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A Differdange, la sidérurgie prend des couleurs
Culture 3 min. 04.08.2020

A Differdange, la sidérurgie prend des couleurs

Chaque jour, Alain Welter passe jusqu'à dix heures à tagger la monumentale "toile" de ciment qui lui a été confiée.

A Differdange, la sidérurgie prend des couleurs

Chaque jour, Alain Welter passe jusqu'à dix heures à tagger la monumentale "toile" de ciment qui lui a été confiée.
Photo: Nathalie Flenghi
Culture 3 min. 04.08.2020

A Differdange, la sidérurgie prend des couleurs

Prenez cinq tours d'une usine sidérurgique, confiez-les à Alain Welter, attendez deux mois et vous verrez... Le grapheur a ainsi été invité à signer une création XXL au-dessus des installations d'ArcelorMittal.

(pj avec Mireille MEYER) Tout cet été, Alain Welter travaillera à Differdange, à l'ombre des tours de refroidissement du site d'ArcelorMittal. Pas question toutefois que le street-artist ne se transforme en sidérurgiste. Par contre, par la magie de son art, lui a bien l'intention de transformer les hautes cheminées grises en éléments multicolores dans l'horizon de la ville.

Depuis un mois, six jours par semaine, le voilà donc passant jusqu'à dix heures quotidiennement à monter et descendre les échafaudages encadrants ces «toiles» à ciel ouvert. Et l'oeuvre commence à prendre forme, et à se voir. «Ce projet est un défi pour moi à tous égards», reconnaît le grapheur originaire de Kahler. Hauteur, courbe : rien n'est fait pour lui faciliter la tâche. Mais qu'importe, bombes de peinture en main, Alain Welter se donne à fond. 

Pour avoir une vue d'ensemble, pas question de seulement se reculer de quelques pas. Pour avoir le meilleur point de vue sur son travail, le créateur est obligé de traverser la rocade, le soir. Appréciant alors la justesse du trait, la bonne prise en compte de la perspective, l'harmonie des teintes... «Pour moi, cependant, l'œuvre d'art ne se révèlera que lorsque l'échafaudage sera enlevé. Alors là, vraiment, je verrai ce que j'ai fait.»

Déjà, une des tours a été libérée de son carcan métallique. Dessus, on peut lire  «Minettsdapp». Car il est bien ici question de saluer le passé industriel du Sud du pays, et de Differdange. Résultat, sous les traits d'Alain Welter maisons en terrasse, rails,  trains et buggys, mineurs s'entrecroisent. Même les dictons locaux auront droit de figurer sur les tours. Ainsi, l'expression «Vun der Long op d'Zong», qui décrit bien le caractère des habitants de la région, apparaîtra-t-elle sur le flanc de l'ultime cheminée. Tout comme la souris, sorte d'alter ego de l'artiste, ainsi que la grenouille (qui symbolise sa ville natale Kahler) ont aussi été représentées.

Pour mener à bien son projet, Alain est aidé par cinq assistants.
Pour mener à bien son projet, Alain est aidé par cinq assistants.
Photo: Nathalie Flenghi

Avant que le grapheur n'intervienne, ils sont cinq à lui prêter main forte. C'est qu'il en faut des bras et de l'énergie pour d'abord recouvrir toutes les surfaces à peindre d'une couche de blanc. Une journée de travail par tour. Ensuite, chacun à son rôle autour du projet d'Alain Welter, déjà reconnu pour ses travaux alors qu'il n'a que 27 ans. Armés de bombes aérosols, les uns remplissent les grands aplats quand les autres se préoccupent de régler les échafaudages.


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Début septembre, tout devrait être achevé. D'ici là, photos et prises de vue depuis un drone sont visibles sur l'Instagram d'Alain Welter (@alain_welter). Mais déjà celles et ceux qui passent par la Cité du fer ne peuvent ignorer l'oeuvre en cours de réalisation. Effet whaou garanti!

Et ce n'est ni pour déplaire à l'administration communale (qui souhaite offrir plus de place à l'art dans l'espace urbain), ni à Réjane Nennig, chef du département culturel du Centre alt Stadhaus qui soutient l'initiative. «Ce projet s'avère déjà être un grand succès, nous recevons beaucoup de commentaires de la part des habitants. Bien sûr, le fait que le patrimoine industriel ne soit pas conservé dans son état d'origine est également discuté. Cependant, c'est précisément à travers l'art que nous voulons attirer l'attention sur le patrimoine industriel de la région. Ce sera là le meilleur moyen d'en assurer la préservation».

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