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David Caiado: «C'était normal de ressentir la peur»
Sport 7 Min. 12.11.2014 Aus unserem online-Archiv
Football / L'invité du jour avant Luxembourg - Ukraine

David Caiado: «C'était normal de ressentir la peur»

David Caiado (à droite) lors de son arrivée à Guimaraes
Football / L'invité du jour avant Luxembourg - Ukraine

David Caiado: «C'était normal de ressentir la peur»

David Caiado (à droite) lors de son arrivée à Guimaraes
Photo: Vitoria Guimaraes
Sport 7 Min. 12.11.2014 Aus unserem online-Archiv
Football / L'invité du jour avant Luxembourg - Ukraine

David Caiado: «C'était normal de ressentir la peur»

David Caiado, milieu de terrain portugais du Vitoria Guimaraes né au Luxembourg, a évolué la saison dernière au Tavriya Simferopol en Crimée. Il porte un regard éclairé sur la situation compliquée en Ukraine.

David Caiado, milieu de terrain portugais du Vitoria Guimaraes né au Luxembourg, a évolué la saison dernière au Tavriya Simferopol en Crimée. Il porte un regard éclairé sur la situation compliquée en Ukraine.

Formé au Sporting du Portugal avec Nani et Joao Moutinho, David Caiado a rejoint, cet été, la Primeira Liga et le Vitoria Guimaraes, actuellement deuxième derrière le Benfica. Fin janvier, l’ailier de 27 ans, né au Luxembourg et toujours en attente de naturalisation, s'engageait pourtant pour deux saisons et demie au Tavrya Simferopol, club de l'élite ukrainienne, et partait dans la foulée en stage en Turquie avant de s'installer dans la capitale de la Crimée seulement trois semaines avant la sécession de la péninsule qu'il quittera en mai dans la précipitation.

• Après votre expérience en Ukraine, vous avez signé pour trois saisons au Vitoria Guimaraes où vous n'avez été titularisé qu'une seule fois jusqu'à présent. Cette situation vous surprend-elle?

Après ma titularisation contre Porto, je me suis blessé et j'ai manqué quatre matches. Après ça, je n'ai pas réussi à reprendre ma place car l'équipe s'est mise à gagner. Mais j'espère bientôt recommencer à jouer. En tout cas, l'ambiance est bonne.

• N'éprouvez-vous vraiment aucun regret de vous être engagé pour un club qui vise le haut de tableau du championnat portugais?

Non. Je suis ici avec ma famille et je joue dans un très bon club. Je ne suis pas inquiet car le championnat est encore long. Je suis sûr que ça ne va pas continuer comme ça. Je suis tranquille, je veux m'imposer.

• On connaît votre envie de rejoindre les Roud Léiwen depuis longtemps. Où en est le dossier de votre naturalisation luxembourgeoise?

Honnêtement, je ne sais pas. Il y a six mois, j'ai parlé avec Luc Holtz qui m'a dit qu'il comptait sur moi. Je crois que la situation n'a pas évolué depuis cette époque parce que la nouvelle loi n'est pas encore appliquée. Mais je reste très optimiste: je suis resté au Luxembourg, où je suis né, pendant douze ans et j'ai un domicile là-bas.

• Cette situation ne commence-t-elle pas à vous agacer?

J'ai toujours l'ambition de défendre les couleurs du Luxembourg même si je n'y pense plus tous les jours, comme auparavant. Le dossier ne dépend plus de moi.

• Comment jugez-vous cette sélection luxembourgeoise?

C'est l'équipe la plus équilibrée depuis très longtemps. Ça fait quatre ans que l'actuel sélectionneur est en place et son travail commence à payer. Il y a toujours eu de la qualité au Luxembourg mais aujourd'hui, les jeunes n'hésitent pas à partir à l'étranger et ça donne plus de professionnels. Ces jeunes doivent être encadrés et aidés par d'autres professionnels qui ont plus d'expérience.

• Comme vous, par exemple?

Voilà! Au Vitoria, je me sens important car on a un groupe très jeune. Lors du dernier match, le plus âgé avait 25 ans.

• Avez-vous des contacts avec les internationaux luxembourgeois?

Non. En revanche, je connais bien l'entraîneur d'Aurélien Joachim au CSKA Sofia. Avant de le recruter, il m'avait contacté pour que je lui donne mon opinion sur ce joueur.

