit. Dans la catégorie des «Séries de la  Berlinale» énormément de propositions sont faites et pourtant, seules les meilleures séries parviennent à être choisies. Et c'est vraiment dur de faire partie du lot. Car celui qui peut montrer sa série ici, peut aussi s'attendre à un succès planétaire. Et nous planifions déjà une deuxième saison suite aux échos favorables que nous avons reçus.

Êtes-vous bien sûr d'un tel succès?

Ce n'est évidemment pas un pronostic à 100%. Il n'y a encore rien de signé. Mais depuis un certain temps déjà des négociations détaillées ont eu lieu pour vendre la série comme une série de premier choix.

Compte tenu de la concurrence, nous n'avons pas d'autre choix que de miser sur un contenu de «haute qualité» dès le développement du projet et d'être en mesure de présenter un bon budget

Avez-vous travaillé de manière ciblée pour toucher le tout grand marché?

Ce qui est sûr, c'est que nous avons passé beaucoup de temps au développement du projet et qu'il y a cinq ans nous nous sommes posé beaucoup de questions sur la façon dont nous voulions aborder le projet «Bad Banks». C'est allé jusqu'à la façon de pouvoir traduire au mieux les scripts. Au final, nous avons tourné de 80 à 90% en allemand mais une synchronisation dans d'autres langues est prévue.

De plus, ce monde de la finance dont la toile est mondiale est aussi intéressant dans d'autres pays. Il n'est pas question des banques où les gens ordinaires disposent d'un compte. Mais des banques d'investissement qui donnent le sentiment d'être beaucoup plus impénétrables. Nous ouvrons la porte de ce monde aux spectateurs. Grâce à des recherches menées par de vrais experts et spécialistes issus de la scène des marchés financiers, nous sommes très proches de la réalité. Et nous ne prenons pas de raccourcis en disant simplement: seuls les banquiers d'investissement sont à blâmer pour leurs excès. Saisir la responsabilité de ne pas retomber dans un véritable crash passe par la compréhension du rôle des actionnaires, de la politique et des structures administratives.

Ricardo Vaz Palma

Mais vous ne vous attirez pas de reproches en alimentant les poncifs qui collent à la place financière luxembourgeoise où se déroule la série?

L'autocritique n'est jamais mauvaise, y compris pour le Luxembourg. Et si vous regardez les choses de plus près, vous remarquerez que la situation au Grand-Duché est en passe d'évoluer. Avec le débat sur le «Nationbranding», les Luxembourgeois montrent qu'ils sont également capables d'être autocritiques et de réfléchir à l'avenir. En ce sens, la série est même plutôt une bonne publicité.

Lex Kleren

Comment avez-vous financé le long processus du développement de cette série?

Un tel investissement est aussi lié au risque de ne pas aboutir... Nous faisons très attention chez Iris à ce que nous voulons faire avec les 20 projets que nous menons parallèlement. Compte tenu de la concurrence, nous n'avons pas d'autre choix que de miser sur un contenu de «haute qualité» dès le développement du projet et d'être en mesure de présenter un bon budget. Nous n'avons qu'un budget de 8,5 millions d'euros pour six épisodes de 50 minutes et sommes en mesure de produire moins cher que les autres.

A quoi d'autre, à part «Bad Banks», les fans de séries peuvent-ils s'attendre?

Le lancement de «18 - la Guerre des rêves», un projet porté par 18 différents partenaires et radiodiffuseurs européens et qui traite du  destin de 14 personnes entre 1918 et 1939. C'est très important pour moi, surtout en cette époque des nouveaux nationalismes en Europe.  

"Bad Banks" célèbre sa première mondiale au cinéma Zoopalast de Berlin avec la présentation des deux premiers épisodes ce mercredi à 17 heures.    

 Les fans luxembourgeois peuvent également découvrir les deux premiers épisodes lors du LuxFilmFest le 28 février. Plus de renseignements sur www.luxfilmfest.lu.

Par Daniel Conrad  (trad. MF)  


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Refractaire - Regisseur:Nicolas Steil -  Drehbuchautoren:Jean-Louis Schlesser et Nicolas Steil - Grégoire Leprince-Ringuet
Arthur Dupont
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