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Tullio Forgiarini au LGL: «En quelques maux …»

Le dernier café littéraire de l’année scolaire 2018 qui a également clôturé le cycle „Les Glorieux Lycéens“ était consacré à l’oeuvre Tullio Forgiarini. L’ancien élève du LGL, aujourd’hui professeur d’histoire au Lycée du Nord de Wiltz, est l’auteur de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre. Il est aussi scénariste et collaborateur à différents journaux, dont le «Feierkrop et «WOXX».

Empreints d’humour noir, ses textes nous plongent souvent dans une ambiance surréelle, parfois même écœurante. C’est dans cette ambiance que l’auteur aborde des sujets souvent tabous dans un Luxembourg de tradition catholique : la maltraitance sexuelle des jeunes, l’hypocrisie d’une certaine bourgeoisie grand-ducale, mais aussi la détresse sociale et l’exclusion. Son roman «Amok», écrit en luxembourgeois, lui a valu le Prix de littérature de l’Union européenne en 2013. Ce roman a été adapté pour le cinéma par le réalisateur Donato Rotunno sous le titre de «Baby(a)lone» en 2015.

Le Café littéraire a débuté par la lecture d’une production d’élève, qui avait inventé une suite à la première scène de la pièce de théâtre «Du ciel». Puis l’auteur s’est prêté volontiers à un jeu de questions-réponses proposé par Danielle Hoffelt et Pascal Daman, qui lui soumettaient des questions à tour de rôle concernant son œuvre, sa manière de travailler, ses goûts et son rôle d’écrivain engagé. Les réponses de Tullio Forgiarini étaient complétées par la lecture d’extraits de ses œuvres, telles que «La ballade de Lucienne Jourdain» (en français), « Lizard Queen » (en allemand) et un article autobiographique mettant en évidence les problèmes d’intégration d’un jeune italo-luxembourgeois dans les années 1970 (en luxembourgeois). Le public a ainsi pu avoir un aperçu de de la polyvalence de l’auteur, mais aussi de sa dextérité à manier les langues, à ciseler les mots pour en faire des phrases, comme un ferronnier travaille le fer pour en faire une œuvre d’art. L’italien «Forgiatore» ne veut-il pas dire «ouvrier qui travaille dans la ferronnerie», mais par extension et au sens large aussi «éducateur, formateur des âmes et du caractère»? Tout un programme!

Le café littéraire s’est poursuivi par des questions du public, pour se terminer par une séance de signatures par le sympathique auteur.

Pascal Daman