Changer d'édition

Année européenne de la Culture: Esch 2022 en eaux troubles
Culture 4 min. 14.12.2017

Année européenne de la Culture: Esch 2022 en eaux troubles

Les bourgmestres Dan Biancalana (Dudelange), Georges Mischo (Esch/Alzette) et Roberto Traversini et l'échevin eschois Pim Knaff après la réunion de l'asbl Esch 2022.

Année européenne de la Culture: Esch 2022 en eaux troubles

Les bourgmestres Dan Biancalana (Dudelange), Georges Mischo (Esch/Alzette) et Roberto Traversini et l'échevin eschois Pim Knaff après la réunion de l'asbl Esch 2022.
Gerry Huberty
Culture 4 min. 14.12.2017

Année européenne de la Culture: Esch 2022 en eaux troubles

Thierry HICK
Thierry HICK
Malaise après la prolongation de six mois seulement des contrats du duo Wagner-Strötgen. Le conseil d'administration de l'asbl Esch 2022 réagit.

Par Thierry Hick

Esch 2022, capitale européenne de la Culture: après l'espoir, la joie, place désormais aux doutes, aux rumeurs et aux critiques. Le conseil d'administration de l'asbl Esch 2022 réagit et décide de donner «une deuxième chance» à Andreas Wagner et à Janina Strötgen.

Une question parlementaire des députés LSAP, Taina Bofferding et Franz Fayot la veille, une manifestation de soutien à Andreas Wagner et Janina Strötgen, les deux coordinateurs d'Esch 2022, sous les balcons de l'hôtel de ville – organisée par Line Wies, leur ancienne assistante et désormais membre Déi Lénk du conseil communal d'Esch: la réunion du conseil d'administration de l'asbl. Esch 2022 hier à midi, s'annonçait tendue.

«Face aux fausses informations et aux rumeurs, nous avons décidé de prendre position et de mettre les choses au point», déclare Georges Mischo, à l'issue de la réunion.

Le nouveau bourgmestre d'Esch/Alzette, mais aussi nouveau président de l'asbl. Esch 2022, – il a pris la relève de Vera Spautz – flanqué de son échevin de la culture, Pim Knaff, de Roberto Traversini, bourgmestre de Differdange, et de Dan Biancalana, bourgmestre de Dudelange, poursuit: «Notre but n'est pas de licencier des personnes et nous n'avons pas de successeurs en tête».

Un rassemblement de soutien au duo Wagner-Strötgen a été organisé en marge de la réunion de l'asbl Esch 2022.
Un rassemblement de soutien au duo Wagner-Strötgen a été organisé en marge de la réunion de l'asbl Esch 2022.
Gerry Huberty

Le 10 novembre dernier, Esch et les communes du Bassin minier décrochent le label «capitale européenne de la Culture».

Les principaux artisans de ce succès sont Andreas Wagner (coordination générale) et Janina Strötgen (direction artistique) appelés à la rescousse en octobre 2016 après le cuisant échec du premier dossier de candidature remis au jury européen en juin.

«Une deuxième chance»

Hier, il a été décidé de prolonger l'engagement du duo de seulement six mois. «Une deuxième chance», note l'asbl. Esch 2022. Les contrats devaient venir à échéance à la fin de cette année – le «bid book» présenté au jury européen prévoyant que ces deux postes «feront l'objet d'annonces publiées à l'international immédiatement après l'attribution du titre.

Les postes seront immédiatement pourvus afin que le directeur général puisse mettre en place un plan d'action pour la période 2018-2014 en collaboration avec le directeur artistique».

«Arrivée à la tête de la commune, il était le devoir de la nouvelle équipe de se poser certaines questions au sujet de l'organisation de cette année culturelle», insiste Georges Mischo, qui fait état de «certaines irrégularités quant au financement».

Un point que contestent ouvertement Wagner et Strötgen dans un courrier adressé hier à l'asbl. Esch 2022. «Il faut pouvoir expliquer à nos habitants à quoi sert l'argent public investi dans Esch 2022», note Roberto Traversini.

Un manque de communication pointé du doigt

«Les communes ont signé une lettre d'intention et maintenant elles veulent être informées sur la suite». Et c'est précisément sur ce point que le bât blesse. Un manque de communication avec les communes impliquées est reproché aux coordinateurs. L'asbl. Esch 2022 s'attend à une rapide résolution de ce problème.

«On n'en est pas encore à la publication d'un appel d'offres pour ces deux postes, il nous faut un concept, une structure et un financement», précise Georges Mischo. «Il faut voir ce que l'on va nous proposer, quelles seront nos tâches.

Si aucune perspective de prolongation ne nous est donnée, il est clair que pour ma part je ne ferai pas les six mois», déclare de son côté Andreas Wagner, qui déplore «un arrière-goût politique» à la décision prise hier. «Il est temps qu'un peu de sérénité revienne», note Guy Arendt, secrétaire d'Etat à la Culture, exaspéré par tant de «rumeurs, fausses informations et mensonges».

Maintenant que le projet Esch 2022 rentre dans sa phase de réalisation et «que l'argent public est utilisé, nous voulons garder un œil sur l'organisation.» Les trois bourgmestres présents hier ont tous un même souhait: «Il faut pouvoir travailler dans le calme et retrouver la confiance de tous», note Dan Biancalana.


Sur le même sujet