• Après deux années plutôt satisfaisantes au Beroe Stara Zagora en Bulgarie, qu'est-ce qui vous attire au Tavrya Simferopol en janvier?

Tout se passait bien en Bulgarie mais j'ai reçu une bonne offre du Tavrya, un club ukrainien qui n'a alors jamais connu la D2 et qui paie régulièrement.

Photo: privée

• A ce moment-là, n'y a-t-il aucun indice laissant présager la suite des événements?

Non, parce qu'à ce moment-là, tout se passait à Kiev. C'était difficile d'imaginer que les problèmes allaient arriver en Crimée. Je vivais seul là-bas mais ma famille voulait que je rentre au Portugal parce qu'elle suivait les informations. Elle me disait qu'il allait y avoir la guerre.

• Avez-vous été témoin de scène de guerre?

Pas de scène de guerre mais de la confusion dans la rue, oui. J'ai vu passer des soldats russes. Mais je crois que c'était bien plus tendu à Sébastopol.

• Vous êtes-vous quand même senti en danger?

C'était normal de ressentir la peur dans ce contexte. Quand nous sommes rentrés de notre stage en Turquie et que nous avons atterri à l'aéroport de Donetsk, nous avons fait demi-tour pour retourner disputer un match amical en Turquie. Les joueurs étrangers, surtout, ne se sentaient pas en sécurité.

• Quels discours vous tenaient alors les dirigeants du club?

Ils nous disaient qu'on allait jouer en Russie, en D1 ou en D2, la saison suivante. Me concernant, on a même discuté pour modifier mon contrat.

• Une fois la sécession de la Crimée autoproclamée en mars, le Tavria enchaîne les défaites.

On n'avait plus aucune motivation. On a perdu tous nos matches, je crois. On ne pouvait plus se déplacer en avion, ce qui faisait qu'on arrivait en bus trois ou quatre heures avant le début des matches.

• Etiez-vous encore payé?

Au total, j'ai été payé deux mois sur les cinq passés là-bas. Après l'avant-dernier match de championnat, le club m'a autorisé à rentrer au Portugal pour six jours. Je suis revenu en espérant toucher ce qu'on me devait mais le club était alors sur le point de disparaître*. Il restait encore un match mais je suis reparti au Portugal où j'avais déjà reçu deux, trois offres.

• Vous était-il impossible de rester en Ukraine?

Ce n'était pas impossible. J'intéressais le Metalurg Donetsk et le Chernomorets Odessa mais ces clubs ne pouvaient recruter personne à cause des incertitudes qui pesaient sur le prochain championnat.

• Vous avez disputé dix matches dans l'élite ukrainienne: quel est son niveau général?

C'est vraiment du haut niveau avec six, sept équipes très fortes, même financièrement. C'est un championnat au moins équivalent à celui du Portugal. En Ukraine, j'ai surtout été marqué par un jeu très agressif. Et contrairement au Portugal, où les petits clubs ont tendance à se refermer face aux grands, toutes les équipes produisent du jeu et pensent pouvoir battre le Chakhtior, le Dynamo ou le Dnipro.

• Hormis le capitaine Anatoliy Tymoshchuk (Zenit Saint-Pétersbourg) et Denys Oliynyk (Vitesse Arnhem), tous les joueurs de la sélection ukrainienne évoluent au pays. Quels sont les joueurs les plus dangereux que vont croiser les Luxembourgeois?

Je peux dire sans problème que les ailiers Andriy Yarmolenko, du Dynamo, et Yevhen Konoplyanka, du Dnipro, ont toutes les qualités pour jouer dans les plus grands clubs européens. Contre le Chakhtior, j'ai joué en attaque face à Jaroslav Rakytski: c'est un excellent défenseur central qui joue beaucoup et se porte très souvent en attaque. De manière générale, l'Ukraine a un beau milieu de terrain.

Propos recueillis par Guillaume Balout

* Premier champion de l'Ukraine indépendante en 1992, le Tavria Simferopol s'est auto-dissout cet été pour renaître sous le nom de «TSK Simferopol». Comme le successeur du FC Sébastopol, l'autre club criméen qui évoluait également dans l'élite ukrainienne, il prend actuellement part au groupe Sud de la troisième division russe.


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