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Aux César, ruban blanc et sacre pour «120 battements» et Dupontel
Culture 3 min. 03.03.2018 Cet article est archivé

Aux César, ruban blanc et sacre pour «120 battements» et Dupontel

Aux César, ruban blanc et sacre pour «120 battements» et Dupontel

AFP
Culture 3 min. 03.03.2018 Cet article est archivé

Aux César, ruban blanc et sacre pour «120 battements» et Dupontel

Ruban blanc à la poitrine, le cinéma français a affiché vendredi sa mobilisation contre les violences faites aux femmes lors de la 43e cérémonie des César, qui a sacré «120 battements par minute» sans oublier le réalisateur Albert Dupontel pour «Au revoir là-haut».

AFP - «Je vous propose d'agir dès ce soir, de vous lever, de montrer vos rubans blancs, parce qu'effectivement, maintenant on agit», a lancé le maître de cérémonie Manu Payet à l'adresse des professionnels dans la salle qui, debout, ont applaudi.

Réunis Salle Pleyel à Paris, les 1.700 invités, parmi lesquels la secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et la ministre de la Culture Françoise Nyssen, ont été conviés à arborer ce ruban afin de soutenir «celles et ceux qui oeuvrent concrètement pour qu'aucune femme n'ait plus jamais à dire #MeToo».

Plusieurs mois après l'onde de choc provoquée par l'affaire Weinstein, plus d'une centaine d'actrices et de personnalités, dont Vanessa Paradis, ont lancé avec la Fondation des femmes la campagne #MaintenantOnAgit.

Les lauréats ont toutefois peu évoqué le sujet dans leurs remerciements, lors d'une cérémonie qui a sacré comme meilleur film «120 battements par minute» de Robin Campillo, fresque sur les années sida à travers le combat de l'association Act Up.

Le film, qui avait bouleversé le Festival de Cannes l'an dernier en y décrochant le Grand prix, a reçu six César, dont également ceux du meilleur espoir masculin pour Nahuel Pérez Biscayart et du meilleur second rôle masculin pour Antoine Reinartz.

Robin Campillo a tenu à attirer l'attention sur les migrants: «Il est temps de les entendre, car comme il y a 25 ans, silence = mort», a-t-il lancé.

L'écrivain Pierre Lemaitre, co-scénariste de l'autre grand favori de la soirée «Au Revoir là-haut», film adapté de son roman sacré du Goncourt en 2013, a lui aussi tenu à adresser «un salut fraternel» à ceux qui «se trouvent situés aux marges de la société, et parfois à la limite de l'exclusion», les «pauvres, les mal logés, les précaires (...) les réfugiés».

«Au Revoir là-haut», sur le destin de deux hommes pendant et après la Première Guerre mondiale, a reçu cinq trophées, dont celui de la meilleure réalisation pour Albert Dupontel, absent de la cérémonie.

Balibar primée

Le César du meilleur acteur est revenu à Swann Arlaud, 36 ans, pour son rôle d'éleveur confronté à une épidémie dans «Petit paysan», d'Hubert Charuel. Un film qui a reçu trois prix, dont également celui du meilleur premier film et celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau.

Le César de la meilleure actrice est revenu à Jeanne Balibar pour son interprétation troublante de la chanteuse Barbara dans le vrai-faux biopic de Mathieu Amalric sur l'inoubliable interprète de «L'Aigle noir».

En recevant son prix, l'actrice de 49 ans a évoqué «toutes ces choses dont nous parlons, graves, les graves emmerdements voire les graves délits», dans une allusion aux violences faites aux femmes.

Le César du meilleur espoir féminin est revenu à l'actrice et chanteuse Camélia Jordana dans «Le Brio» d'Yvan Attal.

Souvent taxés d'élitisme et d'entre soi, ces 43e César ont aussi innové avec pour la première fois un prix au film ayant fait le plus d'entrées en salles en 2017: la comédie «Raid dingue» de Dany Boon.

«Je ne vous remercie pas, vous... mais je vous aime quand même», a lancé le comique, acteur et réalisateur à l'adresse des professionnels, avant de saluer «le public français». «La comédie était le parent pauvre de la cérémonie», a-t-il estimé, dans les coulisses.

«Le Sens de la fête», autre comédie de Toledano et Nakache, a en revanche fait chou blanc malgré dix nominations.

La soirée a aussi été marquée par des hommages aux disparus de l'an dernier, Jeanne Moreau, Danielle Darrieux, Jean Rochefort et Johnny Hallyday, dont la fille Laura Smet a fait une brève apparition pour remettre un César.

Très émue, l'actrice espagnole Penélope Cruz a reçu des mains de Pedro Almodovar un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, tandis que le César du meilleur film étranger est revenu à «Faute d'amour» du Russe Andreï Zviaguintsev. Film qui sera aussi en lice pour un Oscar dimanche soir.

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